PRISE EN COMPTE IMMÉDIATE DES REVENDICATIONS FONDAMENTALES SUR L’EMPLOI ET LES CONDITIONS DE TRAVAIL

Publié le par Liberté 62

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Liberté 62 n°784- Le 23 Novembre 2007 - 7 -Social

 

À SAINT-OMER :

RENCONTRE-DÉBAT DES ACTEURS DU MOUVEMENT SOCIAL

ET D’ÉLUS COMMUNISTES DU CONSEIL RÉGIONAL

 

PRISE EN COMPTE IMMÉDIATE

DES REVENDICATIONS FONDAMENTALES

SUR L’EMPLOI ET LES CONDITIONS DE TRAVAIL

 

Par Pierre Pirierros

 

Comment s’imprégner du terrain pour poursuivre le dialogue avec le monde ouvrier ?” Cette réflexion, aux antipodes du “ronron” institutionnel, a pour mérite d’aller à la rencontre de celles et ceux qui vivent les difficultés sociales au quotidien, dans leurs entreprises, leur bassin d’emploi, leurs communes. Alain Bruneel, président de la commission de développement économique du Conseil régional, Jean-Claude Danglot, sénateur, conseiller régional, ont, durant deux bonnes heures, eu un contact étroit avec des verriers, des papetiers, des étudiants, des enseignants, des jeunes de la JOC. René Vandenkoornuyse, secrétaire de la section communiste locale, intervient sur les relations entre l’Éducation nationale et la formation initiale.


LE Schéma régional de développement économique, adopté en novembre 2005, a pour but de fédérer toutes les énergies citoyennes. Qu’en est-il vraiment ? C’est en amont, avec les acteurs du mouvement social, que doit s’engager la discussion et cette pratique concerne les quatorze bassins d’emploi du Nord/Pas-de-Calais. L’Audomarois ouvrait, le 15 novembre dernier, toute une série de réunions. Il est vrai que les stratégies purement financières brisent les solidarités humaines, le pouvoir économique libéral a renoncé à agir pour réglementer le champ économique en laissant libre cours à la toute puissance des marchés. Ces débats sont une nécessité face à des défis stratégiques, dont les contrats de projets 2007-2013. Perspectives d’avenir et contenu politique, les élus communistes de la Région organisaient, donc, une rencontre- débat, à Saint-Omer, avec les syndicalistes de Saint-Omer. Sur l’idée d’avoir le retour nécessaire des préoccupations des salariés, le dialogue démarre au quart de tour puis très vite le social débouche sur le politique. Quoi de plus normal, dans une période où le rapport de forces est une question d’actualité et où l’attitude de la droite du “travailler plus pour gagner plus” est démagogique et anachronique. C’est tout l’avenir qui est posé et l’enjeu de l’emploi ne peut laisser personne indifférent. La situation sociale est le reflet générale de la société, les fermetures d’entreprises concernent tous les secteurs d’activités et toutes les zones géographiques. La contre-offensive des salariés s'appuie sur des revendications fondamentales qui recouvrent l'ensemble des préoccupations d'aujourd'hui, emploi, pouvoir d'achat, droits sociaux, retraites, salaires, conditions de travail, code du travail, sécurité sociale, garantie des services publics. Marquer un coup d’arrêt à l’entreprise de liquidation des emplois est une ambition tout à fait légitime défendue par les syndicalistes d’un secteur qui compte des entreprises du Papier et, surtout, Arc International dont les postes de travail sont mis à mal par une stratégie délibérée de renoncement, encadrée par un accord de méthode, synonyme de dégraissage et de recul social.

 

Alternative

 

Par ailleurs, le gouvernement actuel veut céder les biens de la Nation aux appétits financiers et tout marchandiser et la Région Nord/Pas-de-Calais (et l’exécutif PS/Verts) ne s’opposent pas frontalement au capital. Et Alain Bruneel de souligner combien “une alternative progressiste est possible avec les forces des territoires et tous les acteurs concernés par le développement de l’emploi et sa pérennité.” Devant l’obstination de la droite et du Medef, il s’agit de créer un rapport de forces décisif. L’avenir de notre société en dépend. Jean-Claude Danglot insista sur “la question fondamentale de la prise en compte des revendications économiques, sociales, humaines et non pas un alignement sur des politiques qui tournent le dos au chômage, à la précarité et à l’exclusion”. Le contrôle des fonds publics versés aux entreprises est une exigence qui, en période de casse de l’emploi, gagne du terrain et pas seulement chez les syndicalistes et les salariés concernés. Aussi, la plus grande des transparences est une garantie pour avoir toutes les cartes en mains et toutes les données économiques afin d’obtenir une information des plus fiables. L’existence d’une commission extra-régionale sur le contrôle des fonds publics est à apprécier à sa juste valeur mais des embûches existent et gênent une évidente transparence... En ce qui concerne Saverglass à Arques et le chantage des fonds publics pour son installation et le rachat du four V d’Arc International, les élus communistes précisent d’emblée qu’ils ont voté contre la subvention (1 million d’euros) versée par le conseil régional. Saverglass va s’installer avec le soutien de fonds publics.

