QUEL AVENIR POUR OUTREAU TECHNOLOGIE ?

Publié le par Liberté 62

 


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Liberté 62 n°787 - Le 14 Décembre 2007 - 5 -Social

 

La direction vend les actifs immobiliers...

Quel avenir pour Outreau Technologies ?

 

Par Pierre Pirierros

 

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Discussion affinée entre l'élu régional et les

syndicalistes (Photo Liberté 62).

 

QUEL avenir pour Outreau Technologies ? Cette question est posée quotidiennement par les salariés et les syndicalistes de la CGT de cette entreprise, fleuron métallurgique, spécialisé dans le matériel ferroviaire et le coeur de voie. Une réunion des délégués cégétistes avec Alain Bruneel,conseiller régional, président de la commission de développement économique, s’est déroulée, mardi dernier, à la Bourse de travail de Boulogne-sur-Mer ; à l’ordre du jour, la vente des bâtiments par le propriétaire actuel, le fonds d’investissement “Sun capital partner” à une société israélienne, “Fishman”... “Le but est simple, se faire du cash, soulignent Frédéric Caulier, Pascal Soret, délégués du personnel, Alain Delattre, ancien secrétaire du comité d’entreprise, le foncier va rapporter douze millions d’euros mais le loyer (et tout ce qui va avec le contrat, dont la taxe foncière) coûtera cher à l’entreprise Outreau technologies, 1,2 million d’euros... Déjà, la disparition des fabrications des grosses pièces n’était pas faite pour garantir l’avenir, aujourd’hui, la vente du foncier est la suite dans une série d’étapes dommageablespour l’emploi. L’effectifactuel est de 300 personnes et tousse posent la question de la pérennité du site.

J.F. Carré, secrétaire de la fédération de la métallurgie CGT tire lui aussi la sonnette d’alarme. Et Alain Bruneel de préciser avec force, “le ferroviaire a un avenir devant lui, avec les compétences régionales, le pôle I Trans, le TER, la boucle d’essais, Outreau Technologies a toute sa place dansun domaine technique affiné, comme l’est la fabrication du coeur de voie. Nous allons faire des démarches auprès des élus concernés, de la CAB, (communauté d’agglomération du Boulonnais) de son président, M. Lengagne. Nous ne pouvons pas vivre avec cette épée de Damoclès sur la tête des travailleurs.”

Concurrence


Le maire de Saint-Étienne-au-Mont, Jean-Claude Juda, ne dit pas autre chose et il a effectué des démarches auprès de la CAB. La préemption des terrains est une possibilité juridique, l’usine est sur ses deux tiers sur cette commune, le reste sur la commune d’Outreau. Au-delà de l’aspect juridique et institutionnel, c’est bien l’emploi qui est en jeu et cela la direction locale le sait parfaitement. La concurrence dans ce secteur se fait pressante puisque début 2009 les Espagnols vont construire une usine en région Aquitaine avec des fonds publics. Le savoir-faire des salariés d’Outreau est indéniable mais d’année en année les effectifs sont tirés vers le bas et des dossiers pour inaptitude professionnelle sont signés par dizaines par la médecine du travail pour faire baisser les postes de travail en place. Cela aussi, la CGT le condamne comme elle l’a condamné en son temps !

 

Sept réunions du CE pour rien ?

 

L’an dernier, l’on apprenait que la candidature de l’autrichien VAE n’a pas été retenue pas plus que celle du groupe anglais Balfour-Beatty. La CGT, elle, avec la participation de Cogifer, parle de la relation directe avec la construction de nouvelles lignes à grande vitesse et des contrats qui en résulteraient pour l’entreprise. La direction d’Outreau Technologies va vendre tous les bâtiments des cinq sites français à Fishman, mais pas ceux de l’étranger... Pas moins de sept réunions du comité d’entreprise se sont tenues sur ce sujet mais à chaque fois la direction a passé en force et décide de la cession des actifsimmobiliers de la société. Et la motion déposée, lors de la dernière réunion du CE, le 7 décembre dernier, précise bien que le comité d’entreprise n’a toujours pas la possibilité d’apprécier la stratégie à court, moyen et long terme. L’avis du CE, dans ce cas, n’est pas en mesure d’être donné. Or, la direction s’apprête à donner son feu vert à la cession des bâtiments à la société Fishman dont les biens à travers le monde ne se comptent plus.

