LA LUTTE DES TRAVAILLEURS SANS PAPIER EST EN MARCHE

Publié le par Liberté 62



La lutte des travailleurs sans-papiers en marche

 

Après un parcours de plus de 200 kilomètres à pied, partie de Lille le 19 avril dernier, la marche des sans-papiers du Nord a effectué sa dernière étape à Paris, le samedi 10 mai.

 

Par Jérôme Skalski


ELLE a été rejoint, place de Clichy, par plusieurs miliers de manifestants au cours d'un rassemblement qui a réuni, outre les marcheurs, sans-papiers franciliens en grève, syndicalistes, membres d'associations et de partis politiques.

 

Porter au grand jour l'exigence de régularisation de tous les sans-papiers


Cette marche regroupant une trentaine de personnes avait été organisée par le Comité des Sans-Papiers du Nord – CSP59 – afin, notamment, de porter au grand jour l'exigence de régularisation de tous les sans-papiers et mener, tout au long de son parcours, débats et rencontres afin d'éclairer l'opinion publique sur la situation des travailleurs sans - papiers en France et sur les enjeux attachés à leur lutte. En choississant d'arriver à Paris le jour anniversaire de l’abolition de l’esclavage et en rejoignant les travailleurs sans-papiers d'Ile-de- France en grève avec la CGT et l'association Droit Devant depuis maintenant un mois, la marche des travailleurs sans-papiers du Nord voulait marquer sa dernière étape au moyen d'un symbole fort. Si en 1848, la République française a, une seconde fois, abolit l'esclavage après que l'Empire napoléonnien l'ait rétabli en 1802, il lui reste à mettre fin à la surexploitation et à la domination à laquelle l'étroitesse d'un certain patronat les contraint avec le concours actif d'un Etat qui leur impose, pratiquement, de vivre et de travailler dans la clandestinité.

 

Travailler avec ou sans-papier, c'est travailler


Travailler avec ou sans-papier, c'est travailler. Mais travailler sans papiers, c'est travailler en marge du droit du travailleur «ordinaire». C'est être, plus encore que le travailleur «ordinaire» soumis à l'accélération des cadences de travail, aux horaires infernales et aux dépassements d'horaires, aux violations des règles de sécurits, aux violations du droit syndical... bref, à toutes les violations du droit du travailleur auxquelles s'efforce sans cesse un patronat «voyou» obnubilé par la recherche du profit à bon compte et ceci en subissant non seulement un despotisme personnel mais aussi celui d'une «loi» dont l'aveuglement témoigne surtout de la partialité.

 

Un magnifique élan de soutien de la population

 

Ce scandale, en France, de plus en plus de personnes – travailleurs ou non - le dénoncent et entendent l'«abolir» définitivement. Partout sur leur parcours de plus de 200 km, les marcheurs sanspapiers du Nord ont rencontré soutien populaire et échos positifs. «Partout où on est passé, des nobles citoyens se sont montrés proches et solidaires. De Valenciennes à Douai, Lens, Amiens, on a toujours été impeccablement reçu, et à chaque étape, la population nous a accueilli très généreusement» a ainsi rappellé Mamadou Compo, le porte parole des marcheurs du CSP 59. Accueillis «avec enthousiasme », les marcheurs ont rencontré un «magnifique élan de soutien de la population qui leur a donné la force nécessaire» pour «aller au bout de cette lutte» a-t-il en outre déclaré. Commencée dans le Nord, le 19 avril, la marche des travailleurs sans-papiers, même longue, ira jusqu'au bout et sa véritable dernière étape sera, en France, la régularisation effective de tous les travailleurs sans-papiers.

 

 

 

 

 

 

PROLÉTAIRES DE TOUS LES PAYS UNISSEZ-VOUS !

 

SOUTENUE à chacune de ses étapes par les militants et les élus communistes, la marche des travailleurs sans-papiers du Nord entendait porter au grand jour la revendication de régularisation de tous les travailleurs sans-papiers. Alors que la stratégie de la droite au pouvoir est de tirer vers le bas et de diviser les travailleurs : chômeurs contre salariés, salariés contre retraités, cadres contre employés, travailleurs du public contre ceux du privé… pour faire valoir une politique destinée à soutenir les intérêts étroits du grand patronat et de la rente, l'initiative des marcheurs sans-papiers, par la solidarité et l'esprit d'unité qu'elle a provoqué et suscité, a été exemplaire. En exigeant courageusement qu’ils soient considérés dans leur statut de travailleurs, en mettant en lumière leur contribution à la production des richesses de notre pays, c’est l’ensemble des luttes sociales qu’ils ont fait avancer.

A l'heure où le gouvernement de droite les stigmatise comme des boucs émissaires afin de détourner l’attention de la politique antisociale qu'il mène, avec la bénédiction tacite ou explicite des forces de la plus violente réaction – FN en tête - et de l'argent - MEDEF aux commandes -, contre le monde du travail et de la création, l'exigence des travailleurs sans-papiers rejoint celles portées partout en France par les combats menés pour l'augmentation des salaires, pour la protection sociale, pour les retraites, pour les services publics, pour le progrès du droit du travail et pour une société de solidarité.

En 1848 , il y a maintenant 160 ans, la même année que l’abolition de l’esclavage en France, le mot d’ordre «Prolétaires de tous les pays unissezvous !» venait conclure le Manifeste du Parti Communiste rédigé par Karl marx et Friedrich Engels. Aujourd'hui encore, les travailleurs, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, avec ou sans emploi, avec ou sans papiers ont tout à gagner de cette union. Le Parti Communiste Français entend la défendre et la représenter sans tergiversation. La régularisation de tous les sans-papiers, leur reconnaissance comme des travailleurs à part entière, serait aujourd’hui une avancée pour l’ensemble des salariés dont la division ne sert que ceux qui veulent étendre sur eux un règne toujours plus grand.


Fédération du PCF du Pas-de-Calais

 

 

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