IMPOSANTE MANIFESTATION À LILLE

Publié le par Liberté 62

 

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Liberté 62 n°784- Le 23 Novembre 2007 – 4 et 5 - Social

 

JOURNÉE DE MOBILISATION DES FONCTIONNAIRES

IMPOSANTE MANIFESTATION À LILLE

Par Jérôme Skalski

 

Ils étaient entre 12 000 et 15 000 personnes à manifester ce mardi 20 novembre dans les rues de Lille.

 

PARTIS vers 15 heures de la Porte de Paris, les manifestants ont défilé dans les rues de Lille et se sont rassemblés sur la place de la République vers 17 heures.

La CGT et la FSU étaient particulièrement bien représentées

 

Banderole unitaire en tête, les principaux syndicats organisateurs (CFDT, CGT, FO, SUD, FSU et UNSA) s’étaient répartis dans le cortège pour faire valoir leurs revendications en faveur des salaires et du pouvoir d’achat des agents de la fonction publique. La CGT et la FSU étaient particulièrement bien représentées. Outre les personnels de l’Éducation nationale, les agents de la fonction publique territoriale, les agents des impôts ou de l’ANPE, les cheminots et les agents d’EDF étaient venus en nombre.

Haute température du mouvement social

 

Les salariés de Météo France, venus pour «prendre la température du mouvement social» étaient aussi présents. Les métallurgistes de la CGT du Nord et du Pas-de-Calais avaient eux aussi fait le déplacement pour manifester leur solidarité envers les fonctionnaires en mouvement et réclamer le départ anticipé en retraite des salariés exerçant un métier pénible. En fin de cortège, des syndicalistes de la police nationale formaient plusieurs lignes menottées.

 

« Résistance ! »

 

Mobilisés contre la loi LRU, des étudiants de Lille I, Lille II et Lille III ainsi que des lycéens de l’agglomération lilloise (Montebello, Fénelon, Faidherbe, Pasteur et Queneau) étaient particulièrement nombreux dans le cortège pour dénoncer la «privatisation des facs» et appeler à la «résistance». Du côté des organisations politiques, on a pu noter la mobilisation du PCF du Nord et du Pas-de- Calais. Au terme de la manifestation s’est déroulée une AG unitaire.

 

UNE JOURNÉE DE GRÈVE TRÈS

SUIVIE

 

LA grève pour les salaires et les effectifs à l'appel de huit organisations (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, UNSA, FSU, Solidaires) a mobilisé 45% des agents selon la CGT. Le taux de participation a atteint 50% au ministère du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, 40 % au ministère de l'Education nationale, 20 % au ministère de l'Economie, des Finances et de l'Emploi, 18 % au ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement Durables, 15 % au ministère de la Justice, selon les chiffres du gouvernement. Une moyenne de 40 % des enseignants du primaire et du secondaire en grève (ministère), 65 % en moyenne dans le primaire selon le SNUipp-FSU, 58 % en moyenne en collèges-lycées selon le Snes-FSU, à l'appel des cinq fédérations de l'Education (FAEN, FERC-CGT, FSU, SGENCFDT, UNSA-Education). Dans la Fonction publique hospitalière, le taux de mobilisation a atteint 26% selon la CGT, après l'appel à la grève de syndicats de médecins et d'autres salariés dont la CGT et FO. Fonction publique territoriale : de 12 à 15 % de grévistes selon le ministère de la Fonction publique. Environ 40.000 étudiants et lycéens ont manifesté dans toute la France selon l’Unef. À la banque de France, ils étaient 16 % de grévistes selon la direction, à l'appel de la CGT, FO et Solidaires contre "l'insuffisance des effectifs". À La Poste : 18,06 % de grévistes selon la direction et un tiers selon Sud PTT pour la grève appelée par six fédérations des télécoms (CFDT, CFTC, CGC, CGT, FO et Sud) "pour le pouvoir d'achat, l'emploi, la défense du service public". France Telecom: 23,5% selon la direction à l'appel des mêmes syndicats. Environ 75% des centres de Météo France étaient en grève à l'appel de Spasmet/Solidaires, SNM/CGT, SNITM/FO, CFDT/Météo, SPAC/CFDT, dans le cadre du mouvement des fonctionnaires, selon Spasmet. Ils étaient, selon les directions, 20 % de grévistes à GDF et 18,8 % à EDF contre la réforme des régimes spéciaux de retraite et en soutien aux fonctionnaires, à l'appel de la CGT, FO, Sud et de l'Unsa. Appels à la grève également suivis sur les antennes de France 3 et de Radio France. Les quotidiens nationaux étaient absents des kiosques mardi, en raison d'un mot d'ordre de grève lundi d'une branche du syndicat du Livre CGT, qui dénonce le projet de réorganisation aux NMPP et exige l'ouverture de négociations salariales.

