HENIN BEAUMONT - VICTOIRE D'UNE GAUCHE RASSEMBLEE ET TOURNEE VERS L'AVENIR
Hénin-Beaumont
La victoire d’une gauche rassemblée et tournée vers l’avenir
Par David Noël
Marine Le Pen a perdu son pari, dimanche soir. Une large majorité des électeurs d’Hénin-Beaumont ont fait confiance à la liste d’union de la gauche menée par Gérard Dalongeville et Marie-Noëlle Lienemann.
AVEC 28 % des voix et 5 élus (contre trois actuellement), le FN réalise un score très important, près de dix points au-dessus du score de Steeve Briois en 2001, mais en deçà des espérances des dirigeants frontistes. C’est l’échec d’une stratégie engagée par le FN depuis 2001 qui visait à faire d’une grande ville populaire comme Hénin-Beaumont la vitrine d’un FN relooké dirigé par Marine Le Pen.
La déception est palpable chez Steeve Briois et Marine Le Pen
Si les leaders de l’aile dure du FN, acquis à une alliance avec le MNR ou les Identitaires ont aussi été balayés par la «vague rose» des municipales et le reflux de l’extrême droite, la déception est palpable chez Steeve Briois et Marine Le Pen, qui étaient convaincus de pouvoir l’emporter à la faveur d’une triangulaire.
Sanction pour la stratégie de Daniel Duquenne
Les résultats de dimanche sanctionnent également la stratégie de l’Alliance Républicaine de Daniel Duquenne, l’ancien secrétaire de section socialiste fidèle à Pierre Darchicourt et opposant à Gérard Dalongeville depuis 2001. Lâché par la Fédération socialiste du Pas-de-Calais, Daniel Duquenne et ses amis voulaient faire tomber celui qu’ils considéraient comme le «Jacques Mellick d’Hénin-Beaumont», quel qu’en soit le prix ; entrés en dissidence, ils ont monté une liste d’ouverture avec le Modem et les Verts, soutenue au deuxième tour par l’UMP. Ils obtiennent 19 % des voix et trois élus au conseil municipal, dont une élue du Modem et un élu UMP. L’Alliance Républicaine n’est pas parvenue à convaincre qu’elle incarnait une alternative crédible à gauche. Ses dirigeants n’ont eu de cesse de justifier leurs convergences avec le FN : «Gérard Dalongeville est un mauvais gestionnaire. Ce n’est pas parce que le FN le dit que nous allons cesser de le dire. Ce n’est pas parce que le FN dit que le soleil se lève à l’Est que nous allons dire le contraire !» expliquait ainsi Georges Bouquillon, un des leaders de l’Alliance Républicaine, quelques jours avant le premier tour. Les Héninois ont surtout entendu Christine Coget, numéro 2 de l’Alliance Républicaine et chef de file du Modem expliquer à France 3 : «Pour nous, c’est tout sauf Dalongeville !». Des propos qui ont scandalisé les derniers socialistes fidèles restés autour de Daniel Duquenne.
Une victoire pour la gauche rassemblée
La victoire de Gérard Dalongeville est une victoire personnelle pour le Maire d’Hénin-Beaumont, mais c’est d’abord et avant tout la victoire des Héninois et des Beaumontois qui ont choisi dimanche un projet résolument tourné vers l’avenir. Cette victoire (52 %), c’est aussi une victoire pour la gauche rassemblée. Le rassemblement de la gauche initié par Marie-Noëlle Lienemann, pour le PS, avec le PCF a fait naître une dynamique qui ne s’est jamais arrêtée et qui a porté Gérard Dalongeville.
Les communistes d’Hénin-Beaumont conscients de leurs responsabilités nouvelles
Cette victoire conforte les communistes d’Hénin-Beaumont, conscients de leurs responsabilités nouvelles. Avec deux élus au conseil municipal, les communistes devront travailler au service de la population, mais aussi reconstruire à Hénin- Beaumont un Parti Communiste puissant, présent dans les luttes comme dans les quartiers populaires. Le travail ne fait que commencer, mais c’est la seule manière de répondre à la désespérance sociale et civique qui a mené le FN aux portes d’Hénin-Beaumont.
