L'EMPLOI A AUCHEL - DES SYNDICALISTES DE FAURECIA,JET SAC ET DESQUESNES RENCONTRENT LES CANDIDATS COMMUNISTES

Publié le par Liberté 62

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Liberté 62 n°799 – 7 - Le 7 Mars 2008

 

L’EMPLOI À AUCHEL

 

 

Des syndicalistes de Faurécia, Jet Sac et Desquesnes rencontrent les candidats communistes

 

Bien des questions se posent quant à la pérennité de l’emploi sur la Zone industrielle d’Auchel. La liquidation d’Auchelaine est encore dans toutes les mémoires. Faurecia, Jet Sac, ces deux entreprises connaissent à leur tour des tourments, c’est la raison

pour laquelle, les syndicalistes cégétistes de l’Union locale de Lillers et les responsables syndicaux de Faurecia, Jet Sac, Desquesnes, ont rencontré récemment, les candidats communistes, aux élections municipales et aux élections cantonales.

Maurice Distinguin, tête de la liste “L’avenir ensemble autrement”, présentée et soutenue par le PCF, à Auchel, et René Hocq, maire de Burbure et candidat aux élections cantonales dans le canton d’Auchel ont participé à cette discussion ; discussion intéressante, à plus d’un titre, sur l’emploi dans ce secteur.

 

L’historique...


En 1948, au sortir de la guerre, l’Amérique mettait en place le“ Plan Marshall” qui consistait à avancer des fonds aux pays Européens afin de se reconstruire,la France empruntant au passage

2,438 Millions de dollars de l’époque, la cerise sur le gâteau étant que le remboursement se ferait en achat de matériel Américain, les agriculteurs roulaient en tracteurs Fords et nos mineurs recevaient des machines allégeant leurs charges de travail,augmentant la production mais en réduisant les effectifs, les retraités ne seront plus remplacés.

Les années soixante sonnaient le glas de l’épopée minière, les fermeturesde puits étaient programmées, Auchel, ville minière, allait souffrir de cette décision. Des accords syndicaux amenèrent les dirigeants de l’époque à créer des zones industrielles comme à Auchel, les mineurs “étant vendus” pour quelques dizaines de milliers de francs aux entreprises qui acceptaient leurs reclassements.

Devant cette manne financière mais louable pour les élus régionaux de l’époque, notre sol accueillit donc Allibert, Descamps Demester, Dewavrin, Douez Lambin (les pyjamas) et un peu plus tard Jet Sac, cette zone occupant plus de 1000 personnes ; notre région était toujours aussi prospère, les hauts fourneaux fumaient, les travailleuses partaient (par autobus complets) d’Auchel vers Lille- Roubaix-Tourcoing confectionner divers vêtements. Arriva vers 1975 la nouvelle manipulation que l’on appela le "choc pétrolier" en France on n’a pas de pétrole mais on a des idées disait-on. Parlonsen des idées, à la tête de la fédération textile trônait un certain Guillaume Sarkozy, frère du président actuel. Il fut le premier collaborateur à dépecer notre économie ; à Auchel la filature textile Descamps De Mester fût la première victime puis ce fut le tour à l’entreprise Douez Lambin. Dans le même temps, l’entreprise les Trois Matelots mariner à Lillers amorçait sa descente, des centaines de travailleuses et de travailleurs restaient sur le carreau. Le textile Auchellois s’éteignait avec la fermeture d’Auchelaine.

 

Thérèse Lecocq, secrétaire du syndicat CGT FAURECIA d’Auchel : "Et après 2009 ?"


L’entreprise Faurécia (ex-Allibert) emploie à ce jour 430 personnes permanentes et une centaine de travailleurs précaires, elle dépend du groupe PSA, elle sort actuellement d’un plan social démarré enjuin 2005 qui a vu la suppression d’une soixantaine de postes. Les conditions de travail, extrêmement dures, liées à une température ambiante de 40°, ont amené lamédecine du travail à reconnaître 106 travailleuses et travailleurs en inaptitude physique, 30 % du personnel. D’ores et déjà, les produits fabriqués sur le site d’Auchel sontconsidérés en fin de vie, donc non reconduits par les constructeursautomobiles.

Fin 2009, la messesera dite. Reste la Kangoo, au mieux, ce contrat n’emploiera qu’un tiers du personnel. Lors d’une réunion récente, le directeur généraldu groupe a reconnu qu’aucun contrat n’était prévu à l’ avenir pour le site d’Auchel ; actuellement une (Gestion Prévisionnelle desEmplois et Compétence) négocié eau niveau du groupe, chacun sait que cet accord de méthodedéguisé préfigure des licenciements secs, sans plan social, les élus CGT craignent naturellement la signature des syndicats félons, si cela devait se produire, il est a craindre la disparition des deux tiers du personnel de Faurécia Auchel avant 2010. Dans le mêmetemps, Faurécia Europe embauche force dans les PECO (PaysEurope Centrale orientale) écemment, par l’intermédiaire du maired’Auchel. La CGT de Faurécia Auchel, a interpellé le médiateur de la République pour qu’il intervienne auprès du ministère du travail afin d’obtenir des garanties sur l’avenirde son site. À ce jour, aucune certitudelui est parvenue.