 

CHEMINOTS,ENSEIGNANTS,FONCTIO

NNAIRES, ÉLECTRICIENS DÉFILENT À

ARRAS

 

PLUS DE 1500


PERSONNES À


L’UNISSON


CONTRE


LA RÉGRESSION


SOCIALE

 

Par Pierre Pirierros

 

Place de la Gare, à Arras, mardi 20 novembre, 10 H, le rendez-vous est dans toutes les têtes depuis quelques jours. Les premiers sur place sont les militants communistes arrageois, suivis des hospitaliers de Lens, des agents et techniciens de France Télécom, des postiers, des étudiants de l’université d’Artois. Les cheminots grévistes d’Arras, Lens, Béthune rejoignent la mobilisation des personnels de la fonction publique. Les drapeaux de la CGT, (en très grande majorité), de la FSU, de Sud Solidaires, se distinguent dans la foule. “Tous ensemble !” “Retraite, retraite... misère... misère répond Sarko !” Deux exemples de slogans repris à tue-tête. Personnels hospitaliers, cheminots, électriciens, gaziers, salariés du privé à l’unisson co

LA manifestation intersyndicale s’annonçait très prometteuse et le pari d’une forte riposte à la politique du gouvernement et du Medef fut gagné haut la main. Les communaux se regroupaient à la préfecture, les deux cortèges n’en faisaient plus qu’un ; le chiffre exact est difficile à évaluer, plus de 1500 pour la CGT, 2000 pour les plus optimistes. Mais, par une matinée pluvieuse, la participation de plusieurs professions, d’étudiants et de jeunes est le gage d’un succès, annonçant une riposte nationale contre la politique de régression sociale, distillée, jour après jour, par Sarkozy et ses ministres.

Le gouvernement promet "travailler plus pour gagner plus", mais en réalité c’est travailler plus, plus durement, pour gagner moins. Les salaires sont tassés vers le bas. 30 % des salariés ont vu baisser leur salaire l'an dernier. Tous les niveaux d'embauche sont rabaissés, les possibilités de promotion sont réduites comme peau de chagrin. Les salariés ont la volonté de s’organiser ; de nombreux arrêts de travail sont à signaler, dans la fonction publique, que ce soit, chez les communaux d’Avion, de Billy-Montigny, de Liévin, d’Houdain, chez les enseignants des principaux lycées et collèges du Pas-de-Calais, chez les électriciens et gaziers des secteurs d’Arras et de Béthune...

Les hospitaliers, eux, sont dans l’action mais seules des délégations d’entre eux sont présentes dans la manifestation, réquisitions obligent.

 

L’Hôpital public en danger

 

Isabelle Cnudde, secrétaire CGT du Centre hospitalier de Lens, est catégorique, “l’hôpital public est en danger ! Tous ensemble, nous devons nous mobiliser pour sauver l’hôpital public en refusant les plans d’économies injustes. Exigeons des moyens pour améliorer la situation sanitaire des habitants du Nord/Pas-de-Calais. Au Centre hospitalier de Lens, un “plan d’économie” perdure c’està- dire des suppressions de postes, par centaines, la remise en cause des 35 heures, des gels de postes par dizaines. Le chantage à l’emploi de la direction de l’établissement est l’expression d’un mépris total envers les personnels, leurs statuts et la fonction publique hospitalière. À ce mépris envers les personnels, la direction avance le blocage des salaires, le blocage des déroulements de carrière et l’hypocrisie sur le dialogue social, le non remplacement des départs en retraite...” Patrick Vanderpotte, secrétaire de la Santé CGT ne dit pas autre chose. Cette mobilisation massive confirme les fortes attentes des personnels que ce soit en matière de salaires, d’emploi public, de missions et de conditions de travail.

