ARRET DU CRISTAL A BLARINGHEM ET 611 NOUVELLES SUPPRESSIONS D'EMPLOI

Publié le par Liberté 62

undefined

 







Liberté 62 n°796 - Le 15 Février 2008 -20- Social

 

Arrêt du “Cristal” à Blaringhem et 611 nouvelles suppressions d’emploi à Arques

Par Pierre Pirierros

 

 

 



L62-796-p20_html_4c099598.gif

Les verriers d’“Arc International” ouvraient le défilé de la CGT, le 7 février dernier, à Saint-Omer ; René Van Den Koornhuyse et Bertrand Péricaud y représentaient la fédération du Pas-de-Calais du PCF. (Photos Liberté 62)


MARDI 12 février en fin d’après-midi, Évelyne Largillière, secrétaire du syndicat CGT, nous précisait que l’issue du comité d’entreprise extraordinaire n’était guère favorable, ni aux salariés, ni à l’emploi, ni à l’avenir d’une des plus grandes entreprises privées du pays. C’est le moins que l’on puisse dire. Depuis l’automne 2004 et le lancement par la direction de l’accord de méthode, (2659 suppressions d’emploi transformées en pré-retraites payées par l’État), tout est chamboulé. La direction évoquetoujours la palinodie d’aucun licenciement sec. C’est une hypocrisie totale. Et cette situation devient de plus en plus inquiétante par tous celles et ceux qui y travaillent. La stratégie d’Arc International est préoccupante et le mécontentement est général à l’intérieur de l’entreprise.

Un processus s’engage, c’est sûr, mais pas en faveur des salariés. L’accord de méthode ? La CGT a refusé de le signer, car au-delà de la forme, il y a le fond. Et le fond, d’ici 2010, c’est la finalité évidente d’un plan de suppression de milliers d’emplois.

C’est une crise sans précédent, commente la secrétaire de la CGT. Nous sommes dans un mouvement généralisé de stagnation, voire de réorientation complète des produits. Tous les secteurs nous préoccupent et l’unité de “Blaringhem” - le Cristal - sera fermée en 2009... C’est la fin detout un savoir-faire, c’en est fini duproduit historique de la société. Le Cristal qui est une image de marque sera toujours commercialisé mais produit ailleurs”.

 

Bouleversement des activités

 

C’est un bouleversement total des activités de l’entreprise, poursuit Évelyne Largillière, car en définitive, d’ici 2010, la direction veut diviser de moitié les emplois existants. Et l’État met la main à la poche pour le financement du pré-retraites ; 511 départs en pré-retraites vont avoir lieu (pour des salariés nés en 1954, 1955). Sur les 1645 “pris” par l’État en 2004 seuls 1134 ont eu lieu fin 2007. La direction avance ses chiffres en tenant compte du “solde prévisible" de départs de 562 postes déjà annoncés - suite de l’accord de méthode 2004-2008 plus les départs prévus en 2009 et 2010 - ainsi que des 511 prochains départs en préretraite, cela fera un solde de611 départs sur la période 2009-2010. Ce qui revient à dire qu’il y aura611 nouvelles suppressions d’emplois.La direction a négocié avec l’Étatles financements des 511 nouveauxdéparts en pré-retraite mais en“contrepartie”, Arc international doit investir la somme de 100 millions d’euros dans l’entreprise sur le site d’Arques d’ici deux ans. L’entreprise accepte et l’État est toujours le payeur et vient en aide à une entreprise privée. Ce qui est déjà le cas pour les conséquences de l’accord de méthode de l’automne 2004. Les externalisations, les mutualisations, les filialisations tout cela a pour but de faire baisser les effectifs. Après l’Imprimerie, la Robotique, la Chaudronnerie, les femmes de ménage, d’autres services font suivre avec d’autres salaires (en diminution), d’autres conditions de travail, d’autres horaires, une autre organisation. Tout est lancé maintenant par la direction pour les usines extérieures que ce soit en Chine ou dans les Émirats.”

 

Lors de la manifestation pour l’emploi et le pouvoir d’achat de la CGT, à Saint-Omer, le 7 février, qui a réuni plus de 150 personnes, Didier, salarié à Arc International depuis 33 ans, soulignait : “jamais l’ambiance dans l’entreprise n’a été si détestable, avec un stress permanent. Ce quinous attend n’est rien à côté de ce que nous vivons actuellement. Et, malheureusement, il y a ce “chacun pour soi” (héritage d’un paternalisme ancestral de la famille Durand) qui plombe encore plus la situation actuelle. Jusqu’au jour où...”

 

Publicité

Publié dans Social

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article