ORGANISER LA RIPOSTE POPULAIRE
Liberté 62 n°772 - Le 30 août 2007 - 5 - Politique
ASSEMBLEE DEPARTEMENTALE DU PCF
ORGANISER LA RIPOSTE POPULAIRE
Les récentes lois du nouveau pouvoir de droite produiront leurs premiers effets négatifs sur la vie quotidienne des familles populaires d'ici quelques semaines.
MERCREDI dernier, à Sallaumines, les militants communistes ont démontré qu'ils étaient prêts pour la rentrée de septembre. De nombreux élus et responsables de section étaient présents malgré un temps plus que maussade. Au nom de la Fédération communiste du Pas-de-Calais, Dominique Watrin fait le point sur la situation politique et sociale en abordant en premier lieu le volet international de la politique française : "Après s'être hissé sur la plus haute marche de l'Etat, Nicolas Sarkozy fait aujourd'hui des pieds et des mains pour paraître sur la scène internationale et faire de la politique européenne et étrangère de la France son affaire personnelle. Heureusement, les Français ne semblent pas prêts à s'en laisser compter. Si l'on en croit certaines enquêtes d'opinion, ils manifestent déjà leur scepticisme et même leur hostilité face aux velléités de rapprochement de plus en plus affirmées du Président de la République non pas avec le peuple américain mais avec le plus haut dirigeant capitaliste du monde Georges Bush ! Les Françaises et les Français ont bien raison d'être vigilants sur cette question cruciale de la politique extérieure de la France. Car ils savent très bien que la politique d'indépendance nationale de la France est la meilleure garantie pour notre peuple de ne pas être entraîné, comme d'autre paysoccidentaux l'ont été, dans des aventures militaires dont la preuve a été faite aujourd'hui qu'elles visent beaucoup plus les intérêts impérialistes que la sécurité et la paix mondiales.
A Nicolas Sarkozy, nous disons donc, nous les communistes, qu'on ne peut se réclamer de Guy Môquet et faire allégeance à Georges Bush !" Dominique Watrin appelle aussitôt à la vigilance à l'égard du nouveau projet simplifié du Traité Européen censé remplacer le Projet de Constitution européenne, balayé par les peuples français et hollandais : "Simplifié, ce projet l'est avant tout par la manière dont veut user Nicolas Sarkozy pour le faire adopter : un simple vote parlementaire, le plus vite possible avec le moins de débat possible. Pourtant ce nouveau texte européen faisait comme le dit le président de la République la synthèse entre les tenants du non et du oui, que pourrait-il craindre d'un référendum ? C'est qu'en réalité et sur le fond, ce projet encore en débat au niveau des experts et des ministres des Affaires étrangères n'est en rien la réorientation profonde annoncée par Nicolas Sarkozy. Même la fameuse concurrence libre et non faussée que Sarkozy se vantait d'avoir effacé du texte reste inscrite noir sur blanc à l'article 3 du traité. Autant dire que rien n'est changé, sur le fond par rapport au Projet de Constitution européenne que les Français ont rejeté massivement le 29 mai 2005. C'est pourquoi, nous les communistes, nous disons au président de la République : "Non M.Sarkozy, la démocratie n'est pas négociable ! Oui la démocratie, M. le Président, c'est de soumettre le nouveau traité à la ratification du peuple français et de décider l'organisation d'un référendum”.
Le responsable fédéral dénonce ensuite le renforcement du système présidentiel : “Nicolas Sarkozy a en effet beau jeu de dire aujourd'hui qu'il ne fait que pousser la logique mise en place par le Parti socialiste. Avec l'adoption du quinquennat et surtout l'inversion du calendrier électoral, les élections législatives ne laissent plus place aux débats et aux choix politique de fond. Elles ne peuvent que corriger mais pas défaire le résultat de l'élection présidentielle. En voulant pousser encore plus cette dérive présidentielle, Nicolas Sarkozy veut en fait réduire la démocratie française à une simple compétition politique une fois tous les 5 ans pur savoir quel est le meilleur président pour gérer les effets de la mondialisation capitaliste. En somme, une bipolarisation renforcée à l'américaine qui boucherait encore plus la perspective d'une vraie alternative à gauche". Dominique Watrin estime que "Nicolas Sarkozy se trompe lourdement en pensant qu'il pourrait mettre au pas un peuple qui a refusé en 95 la remise en cause du système de protection sociale et des retraites, qui a par la lutte fait capoter le CPE, qui a rejeté le projet de traité européen tendant à constitutionnaliser le capitalisme".
Engager la contre-offensive
Le responsable fédéral fait alors état des premières mesures prises par la Droite : "En juillet, on aura vécu un festival d'été pour les privilégiés de la fortune : 14 milliards d'euros de cadeaux sous la forme de réduction d'impôts et de cotisations sociales. Pendant ce temps, les travailleurs n'auront perçu aucune augmentation de leurs salaires. Les 7 millions de personnes vivant en deçà du seuil de pauvreté n'ont pas touché un centime de plus, alors que les prix continuent à augmenter.Mais les quelques milliers de familles qui disposent d'un patrimoine compris entre 7 et 15 millions d'euros vont toucher un chèque de 540 000 euros. Chaque année, ils recevront l'équivalent de 10 ans de revenus imposables d'un cadre. Est-cela le “travailler plus pour gagner plus" ?