Ce mouvement porte l’exigence d’un service public de qualité pour satisfaire les besoins de la population. Le débat avec les personnels et les patients se tient évidemment à la lumière d’un contexte difficile à écarter pour apprécier des avancées éventuelles pour les salariés et pour le devenir du service public hospitalier : qualité du dialogue social en baisse, dégradation historique de la situation budgétaire des établissements, vécu et conditions de travail difficiles, salaires et reconnaissance professionnelle en berne, déficit d’emplois, précarisation en augmentation, pénurie de personnels qualifiés. Donc, une crise professionnelle, budgétaire confirmée.

 

L’intersyndicale arrageoise”, la banderole de tête

 

La banderole de l’intersyndicale arrageoise se met en place, la manif démarre, elle va emprunter les rues principales de la ville jusqu’aux abords de la préfecture puis reprendre le chemin inverse jusqu’à la place de la Gare. Henri Tobo, syndicaliste, portevoix en bandoulière, réclame “l’énergie pour l’Homme pas pour les actions !”.

EDF n’est plus, il est vrai, un Etablissement public à caractère industriel et commercial, c’est une société anonyme. Depuis juillet 2007, c’est un marché immense entré tout droit dans la déréglementation, contre les intérêts de la population. Les prix du gaz s’envolent !

 

Les cheminots grévistes en masse

 

Les cheminots, eux, en nombre significatif, défilent en rangs serrés, fumigènes à la main. Alain, contrôleur, ASCT (agent spécialisé du contrôle technique), depuis 30 ans, est excédé lorsqu’on le présente comme un privilégié ! “Le processus de négociations, ditil, que nous avons ensemble imposé au gouvernement et à la direction de la SNCF est lourd de sens pour notre avenir et notre statut. Nous serons attentifs aux premiers éléments de réponse qui nous seront apportés et réitérons notre engagement pour maintenir et améliorer le régime spécial de retraite des cheminots et leurs droits. La direction de la SNCF qui refusait depuis des mois de discuter sur le fret SNCF, est contrainte d’annoncer l’ouverture d’une discussion plus approfondie avec les organisations syndicales et les cheminots sur cette question”.

Didier Zéni, secrétaire de la CGT de Lens, souligne, avec force : “la mobilisation à tous les niveaux de la profession est réelle, elle concerne tous les cheminots, toutes catégories confondues.” Aussitôt après la manifestation, ce dernier repartait pour l’AG en gare de Lens où le mouvement était reconduit pour 24 heures. Les attaques contre les régimes spéciaux de retraite précèdent de nouvelles attaques contre le régime général avec une énième réforme des retraites prévue en 2008 !

 

Le soutien des communistes


Jean-Claude Danglot, Cathy Poly, Dominique Watrin, Hervé Poly, Bruno Troni, apportaient aux manifestants tout leur soutien pour cette journée d’action. Les maires PCF, de leur côté, soutenaient également les Territoriaux lors des différentes mobilisations locales. Au-delà des cheminots et des électriciens, tous les salariés sont montrés du doigt par le président de la République comme étant ceux qui freinent la croissance et ne comprennent pas son “message” des réformes. Mais pas un mot sur le pouvoir d’achat. Jacques Leroux, Jean-Louis Boulet, de l’Indecosa-CGT de Bruay-la-Buissière, défilent, à l’unisson contre la régression sociale. Le jeudi 29 novembre à 17H30, ils organisent une assemblée- rencontre sur le logement, salle du Temple, à Bruay. Hawker, F.M, les métallos étaient également dans la lutte et rejoignaient le défilé. “Ensemble dans l’unité pour dire non aux régressions sociales”, la manifestation arrageoise était un beau succès.

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