René HOCQ, conseiller Général du canton d’Auchel : "Les habitants ont exprimé leur désir de faire confiance au candidat de gauche que je suis. Ils souhaitent donner davantage de sens à leurs préoccupations quotidiennes"
"LA politique du Président de la République vient d’être évaluée par les citoyens du Canton. En désignant Richard JARRETT comme le représentant local de ceux qui nationalement maltraitent la majorité des couches populaires du canton (puisque soutenu par le président départemental de l’UMP), les habitants ont exprimé leur désir de faire confiance au candidat de gauche que je suis. Ils souhaitent donner davantage de sens à leurs préoccupations quotidiennes. Je suis alors un conseiller général au service de toutes celles et tous ceux qui revendiquent légitimement plus de solidarité dans cette société.Le combat fut rude, mais la victoire est là…"
PAS-DE-CALAIS
Un second tour d’importants clivages !
SECOND TOUR DES MUNICIPALES, les résultats dans le Pas-de-Calais marquent la résistance à la politique de Sarkozy (lire page 3, l’analyse du scrutin à Calais).
Dans le Bassin minier, le PCF conforte ses positions dans presque toutes les villes où le maire communiste était sortant, à l’exception de Harnes et de Estevelles. À Béthune, Jacques Mellick a été battu par Stéphane Saint-André avec 50,66% dans une ville où les trois listes du premier tour ont fusionné. La gauche l’emporte à Hénin- Beaumont, (lire ci-dessous).
Ont basculé vers le PS, dans deux triangulaires défavorables au maire sortant UMP, Saint- Omer, où Bruno Magnier (42,55%) a vaincu Jean-Jacques Delvaux, et Berck, où Jean-Marie Krajewski (46,22%) a défait Bruno Cousein. Etaples-sur-Mer a basculé de gauche à droite, l'UMP Jean- Claude Baheux avec 39,73% a profité de la division des socialistes lors d'une triangulaire.
Le PS a remporté Lens où le sortant Guy Delcourt a recueilli 48,37%. mais avec un second tour inédit depuis le début des années 1950, ce dernier sort de ce scrutin affaibli. “Le Louvre”, lui, appartient à toute la nation et Guy Delcourt ne peut en aucun cas être le propriétaire. Le PS, en jouant sur les divisions, a profité du second tour à Harnes où le sortant Yvan Druon a été battu mais réélu avec succès dans son canton.
À Évin-Malmaison, le maire PCF sortant conserve la municipalité. On note, par ailleurs, de bons résultats dans l’Ardrésis et dans l'Hesdinois. La liste conduite par notre camarade Thierry Poussière, "Mieux vivre à Brême" a été intégralement élue dimanche.Thierry Poussière devrait logiquement devenir maire de Brême dans les prochains jours.
Cette victoire confirme le glissement à gauche de l'Ardrésis, avec la défaite de Bernard Carpentier à Ardres face à la liste de Ludovic Loquet. Notons encore les bons résultats obtenus par les candidats PCF sur des listes de rassemblement à gauche, (Leforest, Oignies, Fourquières-les-Lens).
À Annay, la liste du PCF réalise un score tout à fait honorable avec 38,05%. Elle obtient 5 élus. À Barlin, à Carvin, les listes communistes réalisent, là aussi, de bons résultats.
Cantonales : le PCF remporte le canton d'Auchel
Aux cantonales, bonne tenue des candidats communistes sortants, Yvan Druon (canton de Harnes) Bruno Troni (Noyelles-sous-Lens) et Jean-Claude Juda ; ce dernier dans le canton de Samer passe la barre des 55% face au candidat de la droite. René Hocq, dans le canton d'Auchel est brillamment élu avec près de 52% des voix. Le groupe est composé de 10 PCF au Département.
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