 

Arc International casse l’emploi

 

La rencontre-débat avec des syndicalistes d’Arc International, d’Arjo- Wiggins, de Cascades SA, de l’UL CGT de Saint-Omer, fut des plus riches avec des interrogations précises sur l’avenir et les potentialités existantes. “Les licenciements sont une partie de l’iceberg, dira Evelyne Largillière, secrétaire de la CGT d’Arc International, mais c’est aussi toute la lutte contre la casse de l’emploi qui est à mettre en évidence. Arc International va mal, c’est tout un secteur géographique qui en paie les conséquences, de Calais à Dunkerque, d’Armentières, de Lille et bien sûr de Saint-Omer. Tous les secteurs nous préoccupent et l’unité de “Blaringhem” (le cristal) ne sera pas épargné, mais pas tout de suite... C’est une crise profonde, crise apparue de jour en jour avec l’arrivée sur place de Saverglass, dans l’unité historique d’Arques. Le four V est de toutes les convoitises. N’oublions pas que nous sommes en sureffectif d’ici 2008 ; l’on apprenait, au mois de juillet dernier, l’arrêt total du four V mis en service (un fleuron technologique) en 1999 et l’arrivée in situ du flaconnier Saverglass. Cette unité va fabriquer - à l’arrivée juin 2008 - 90 000 tonnes de verre avec un effectif de 270 personnes. Mais pourquoi Arc ferme son four ? C’est une question de fond. Les mutualisations, les externalisations, les filialisations (imprimerie, robotique) sont le lot commun de toute une politique enclenchée par la direction avec les restructurations profondes de l’automne 2004.” Couper les branches de l’arbre équivaut à ne s’occuper que du verre et mettre un terme à la structure même. Tout est fait pour les usines à l’étranger, comme aux Émirats arabes unis. Ainsi, en reprenant un peu l’historique de ces dernières années, on notait un effectif de 12 000 personnes, voire un peu plus dans les années 2001, 2002. Le calage du plan de sauvegarde s’articule autour de l’accord de méthode signé le 21 décembre 2004 avec les effectifs de juillet 2004, (11700), qui faisait suite à l’annonce des 2659 suppressions d’emploi qui se sont traduits et devenus quelques semaines plus tard lors de la signature de l’accord de méthode, refusé par la CGT et FO, par 4000 suppressions d’emplois, d’ici 2008. Alors, lorsqu’on soustrait, les 4000 emplois des 11700, l’on obtient 7700, c’est la configuration à retenir. Actuellement, nous sommes au milieu de l’application du plan, (prévu sur quatre ans) avec les départs qui vont avoir lieu cette année et en 2008. Jacky Desquirez, secrétaire de l’Union locale CGT, délégué d’Arjo Wiggins, est catégorique “rien n’est fait pour pérenniser le site, dit la CGT, les conditions de travail se dégradent. La plus grande des vigilances s’impose à tous les niveaux. Cette vigilance fait partie de l’action syndicale pour l’amélioration des salaires, des conditions de travail et surtout la mobilisation contre toute restructuration nuisible à l’emploi. Spécialisée dans le papier de qualité et le papier haut de gamme, l’entité Arjo Wiggins de Wizernes fait partie de la branche dite “papier couché”, avec une longue histoire dans cette vallée de l’Aa. Il y a peu, 52 embauches étaient programmées et devaient s’ajouter aux 470 personnes, avec les départs en retraite et autres départs déguisés, l’effectif est, aujourd’hui, de 368. On est loin du compte promis par la direction.” Evelyne Largillière, Jacky Desquirez, Franck Saillot, les syndicalistes, comme les enseignants ou les représentants de la JOC font le lien avec la situation politique. “Licencier à bon compte, comme aux Brasseries de Saint-Omer. Il n’est plus possible de constater les dégâts et d’en subir les conséquences”. Les élus communistes régionaux ont pris l’engagement de réunir toutes les interventions et d’en faire le bilan global à l’issue des débats des quatorze bassins d’emplois. “Rien ne vaut le contact direct. L’échange et le dialogue sont irremplaçables !”

 

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