COMMEMORATION DE LA MORT TRAGIQUE DE MARC LANGEVIN

Publié le par Liberté 62


 


COMMÉMORATION

DE LA MORT TRAGIQUE

DE MARC LANVIN

 


Le samedi 29 juin 1968, veille du second tour des élections législatives, le jeune ouvrier communiste Marc Lanvin était lâchement assassiné par des hommes de main du candidat de la droite gaulliste, l’UDR Theeten. MARC était l’un des 6 enfants d’une famille ouvrière des Blancs-Monts particulièrement estimée, il venait d’avoir 18 ans. Ouvrier à l’usine textile de la Maille à Arras, il était militant des Jeunesses communistes. Il avait accepté d’aider des copains socialistes, pour une dernière tournée de surveillance de l’affichage en faveur du candidat d’union de la gauche Guy Mollet, député maire d’Arras. Dans la rue Pasteur à Achicourt, la voiture dans laquelle il avait pris place se trouva face à l’estafette des colleurs d’affiches adverses bloquant la route. Descendu sans méfiance, pour parlementer, Marc fut foudroyé par une balle de 7,65 tirée à bout portant depuis le véhicule de l’UDR. D’autres coups de feu de 22 long rifle atteignirent la DS noire des militants socialistes. Tandis que le malheureux jeune garçon, atteint en plein coeur, était en vain transféré par ses camarades à l’hôpital d’Arras, le commando meurtrier s’enfuyait et se réfugiait dans une ferme à Rouvroy, où il fut cueilli dès le lendemain matin. L’enquête et le procès (à St Omer en mars 1969) révélèrent que les tireurs étaient : J. C. Vallein le chef des cinq nervis recrutés par l’UDR, et A. Verley, ex baroudeur des guerres coloniales, alcoolique notoire, surnommé le légionnaire. On apprit par la suite que l’arme du crime avait été fournie à Marseille par des membres du SAC, le trop fameux service d’ordre gaulliste, créé en 1960 par Pasqua et ses amis. Recrutant dans la pègre, et auteur de nombreux coups tordus le SAC fut dissous en 1982 après la sanglante tuerie d’Auriol. Comme le déclara l’avocat Me Bleitrach, aux assises : «Il y en a d’autres qui ont une responsabilité aussi grande que celle des accusés et qui ne sont pas sur le banc des témoins». Une foule immense et des personnalités venues de la France entière assistèrent aux funérailles de Marc, célébrées par l’évêque d’Arras. C’est Marcel Roger, secrétaire de la section communiste d’Arras qui prononça l’éloge funèbre de son jeune camarade. Une place d’Arras perpétue le nom de Marc Lanvin et une plaque, 45 rue Pasteur à Achicourt rappelle le souvenir de ce jeune ouvrier communiste assassiné. Condamné à 8 ans de prison, l’assassin bénéficia vite d’une remise de peine qui indigna la population arrageoise. La section communiste d’Arras appelle à commémorer le souvenir de Marc Lanvin sur les lieux mêmes de sa mort tragique, 45 rue Pasteur à Achicourt, le vendredi 27 juin à 18 h.


Christian Lescureux

 

 

 

LE SOUVENIR OBSÉDANT DE MARC LANVIN

Marc était un jeune salarié d’une entreprise textile dénommée « La Maille » à Arras. Il était membre du cercle local des Jeunesses communistes dont j’étais un des animateurs. Dans les mois qui ont précédé Mai 68, nous avions développé une grande activité tous azimuts. Sur les questions de l’école, de l’emploi, de l’avenir du bassin minier, bradé par la droite et les socialistes sur l’autel de l’Europe (déjà !). Pour la paix dans le monde, contre le colonialisme et pour l’indépendance des peuples, pour mettre fin à la guerre du Vietnam. Nous disposions de plusieurs cercles dans la ville, regroupant chacun des dizaines de jeunes. Un cercle local dans lequel militait Marc. Un autre à l’École normale de garçons, un à l’École normale de filles (pas de mixité à l’époque !). Un au lycée de garçons et un au lycée de filles. Nous éditions un journal à 1.500 exemplaires, financé par la publicité recueillie auprès de commerçants de la ville d’Arras. Avec Marc et d’autres, nous allions le distribuer à la porte des entreprises où se trouvaient concentrés de nombreux jeunes. Nous diffusions l’Avant- Garde, le journal national de la J. C. Et puis il y eut ce drame, à la veille du second tour des élections législatives. Dans le droitfil de notre engagement à soutenir la candidature PS arrivée en tête au premier tour, Marc avait accepté d’accompagner les militants socialistes pour participer à la bataille destinée à barrer la route à la droite. Un commando de l’UDR, parti gaulliste de l’époque, l’a tué froidement lors d’une rencontre dans la nuit du samedi au dimanche. Marc était l’exemple même du garçon calme et enjoué, heureux de vivre et de s’engager. Nous étions très proches et la peine fut immense. Ses parents, ses frères ont été très dignes dans la douleur. Dans les quelques archives que je garde précieusement se trouvent toujours le faire-part de ses obsèques ainsi que sa photo dont le souvenir m’obsède parfois. Communiste il était, communistes nous restons, car si le projet doit être sans cesse revivifié, l’idée est toujours d’actualité.


Claude Derycke

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