LES ÉLUS COMMUNISTES DU PAS-DE-CALAIS ORGANISENT LA RIPOSTE
Liberté 62 n°782 - Le 9 Novembre 2007 - 5 -Politique
MANIFESTATION LE 22 NOVEMBRE À PARIS
LES ÉLUS COMMUNISTES DU PAS-DE-CALAIS
ORGANISENT LA RIPOSTE AUX POLITIQUES
DE LA DROITE
Rencontre avec Dominique Watrin,secrétaire de l’ADECR
Par Pierre Pirierros
Ancrés dans les réalités du terrain, les élus communistes du Pas-de-Calais ont tenu leur assemblée générale à Harnes puis ont participé aux rencontres nationales de l’ANECR, en octobre dernier. Pour en faire le point, dans un contexte de calendrier électoral (municipales et cantonales, en mars 2008), nous avons rencontré Dominique Watrin, secrétaire de l’ADECR, conseiller général du canton de Rouvroy. L’enseignement que l’élu tire des débats récents recouvre les inquiétudes persistantes quant aux dotations d’État, dont la mission ne représente qu’une infime fraction. La fin du contrat de croissance et de solidarité mis en place en 1999, qui indexait la progression des dotations sur l’inflation et sur une fraction du taux de croissance du produit intérieur brut. “C’est une remise en cause inacceptable pour les élus PCF, observe Dominique Watrin ; quant aux départements, ce n’est guère mieux, la loi de 2004 de décentralisation, que nous avons refusée et combattue, sous les formes conçues par la droite, est maintenant en oeuvre et la politique d’accompagnement par le PS est dangereuse pour la démocratie. Il faut tout faire, pour mettre en avant le service public et coller, au plus près, aux préoccupations des populations. Les rencontres des élus communistes débouchent sur des actions concrètes et c’est ainsi que nous avons adopté la “Charte pour un nouveau contrat social” et un document d’orientation en direction des candidats aux futures élections cantonales”. Cela implique le développement des droits individuels et collectifs.
Les élus communistes du Pas-de-Calais ont activement préparé
la récente marche pour l’emploi ; le 22 novembre prochain, nouvelle
initiative à Paris lors du congrès des maires de France.
LES transferts de compétences de l’État (non accompagnés de financements à la hauteur ces dernières années) pèsent lourdement sur les dépenses des collectivités en forte augmentation, (part non financée du RMI transférée aux départements). Le gouvernement veut faire financer son cadeau fiscal de 15 milliards aux plus riches par un contrat d’austérité pour les collectivités. Un contrat imposé aux collectivités.
Les choix de l’État supportés par les collectivités
Et Dominique Watrin de poursuivre sur les transferts de charges, “soyons clairs : il est souhaitable que toute personne au RMI ne voit pas ses revenus baisser au moment où elle reprend un emploi. L’objectif est de faire supporter aux collectivités les choix désastreux de l’État. Il est vrai aussi que les Intercommunalités sont dans l’impasse et les contribuables sont toujours sollicités pour compenser les carences de l’État. Les collectivités doivent investir pour leurs habitants mais elles devront recourir à la fiscalité. C’est inacceptable ! Car, les ménages seront de nouveau pénalisés puisque la Taxe professionnelle touchant les entreprises a été plafonnée par le gouvernement à 3,5 % de la valeur ajoutée, et que le MEDEF veut encore la réduire à 3 %. Voilà, où nous en sommes. L’exclusion d’une partie croissante de la population met directement en question les principes démocratiques fondamentaux d’égalité et de fraternité. Le président du Conseil général du Pas-de-Calais a bien rencontré le ministre concerné, en l’occurrence
M. Borloo, mais aucun résultat n’est visible. Le fait d’exclure de la délégation les élus communistes en dit long sur la conception même de sa présidence. Quant à nous, nous martelons le terrain en voulant réformer la Taxe professionnelle en élargissant l’assiette aux actifs financiers des entreprises. À une certaine époque, il y avait la taxe foncière ; ensuite est venue la taxe professionnelle, aujourd’hui, il faudrait une taxe financière mais rien n’existe. Les finances des départements, la décentralisation, l’action sociale, les collèges en seraient les premiers bénéficiaires mais Sarkozy, lui, met en pratique la délégation au privé de pans entiers du service public local. Les retards, les handicaps, sont légion, dans le Pas-de-Calais”.
Concernant le RSA (Revenu de solidarité active), tel qu’il est prévu par ce gouvernement, il est très loin des ambitions initiales fixées par la commission Hirsch. Avec le texte voté par le Parlement, il ne s’agit en réalité que de la mise en place d’une expérimentation à toute petite échelle qui instituerait de fait deux catégories de Rmistes dans les départements "volontaires". Le groupe communiste du Conseil général s'est abstenu sur ce dossier lors de la session de septembre dernier. Le Revenu de solidarité active va fonctionner comme une nouvelle subventionaccordée aux entreprises qui ont recours massivement aux petits boulots et aux bas salaires. Les collectivités paient pour les riches, c’est une évidence. Il faut combattre cette politique et organiser la résistance à la politique de la droite. Les collectivités locales sont un outil de la démocratie pour le progrès des habitants et pas le contraire, c’est ce que nous proposons avec un nouveau contrat local.
Créer de grands services publics
Au nom de la participation des collectivités à l’effort de désendettement public, la progression de l’enveloppe des dotations devrait désormais se limiter à la seule inflation dès 2008, soit 1,6 %. Ce n’est pas possible. Ce qu’exigent les élus communistes du gouvernement, c’est assurer l’exercice effectif des droits fondamentaux en modernisant, développant et créant de grands services publics visant l’éducation, le travail, la formation, la santé, le logement, l’énergie, la culture, l’information, le sport, les loisirs. Combattre la politique libérale actuelle : à partir des pratiques de terrain en associant la population. Notre choix de société se fonde sur l’engagement et la participation des citoyens. La responsabilisation des entreprises repose sur des choix stratégiques des territoires, les délocalisations, les fermetures d’entreprises, dans le Pas-de-Calais, mais aussi ailleurs, continuent à faire d’énormes dégâts sociaux. Aussi, l’action des élus communistes, au sein de l’ADECR, s’inscrit dans une démarche de confrontation des idées, des expériences, des réflexions et des pratiqueset en souligne l’acuité face au capital financier. Les collectivités locales sont un outil de la démocratie pour le progrès, parce qu’elles constituent un lieu de vie où se côtoient et travaillent des hommes et des femmes dans toute leur diversité, de toutes situations sociales - dont certaines sont fortement dégradées – parce qu’elles sont synonymes de proximité, de lien social, de solidarité, de convivialité, de voisinage et qu’elles représentent un puissant élément d’identification qui contribue à l’harmonisation des rapports sociaux, les élus communistes ont une grande ambition pour les collectivités locales.
La riposte s’organise et un rendezvous de lutte est proposé le jeudi 22 novembre prochain lors du prochain Congrès de l’Association des maires de France, à Paris. Le gouvernement actuel veut céder les biens de la Nation aux appétits financiers et tout marchandiser. Dominique Watrin, tire, en résumé, le bilan des rencontres locales et nationales des élus communistes : “nous allons tout faire pour mettre sur pied une base commune de propositions et d’orientations permettant à tous les candidats d’élaborer dans chaque canton un projet pour le Département. En ce qui concerne les élections municipales, le document de travail, la “Charte pour un nouveau contrat local” précise le cadre de l’action, pour une République - véritablement - citoyenne qui restitue aux citoyens des droits et des pouvoirs".