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Rencontre fructueuse avec les candidats communistes sur le thème
de l'emploi avec les syndicalistes des entreprises d'Auchel.

 

Denis Duporge, délégué syndical CGT de DESQUESNES: "Une expertise comptable est demandée"


L’entreprise familiale Desquesnes emploie, encore, à ce jour 280 salariés ; les divers rapprochements avec Forclum et Norelec ont contribué à pérenniser l’entreprise. Il y a deux ans, le groupe géant Eiffage travaux publics prenait sous son aile l’Entreprise Desquesnes, dans le même temps il liait l’entreprise Desquesnes avec deux sociétés, l’une Calaisienne, l’autre Lilloise. A cette époque, les finances étaient saines, mais, bizarrement ces salariésspécialisés dans les conduites de gaz et câbleries électriques, l’entreprise Desquesnes étant partenaire privilégié d’EDF et GAZ de FRANCE, se retrouvèrent à faire de l’assainissement. Cette erreur de stratégie conduit aujourd’hui l’entreprise Desquesnes à accuser un déficit de 1,2 million d’euros. Actuellement, le site d’Auchel reprend son autonomie mais il faudra des années pour redresser la barre. Une expertise comptable, demandée par le comité d’entreprise CGT, est en cours.

 

 

 

Jacques Penez, délégué syndical CGT Jet Sac : "Des fautes imaginaires"


L’entreprise Jet sac appartient au groupe SPHERE, elle fabrique des sacs plastiques, deux facteurs ont altéré l’équilibre financier de l’établissement, la hausse incontrôlée du pétrole impactant directement le coup de la matière première, et l’interdiction de délivrer des sacs plastiques dans les grandes surfaces. Par voie de conséquence, une concurrence s’installa, l’état étant directement concerné par ces impacts. Cela n’excuse quand même pas la volonté des dirigeantsJect Sac d’échapper sournoisement au plan social en pratiquant des licenciements pour fautes imaginaires concernant les ouvriers ainsi que des ruptures négociées pour l’encadrement. Néanmoins, force est de reconnaître l’opiniâtreté des dirigeants du groupe SPHERE, en prenant le contrôle de la coopérative AVENTAGRI à hauteur de 60 %.

Ce situé à Haussemont (en Champagne Ardennes) une féculerie qui produit 260 000 tonnes de fécules transformables en dérivés du plastique mais biodégradable en deux à trois mois. Le groupe SHERE étant seul détenteur de ce brevet, des espoirs sont tout de même permis mais sous deux conditions ; premièrement que l’État intervienne financièrement pendant le temps qu’il faudra pour commercialiser raisonnablement ces produits, (pourquoi pas en taxant les groupes pétroliers) et dans un deuxième temps en obtenant, en contrepartie des aides allouées, l’assurance du groupe SPHERE du maintien de la production de ce produit à l’intérieur de l’hexagone. Là aussi, le comité d’entreprise CGT a demandé une expertise comptable.

 

Roger Veste, secrétaire de l’union locale de Lillers : "Les dangers de l'Europe libérale"


Il est regrettable que les communautés de communes environnantes ne fassent pas le geste de s’approvisionner en sacs poubelles à Jet Sac, préférant une entreprise du sud de la France, des commandes de sacsbiodégradables seraient un plus énorme pour cette entreprise ensouffrance.

Le 15 février dernier, l’union localede Lillers, les syndicats Faurécia, Desquesnes et Jet Sac ont contacté le président de la République parcourrier électronique afin de lui fairepart de leurs inquiétudes et demander l’assurance d’un engagementqui imposerait, dans le pire des cas,la revitalisation des sites touchés,nous sommes toujours en attente de réponse.

L’union locale de Lillers pour sa part, constate malheureusement, de nouveau, que si une difficulté apparaîtdans un groupe, systématiquementle site à majorité CGT est directementattaqué, le MEDEF ne doit pas être étranger à ces manoeuvres,Laurence Parisot et Nicolas Sarkozy sachant pertinemment que la dernièrebarrière à franchir vers le libéralisme reste la CGT, attirés qu’ils sont par la main d’oeuvre à bas coup des pays de l’Est. Bruxelles verse ’importantes indemnités (205 millions d’euros) la fermeture de trois sucreries du groupe TEREOS...Les dangers de l'Europe libérale sont là.

 

 

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Publié dans Politique

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