CH'TIMINOTS MOBILISÉS...

Publié le par Liberté 62



CH'TIMINOTS MOBILISÉS CONTRE UN NOUVEAU PLAN DE LIBÉRALISATION DU FRET SNCF

 

L'obsession de la rentabilité financière à tout prix qu'opère la direction de la SNCF pour la réorganisation du FRET conduit à des dérives qui peuvent s'avérer être lourdes de conséquences pour les usagers du rail et les salariés des entreprises ferroviaires.

 

Par Jérôme Skalski








Par sa présence auprès des cheminots mobilisés, Alain Bruneel,

conseiller régional, est venu manifester le soutien des élus

communistes. (Ph. Liberté 62)

 

DANS la perspective de la tenue d'un Conseil d'Administration (CA) décentralisé de la SNCF qui devait se dérouler dans la capitale des Flandres ce mercredi 28 mai, l'ensemble des organisations syndicales de cheminots des régions de Lille, d'Amiens et de Reims avaient programmé un rassemblement afin d'interpeller leur direction sur l'avenir du fret. À cette occasion, la venue de Guillaume Pepy, successeur d'Anne-Marie Idrac à la tête de l'entreprise publique, était prévue.

 

Faux bond

 

Motivés sans doute par le souci d'améliorer un « dialogue social » qui s'était singulièrement dégradé au sein de la SNCF, le faux bond de son nouveau président ainsi que l'annulation, en dernière minute, de ce CA n'a pas démobilisé les cheminots. Venus de toute la région et audelà, ils étaient près d'une centaine à exprimer leur détermination et leur colère devant la direction régionale de la SNCF à Lille, à l'heure et à la date prévue.

 

Ch’timinots en colère


Au nom de l'intersyndicale, Patrick Delfosse, secrétaire régional CGT du secteur Cheminots, est tout d'abord intervenu, au cours d'une prise de parole publique, pour souligner la contradiction existant entre le nouveau projet de libéralisation du fret porté par la direction de la SNCF et les objectifs affichés par le «très médiatique» «Grenelle de l'environnement ». Il a ensuite mis en exergue le fait que ce projet nuisait au développement de l'entreprise. «Depuis 2002, a-t-il déclaré, les orientations libérales imposées à l'entreprise publique couplées à l'ouverture du marché du fret ferroviaire ont provoqué un déclin rapide du fret SNCF (...) La SNCF, après les échecs de ses plans fret successifs, s'apprête à réorganiser une fois de plus sa branche fret en procédant à une séparation complète de l'entreprise qui nous laisse craindre une filialisation voire une privatisation.»

 

Une attaque sans précédent de l'entreprise publique


Dénonçant ce plan qui constitue une «attaque sans précédent depuis la création de la SNCF» dans la mesure où elle remet en cause le «caractère intégré de l'entreprise de service public, le statut des cheminots, l'existence des établissements actuels» et la «réglementation du travail spécifique aux cheminots», Patrick Delfosse a voulu alerter plus particulièrement l'opinion publique sur une autre de ses conséquences : «Plusieurs incidents mettant en cause l'opérateur privé Véolia Cargo Rail se sont produits récemment a-t-il souligné. Le plus grave a eu lieu le 26 avril, en gare de Montauban, lorsqu'un «train fou» dépourvu de freins a traversé cette gare à plus de 60 km/h et n'a pu s'immobiliser qu'au bout de 3 kms (...) La cause principale est la libéralisation ellemême, dès lors que les opérateurs sont en concurrence et se font la guerre sur les prix, la sécurité est envisagée comme un coût à réduire au même titre que le coût du travail.» Au terme de cette prise de parole, une délégation de l'intersyndicale de cheminots a été reçue par la direction régionale de la SNCF.

 

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