REAFFIRMER L'IDENTITE COMMUNISTE AVEC LE PCF

Liberté 62 n°787 - Le 14 Décembre 2007 -p 11 – Politique
ASSEMBLÉE EXTRAORDINAIRE DES DÉLÉGUÉS DE SECTIONS, LES 8 ET 9 DÉCEMBRE À PARIS
Réaffirmer l’identité communiste avec le PCF
Très majoritairement, les sections se sont prononcées contre la dilution ou la dissolution du Parti.
PENDANT deux jours durant s'est tenue l'assemblée des secrétaires de sections à la Défense. Une délégation du Pas-de-Calais était présente aux divers débats de cette réunion. Pour l'occasion, nous avons rencontré Cathy Poly Apourceau, secrétaire fédérale et membre du CN pour connaître son sentiment.
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Liberté 62 : Tu as participé à l'assemblée des 8 et 9 décembre à Paris. Quels enseignements tires tu de ces deux journées ?
- Cathy Poly : J'ai d'abord noté et c'est rassurant, que de nombreuses interventions des délégués de section ont réaffirmé ce week-end que la base du Parti ne souhaitait pas la liquidation du PCF. Les discussions ont exprimé très largement l'attachement politique des communistes au PCF. A tel point que dans le projet de mandat final, la direction a été obligée d'ajouter les discussions qui expriment très largement l'attachement politique des communistes au PCF, la nécessité de faire vivre et de développer nos idées dans les années à venir. Ils souhaitent que des efforts importants soient consacrés, notamment par la direction nationale, à impulser l'activité et le renforcement du PCF. Bien évidemment je regrettepour ma part que dans le mandat voté par l'assemblée on peut lire quelques paragraphes en dessous, le contraire de ce que veulent les communistes : "Il ne s'agit d'exclure aucune hypothèse concernant le parti ou sa stratégie"en d'autres termes on laisse ouvert le processus de liquidation.
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L. 62 : N'est-ce pas le sens de ton intervention au CN du mardi 4 décembre ?
- C. P. : Oui tout à fait je pense et c'est ce que j'ai réaffirmé au CN au nom de la fédération que le parti a besoin de ne plus entretenir le flou, il a besoin d'avoir un positionnement, une stratégie claire, ne souffrant d'aucune ambiguïté. Il s'agit de travailler au redressement du parti, pas à sa transformation en une composante d'une "nouvelle force politique" de gauche, fédérant ou fusionnant notamment des communistes, des socialistes et des gauchistes. L'existence du PCF ne peut pas rester en suspens pendant un an, alors qu'il y a les luttes et des échéances électorales importantes. L'action d'un PCF autonome est nécessaire à mes yeux pour construire un rassemblement transformateurde la société. Le dialogue indispensableavec les autres forces degauche, et avec leurs composantes antilibérales doit être conduit et développépour construire un front unitaireet non une fusion pour constituer un nouveau parti. Au lendemain de l'assemblée, qui s'est terminée dans lacacophonie, il nous faut maintenant travailler à l'avenir de notre parti et la première étape sera évidemment celle des élections municipales et cantonales.
Une partie de la délégation du Pas-de-Calais.
Les principaux extraits du mandat voté
L’ASSEMBLÉE DU PCF a mandaté la direction pour l’année qui vient en plaçant d’emblée ce mandat sous la triple exigence «du combat contre le capitalisme mondialisé, de la riposte à la politique Sarkozy et de la construction d’un rassemblement qui ouvre au plus vite une alternative de changement». Se félicitant des premiers mouvements sociaux de résistance, et s’inquiétant de l’état de la gauche, ce mandat «souligne l’urgence de la reprise d’initiative politique des communistes
pour ouvrir de nouvelles perspectives». Le mandat acte que «le communisme reste une visée et une pensée de notre temps», qu’il est «nécessaire que vive et rayonne un parti qui s’y réfère explicitement», mais que «les communistes sont devant un défi existentiel, un devoir d’invention sous peine de disparaître». Il indique que les discussions engagées «mettent en débat les nombreuses exigences de renouvellement du combat communiste et de l’organisation pour le mener efficacement ». Il acte que ces discussions «expriment largement l’attachement politique des communistes au PCF, la nécessité de faire vivre et se développer ce parti dans l’année 2008». Dans le même temps, il indique que «les communistes veulent aller ensemble au bout de la confrontation d’idées qu’ils ont engagée en travaillant toutes les pistes de manière ouverte et innovante ». Sur ces bases, le mandat énonce six décisions qui cadrent désormais la feuille de route de la préparation du Congrès décisionnel prévu pour fin 2008.
1.La préparation du Congrès restera «un processus ouvert», «mené de manière transparente et pluraliste ». «Il ne s’agit d’exclure aucune hypothèse concernant le Parti et sa stratégie, ni de prendre d’avance une orientation que les communistes choisiront à leur congrès».
2. Est décidée la mise en place d’un ,dispositif de travail «exceptionnel» sur les grandes questions du projet communiste (changement dans la mondialisation ; unité du salariat ; type de développement ; conception de la transformation sociale…). Un «groupe d’animation national» sera chargé d’organiser ateliers et conférences nationales sur ces questions «avec l’apport de tous les communistes et au-delà des personnes, des forces souhaitant y être associées».
3. «Quatre campagnes populaires» sont lancées dans la durée sur les questions des «retraites et de la protection sociale», du «pouvoir d’achat et de la sécurisation des parcours professionnels», «pour la construction d’une VIe République et contre la réforme constitutionnelle en cours, «pour une Europe
démocratisée et contre le nouveau traité européen».
4. Le conseil national est mandaté pour «assurer tout au long de l’année le rayonnement de l’activité du PCF et du projet communiste», et notamment le «renforcement de son activité sur les lieux de travail».
5. Le Conseil national est également chargé «d’explorer dans l’autonomie du Parti les possibilités et formes nouvelles de rassemblements », de «développer et d’expérimenter des convergences, des coopérations originales, des «fronts» d’idées et d’actions, des nouvelles dynamiques politiques et citoyennes à vocation majoritaire.»
6. Est enfin décidée «la construction d’une initiative internationale» permettant de «franchir une nouvelle étape de l’engagement européen et international du PCF», «d’avancer dans la voie d’un nouvel internationalisme ».