LE CHAMP DÉCISIONNEL DOIT RESTER DE LA RESPONSABILITÉ DES ÉLUS
SCHÉMA RÉGIONAL DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE
LE CHAMP DÉCISIONNEL DOIT RESTER DE LA RESPONSABILITÉ DES ÉLUS
Quatre missions d’enquête, des experts venus d’horizons divers, des projets locaux, des axes de travail multiples, le Schéma régional de développement économique, mis en place par la Région Nord/Pas-de-Calais, a été au centre, la semaine dernière, de riches discussions, lors de la Conférence permanente du SRDE. Élus, syndicalistes, responsables d’entreprises, économistes de l’INSEE et de la Banque de France ont “planché” sur l’économie régionale et dégagé des pistes d’avenir, notamment, autour des outils appropriés et de la Recherche.
Par Pierre Pirierros
PIERRE DE SAINTIGNON,, -président du conseil régional, avait au cours d’une conférence de presse souligné l’intérêt des missions d’enquête, sur “l'intervention publique dans l'économie, la sécurisation des parcours professionnels, la commande publique dans le BTP, le commerce”.
Veille stratégique
Pour Alain Bruneel, élu PCF, président de la commission de développement économique, il s’agit de “créer une instance de veille stratégique qui associerait des entrepreneurs charismatiques qui ont contribué à la richesse économique et sociale de notre région”.
Cette position, les élus communistes la défendent en permanence pour ce Schéma à l’heure où son contenu doit, plus que jamais, “rester un champ ouvert à la conflictualité positive”. , la question de la gouvernance du SRDE est posée et Alain Bruneel de souligner l’aspect fondamental du chemin parcouru depuis 2005 et le principe de gouvernance partagée. “Actuellement, -il, quatre sphères animent ses travaux, le Comité informel, la Conférence permanente, la Conférence annuelle et des groupes techniques qui associent les partenaires sociaux et les intercommunalités à la préparation des travaux. Le champ décisionnel doit rester de la responsabilité des élus, c’est une question de démocratie. Briser cette dynamique partenariale pour satisfaire une volonté individuelle serait une erreur politique majeure qui prononcerait à très court terme l’acte funéraire du SRDE. Vouloir cloisonner sa gouvernance dans un directoire hermétique serait une orientation profondément anti-démocratique et contre productive.”
Échanges
Pour les élus communistes, les échanges constants avec le monde du travail jouent un rôle déterminant dans le Schéma régional de développement économique. Le contrôle des fonds publics versés aux entreprises est une exigence qui, en période de casse de l’emploi, gagne du terrain et pas seulement chez les syndicalistes et les salariés concernés. Décentralisation et développement économique, ces deux expressions accolées l’une à l’autre peuvent engendrer autant d’inégalités que le terme même de développement entend réguler. C’est dans ce contexte que l’expérimentation, comme l’indique la loi de décentralisation, d’un tel Schéma fait l’objet de débats. Marquer un coup d’arrêt à l’entreprise de liquidation des emplois est une ambition tout à fait légitime défendue par les élus et notamment les élus communistes.
Situer la place offensive qu’ont les milieux de la finance est aussi une idée forte car ils n’ont aucun scrupule et montrent leur vrai visage avec leurs salaires (qui ne sont qu’une partie de leurs revenus) en hausse vertigineuse. Devant l’obstination du Medef, très écouté par le gouvernement, il s’agit de créer un rapport de forces décisif. Quels accompagnements publics ? Prise en compte des grandes revendications sur la “sécurité, emploi, formation” ?
Quel est l’impact des fonds publics sur l’économie ? Tout cela est en débat permanent. Aussi, Dany Wallyn, insista sur la lisibilité des activités à développer, “notre économie souffre d’un manque notoire de PME innovantes de dimension suffisante pour pouvoir prétendre à l’accès des marchés internationaux. Notre action volontariste devrait se focaliser avec acuité sur cet enjeu primordial pour l’avenir de notre région.” La question fondamentale est celle de la prise en compte des revendications économiques, sociales, humaines et non pas un alignement sur des politiques qui tournent le dos au chômage, à la précarité et à l’exclusion.
Efficacité sociale
L’ambition doit se situer dans une évaluation des dispositifs d'aides économiques aux entreprises dans un souci d'efficacité sociale et économique en faveur d'un développement équilibré et juste du territoire régional. Associer toute la population ne se fait pas du jour au lendemain et cela peut se comprendre mais l’idée de concrétiser par des actes la défense des services inhérents à la vie de tous les jours rebondit sur un aspect beaucoup plus vaste, celui d’une mobilisation générale contre la vague actuelle de destruction du Service public. Philippe Détrez, au nom de la CGT, intervient sur la Santé et la qualité des soins ; la gestion comptable des dépenses de santé est inadmissible. “La prévention, l’accès aux soins, la santé sont des points cruciaux, vecteurs de revendications fondamentales.” La situation sociale est le reflet général de la société, les fermetures d’entreprises concernent tous les secteurs d’activités et toutes les zones géographiques. C’est tout l’avenir qui est posé et cela ne peut laisser personne indifférent.