LES PETITS PAYSANS NE SONT PAS LAS VACHES A LAIT DE NESTLE
Les petits paysans ne sont pas les vaches à lait de Nestlé
Les «7 de Quincy», membres de la Confédération Paysanne ayant participé à une action militante en décembre 2004 sont convoqués, à la demande de Nestlé, géant de l'agroalimentaire mondial, devant le tribunal de Douai pour «vol en réunion».
Par Jérôme Skalski
Les faits nous ramènent à la fin de l'année 2004, à la veille de Noël. Six membres de la Confédération Paysanne prélèvent des cartons de produits dans des usines laitières et les distribuent ensuite dans les quartiers populaires et auprès d'associations solidaires.
Un acte public et explicitement militant
Cet acte est public et se veut explicitement militant et pacifique - des tracts sont distribués sur place aux salariés. Il est destiné à manifester la solidarité des petits paysans et des salariés face aux intérêts des grands groupes agro-alimentaires concernant le prix des produits laitiers ainsi qu'à protester contre les accords décidés par l'interprofession laitière programmant la baisse du prix du lait, c'est-à-dire, d'une part, la baisse de revenu des producteurs et d'autre part, le prix des produits restant stable, la hausse niveau de profit des groupes de l'industrie alimentaire ainsi que des grands distibuteurs.
L'équivalent de 2 000 euros de produits prélevés
A Quincy, chez Nestlé, ce sont pour l'équivalent de 2 000 euros de produits qui sont prélevés, soit un peu moins que la perte moyenne subie par chaque éleveur en 2004 – 2 500 euros de perte de revenu en moyenne par an étaient programmés par les accords interprofessionnels sur 4 ans.
Un trou considérable dans le bas de laine des actionnaires de Nestlé
La direction de Nestlé, bouleversée sans doute dans sa trésorerie par cette opération aux conséquences financières considérables – Nestlé, la plus grande multinationale agroalimentaire au monde n'a en effet affiché que près de 4 milliards d'euros de bénéfices en 2003 - est prompte à réagir. Elle attaque Hubert Caron, Bernard Coquelle, Elisabeth Darras, Gabriele Dewalle, Antoine Jean et Patrick Lallier – membres de la Confédération paysanne ayant participé à l'action - pour «vol en réunion» au début de l'année 2005. En passant, elle attaque en justice Michel Sauvage pour le même motif – qui, quoique n'ayant pas participé à l'action évoquée précédemment a sans doute le grand tort d'être le porte parole de la Confédération Paysanne du Nord-Pas de Calais. Peu après, les «7 de Quincy» sont mis en garde à vue et en examen.
Au frais de la princesse...
L'affaire est sérieuse. Elle peut être lourde de conséquences pour les syndicalistes. Dernière étape d'une procédure judiciaire qui dure – au frais de la princesse et pour satisfaire à la direction de Nestlé - maintenant depuis plus de trois ans, les «7 de Quincy» sont convoqués le 25 avril 2008 à 13h 30 devant le Tribunal de Douai.
Invitation au procès de Nestlé
Pour les «7 de Quincy» - devenus depuis les «7 de Douai» - rassemblés mardi dernier au buffet de la gare de Douai pour une conférence de presse, c'est au procès de Nestlé qu'il faudra assister le plus nombreux possible à cette date et à cette heure. Pour défendre le droit au revenu du travail paysan et le droit à ne plus avoir, avec la bénédiction de l'état de droit, à se laisser «traire» par Nestlé, représentant majeur du grand capital agricole.
| Avec les «7 de Douai»,faisons le procès de Nestlé
A l'appel, notamment, de la Confédération Paysanne, de la FSU 59/62, du PCF de la section de Douai, de l'UD CGT Nord et de SUD Education 59/62 .
Vendredi 25 avril 2008 Tribunal de Douai
11 h 00 Rassemblement à la maison des Associations de Douai- Prises de parole – Repas paysan et soutien financier aux «7 de Douai»13 h 00 Défilé vers le tribunal pour accompagner les «7 de Douai»14 h 00 Débat public ( Maison des Associaitons) sur le revenu : «A qui profite le prix du lait ?» |