Injuste socialement, cette loi est aussi inefficace économiquement. On veut nous faire croire que les avantages fiscaux accordés aux plus riches serviraient toute la société et dynamiserait l'économie. En réalité, ces masses d'argent distribuées aux plus riches ne feront qu'alimenter les fonds spéculatifs et le gaspillage de centaines de milliards d'euros qu'ils provoquent actuellement dans le monde. On aurait aimé entendre le président de la République, à l'occasion du mini krach boursier, fustiger ce gaspillage invraisemblable d'argent public au nom d'une rigueur qu'il sait mettre en avant quand il s'agit de supprimer des postes de fonctionnaires ou de tailler dans les dépenses utiles et sociales".
Alors que les Français vont devoir payer ces cadeaux fiscaux, Dominique Watrin signale que la note sera d'autant plus salée que tous les indicateurs économiques sont en panne : "La consommation stagne. Les investissements industriels ralentissent. Le com- merce extérieur accuse 15 milliards d'euros de déficit. Ce n'est pas un hasard si la majorité parlementaire elle-même s'inquiète et n'hésite plus à exprimer tout haut ses réticence à voter une augmentation de la TVA qui reviendrait à faire payer un nouvel impôt sur la consommation des Français, y compris les plus défavorisés… Les Français n'ont pas à être culpabilisés. La TVA antisociale, comme les franchises Sarkozy, sont totalement inacceptables car tout simplement injustes. Nous appelons d'ailleurs les communistes dans chaque localité à se mobiliser contre ces projets en faisant signer des pétitions à la porte des entreprises, sur les marchés, en particulier lors de la journée nationale d'action le 29 septembre à l'initiative du collectif national contre les franchises".
Plus généralement, le responsable fédéral estime qu'il est temps que l'opposition hausse le ton face aux mesures antisociales prises par Sarkozy : "Cela est en effet trop faible de critiquer seulement le manque de transparence ou l'absence de sincérité du chef de l'Etat comme le fait François Hollande. Il faut en réalité appeler à une grande mobilisation populaire pour contrer les politiques réactionnaires de Sarkozy. Et il faut travailler sans tarder sur un projet alternatif qui porte l'exigence d'une autre utilisation de l'argent en privilégiant la croissance réelle et non la finance, l'emploi, les salaires, les qualifications, la formation. Le Parti Communiste a un rôle irremplaçable à jouer dans ce combat aussi… Mais ne nous y trompons pas, la tâche qui nous attend est immense. C'est pourquoi nous allons prendre dès la rentrée des initiatives départementales, voire régionales sur des questions déterminantes comme l'emploi (alors que la situation ne cesse de se dégrader,je pense aux menaces qui pèsent sur Arc International ou Nylstar), les questions de la santé (qui sont au centre des préoccupations de beaucoup d'habitants de notre région) ou la question de l'habitat minier.Sans attendre, je vous invite à créer les conditions d'une grande assemblée départementale de rentrée et d'une grande Fête de l'Humanité à passer à l'action dans chaque localité, à préparer dès maintenant les élections municipales. Ce n'est pas en effet au dernier moment qu'il faudra se soucier de constituer des listes partout où nous avions l'habitude de le faire. Je vous invite bien évidemment aussi à participer massivement aux luttes qui ne vont pas manquer de se développer dès la rentrée sur la question du droit de grève, ou la réduction drastique des moyens dans l'Éducation Nationale ou la Fonction Publique. Car, c'est par les luttes que seront mis en échec les projets de Sarkozy. Mais c'est aussi dans l'action avec les gens que nous trouverons les ressorts d'une réflexion de fond pour que le Congrès du Parti Communiste ne se borne pas à une vague autocritique de ses dirigeants ou à une bataille stérile entre tendances, mais débouche sur la nécessaire redéfinition de notre stratégie politique prenant en compte les positionnements de plus en plus droitiers des dirigeants socialistes et affirmant la nécessité d'un vrai Parti Communiste.”
Mobilisation pour l'élection cantonale partielle de Lens Nord/Ouest
Dominique Watrin laisse ensuite la parole à Jean-Michel Humez, candidat du PCF pour la cantonale partielle de Lens Nord/Ouest en date du 9 septembre prochain. Celui-ci considère que la mobilisation des militants de Lens, de Loos en Gohelle et d’autres, sera importante pour limiter un taux d’abstention qui risque d’être important comme cela est souvent le cas dans ce genre d’élections partielles.
Pour Jean-Michel Humez, la campagne électorale doit également servir à démontrer que la quasi hégémonie du Parti socialiste dans la région et dans le département n’a pas su résoudre un certain nombre de dossiers et notamment l’implantation d’un véritable Centre Hospitalier régional dans le Pas-de-Calais (comme celui de Lille) : «Au contraire la toute puissance du PS lui permet de prendre tout le monde de haut et on l’a vu encore dans la presse où Guy Delcourt, maire de Lens, critique les syndicats du Centre Hospitalier de Lens accusés d’être alarmistes parce qu’ils dénoncent la suppression d’un service du SMUR.» Pour terminer, le responsable de la section de Lens fait connaître les différents rendez-vous et les initiatives qui ponctueront les derniers jours de la campagne électorale.