Outreau Technologies, ex-Manoir Industries, (depuis le 1er janvier 2004), est un site industriel héritier d’une longue tradition remontant au XIXe siècle. Au fil de cessions, d’acquisitions, de modifications de statut, l’entreprise anciennement Aciéries Paris Outreau puis Fonderie Aciers Outreau puis Manoir Industries Outreau a été la propriété successive de patrons de l’industrie puis de financiers. Le site d’Outreau est le seul site à produire des coeurs de voie, pour combien de temps encore ? Les interrogations sur ce point sont légitimes. Que va faire la direction avec l’argent de la vente du bâtiment ? Va-t-elle l’utiliser pour mettre en place un plan social ? Ce patrimoine industriel va-t-il disparaître ? Tout cela a été soumis à l’élu PCF afin que tout soit fait pour éviter le pire. La discussion a abouti à des actions concertées pour la défense de l’emploi. Le débat s’est poursuivi avec d’autres syndicalistes d’une dizaine de secteurs du pubic et du privé, débat que nous relaterons dans notre prochaine édition. La table ronde exigée par les syndicalistes de la CGT sur ce dossier est toujours d’actualité, l’engagement

 

 

 

 

Conseil régional : situer les problèmes en amont

 

Débat des salariés avec Alain Bruneel et Claude Vanzavelberg sur les revendications fondamentales


APRÈS les bassins d’emplois de Saint- Omer et deDunkerque et avant Boulogne-sur-Mer, Alain Bruneel, président de la commission de développement économique, a rencontré des syndicalistes à Calais, en la maison des associations. L’élu communiste était accompagné de Claude Vanzavelberg, conseiller régional, adjoint au maire et de Bertrand Péricaud, secrétaire fédéral du PCF en charge des entreprises.

Consulter le plus largement possible les salariés sur la mise en application du Schéma régional de développement économique(SRDE) passe des étapes nécessaires et indispensables ; seule la discussion sur le terrain peut permettre de peaufiner les demandes, examiner les professions et les réflexions inhérentes. Aussi, la plus grande des transparences est une garantie pour avoir toutes les cartes en mains et toutes les données économiques afin d’obtenir une information des plus fiables. L’existence de telles rencontres est à apprécier à leur juste valeur. C’est un exercice efficace de la démocratie et cela permet d’avoir une vision globale des réalités socio-économiques du Nord/Pas-de-Calais.

La consultation des salariés, elle, est essentielle, il n’y a pas d’autre alternative. Ce sont eux qui connaissent le mieux leur entreprise et c’est sur eux que s’appuient en permanence ces élus communistes pour étudier les dossiers qui les préoccupent et abonder ainsi dans un Schéma économique quiau départ leur échappait ! Syndicalistes de la Chambre de commerce, de la SNCF, ex-salariés d’Umicore, ont donné le ton sur leurs revendications fondamentales et leurs aspirations à vivre mieux.

Les financements issus de l’impôt du contribuable doivent se traduire par des créations d’emplois dans la région en opposition totale aux délocalisations et aux fermetures d'entreprises. Les fonds publics régionaux sont versés également pour les congés de conversion, les formations professionnelles dans le cadre des plans sociaux. “Notre position prend appui sur l'action des salariés et des syndicats, les subventions publiques doivent servir uniquement à créer des emplois et des emplois pérennes. Il ne s’agit en aucun cas d’une remise à flots des entreprises”, observent Alain Bruneel et Claude Vanzavelberg.Mettre à la disposition des salariés,des syndicalistes, de toutes les personnes concernées, une lecture précise d’un tel Schéma n’est pas chose aisée mais la confrontation des idées et des expériences est un matériau extrêmementconcret. Dresser et créer une notification sociale des entreprises serait une bonne chose pour mettre à plat le sens exact des attributions des fonds publics. Le Schéma régional de développement économique, adopté en novembre 2005, a pour but de fédérer toutes les énergies citoyennes. Qu’en est-il vraiment ?

C’est en amont, avec les acteurs du mouvement social, que doit s’engager la discussion et cette pratique concerne les quatorze bassins d’emploi du Nord/Pas-de-Calais. Une réunion des représentants des bassins d’emplois est prévu vers la mi-juin, à Lille, pourdresser un premier bilan ; commele soulignent Jean-Pierre Lefebvre, d’Umicore et Herv Caux, de la Chambre de commerce, “C’est tout l’avenir qui est posé et l’enjeu de l’emploi ne peut laisser personne indifférent”. Une autre réunion sera organisée à Calais dans le courant du mois d’avril pour examiner avec les intéressés leurs situations, leurs problèmes et leurs propositions.

 

 

 

 

 

 

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