PLAN DE LICENCIEMENT DÉGUISÉ SUR LE SITE ARRAGEOIS DE HAWKER ENERSYS

Publié le par Liberté 62

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Liberté 62 n°777 - Le 5 Octobre 2007- 4 -Social

 

PLAN DE LICENCIEMENT DÉGUISÉ SUR LE SITE ARRAGEOIS DE HAWKER ENERSYS

 

Par Jérôme Skalski

 

Mobilisant une procédure de «Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences» (GPEC), la direction de Hawker Enersys - leader mondial de la batterie industrielle au plomb - programme le départ «volontaire» de 90 salariés de son usine arrageoise.

 

PEU de temps avant de finaliser l’acquisition d’une usine en Bulgarie, la direction de Hawker Enersys annonçait, au cours d’un CE extraordinaire qui s’est déroulé en mai dernier, son intention de procéder à une « réorganisation » de l’entreprise et à des «négociations en matière de Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences» (GPEC). Précision apportée officiellement : «aucun licenciement n’est envisagé».

 

Une «réorganisation» de l’entreprise


Suite au déménagement, cet été, vers la Bulgarie, d’une unité de production de son usine arrageoise - unité 8 employant près de 100 personnes - et à la signature en juin par les syndicats CFDT, FO et CGC de Hawker Enersys d’un «accord sur la GPEC et de méthode sur l’adéquation des effectifs au contexte économique, et notamment sur la nécessité de la sauvegarde de l’entreprise», l’information tombe fin septembre : le «nombre de salariés dont la rupture d’un commun accord pour motif économique est envisagée» s’élévera à 90 personnes dont «les départs s’échelonneront en fonction des demandes des salariés» sur les 6 prochains mois. Nouvelle précision apportée par la direction de Hawker Enersys : ce procédé ne concernant «que des départs volontaires, le terme «licenciement » (…) ne peut être valablement utilisé pour le désigner».

 

Le terme «licenciement» ne peut être valablement utilisé


Cette démarche cache cependant mal son nom selon la CGT de Hawker Enersys Arras. «Ce dispositif de GPEC est une véritable arnaque, explique Serge Piedplat, délégué syndical CGT : «On prétend nous faire croire qu’il est «plus social» de procéder à une GPEC plutôt qu’à un plan de licenciement. En fait, on le voit aujourd’hui pour l’usine d’Arras, le départ d’une unité de production pour la Bulgarie s’accompagne effectivement de 90 licenciements ». «Pour la direction, précise Serge Piedplat, la GPEC c’est un moyen de masquer un plan de licenciement sans se trouver contrainte par les articles du code du travail qui l’encadrent». Dans la perspective de défendre l'outil de travail et l'emploi sur le site arrageois de Hawker Enersys, la CGT locale, malgré la répression anti-syndicale dont elle fait l'objet de la part de la direction de Hawker Enersys depuis plusieurs mois, envisage de continuer la campagne d'explication de la situation qu'elle a engagé vis-à-vis de salariés de Hawker Enersys depuis cet été et d'organiser prochainement une action.

 

QU'EST-CE QU'UNE GPEC ?


La GPEC (Gestion Prévisionnelle de l’Emploi et des Compétences), dispositif intégré à la Loi de Programmation pour la Cohésion Sociale du 18 janvier 2005 dite Loi Borloo vise officiellement à «réduire de façon anticipée les écarts entre les besoins et les ressources humaines de l’organisation en terme d’effectifs et de compétences en fonction de son plan stratégique ou au moins d’objectifs à moyen terme bien identifiés».Pratiquement, elle permet à l'employeur d'éviter le recours à une procédure de licenciement économique et aux différentes astreintes et obligations auxquelles cette procédure le contraint.

 

 

 

 

 

 

 

LIBÉRALISATION DE L'ÉLECTRICITÉ

UN RAPPORT ACCABLANT DU SÉNAT

 

Par Claude Vanzavelberg, secrétaire de section du PCF à Calais

 

Le 4 novembre 2006, une panne de courant a touché quinze millions de foyers en Europe dont quatre millions en France suite à une manipulation sur le réseau allemand.

 

À la demande du groupe communiste au Sénat, une mission d'information a vu le jour, composée de toutes les sensibilités, pour investiguer sur la sécurité d'approvisionnement énergétique de la France dans un réseau européen interconnecté. Ses conclusions, rendues publiques cet été, sont un vrai pavé dans la mare du gouvernement. Le constat le plus effrayant est que la plupart des pouvoirs publics considèrent que ce n'est plus aux politiques de décider. À partir du moment où on laisse le choix aux sociétés privées, elles investissent dans les centrales thermiques à gaz, au détriment des enjeux environnementaux et de l'indépendance énergétique de l'Europe.

La mission a conclu au besoin d'une forte maîtrise publique de l'énergie en France et en Europe, sinon la sécurité d'approvisionnement ne sera plus garantie. Cela va à l'encontre du discours libéral qui fait appel au privé pour développer le secteur. Il y a un fort besoin de recherche pour hâter la mise en service des réacteurs nucléaires de quatrième génération, pour produire de l'énergie propre avec du charbon. De tout cela, le privé est totalement absent. Son niveau est celui de l'investissement immédiatement rentable.

Le nucléaire, dont le retour sur investissement n'intervient qu'au bout de trente ans, intéresse peu les entreprises sauf pour revendre cette énergie au prix le plus haut. Car le niveau du prix de l'électricité sur le marché est fixé par le mode de production le plus coûteux, parfois quatre fois plus que celui d'origine nucléaire... Autrement ces modes ne pourraient plus fonctionner.

On fait miroiter aux consommateurs une baisse des prix avec la concurrence alors que sur la durée on constate toujours une augmentation des tarifs et la perte de la péréquation tarifaire (augmentation de 107 % entre 2002 et 2007 sur le marché de gros). Quand l'énergie est une matière première, on voit dans quelles difficultés la concurrence place certaines entreprises avec des risques de délocalisation. Les élus communistes n'ont eu de cesse de réclamer un bilan contradictoire de la libéralisation. Les auditions de la mission, les rencontres de centaines de personnes en Europe ont permis de toucher du doigt les effets de ces politiques. Même la droite a été forcée d'en conclure que l'électricité n'est pas un bien comme les autres à moins de se boucher les yeux et les oreilles.

Mais il reste de la place au débat sur la maîtrise publique, par exemple. Les communistes disent 100 % public. D'autres disent que 51 % suffisent. Il faut une politique commune de l'énergie en Europe basée sur une maîtrise publique et la solidarité dans les interconnexions frontalières de façon qu'elles servent à réalimenter un pays et non à commercer. Le rapport de la mission le dit clairement et va totalement contre les propositions de Bruxelles.

 

 

 

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