FAURECIA AUCHEL-GRÈVE POUR LE MAINTIEN DES POSTES DE TRAVAIL
FAURECIA AUCHEL
GRÈVE DE PRÉVENTION
POUR LE MAINTIEN
DES POSTES DE TRAVAIL
Par Pierre Pirierros
LA liquidation de Cadence Innovation, à Noeux-les-Mines, entraîne de légitimes inquiétudes quant à la pérennité des postes de travail et des unités de production. Les délocalisations, notamment dans les pays de l’Est, mais pas seulement, touchent tous les secteurs d’activités et surtout les équipementiers automobiles. Le 24 juin dernier, d’importants débrayages étaient observés massivement à Faurecia Auchel, à l’appel de la CGT et de FO. Principal motif de colère, les conséquences futures quant au maintien des 535 emplois de l’usine qui travaille pour Toyota, Volvo et Renault et produit des planches de tableaux de bord et des panneaux de porte. Conséquences liées à un plan social en cours et la fin d’un important contrat avec des constructeurs automobiles. Ces commandes passent par des contrats précis et ont comme date butoir 2010. C’est-à-dire demain, d’où la grève de prévention pour exiger des garanties pour l’avenir. Un autre contrat court jusqu’en 2012. Mais les diminutions d’emplois et les plans sociaux sont des pratiques courantes chez Faurecia, que ce soit à Auchel, Marles-les-Mines, Brebières ou Hénin-Beaumont pour le Pas-de-Calais mais d’autres unités dans d’autres régions sont touchées également. L'équipementier automobile Faurecia va ainsi supprimer entre 200 et 300 emplois sur son site de Flers, dans l’Orne, d'ici 2010, en raison "d'une dégradation de l'environnement global du marché automobile et de difficultés financières".
Ces suppressions d'emplois interviendront dans le cadre du regroupement des trois sites actuels situés autour de Flers (en un seul), en cours de construction, dans un campus industriel baptisé Mécapolis et qui ouvrira en octobre 2008. "L'environnement global du marché automobile s'est considérablement dégradé : baisse des volumes en Europe de l'ouest; graves difficultés, voire disparition de certains équipementiers et fournisseurs ; pertes financières” voilà les prétextes avancés par la direction.
Plan de modernisation ?
Sous couvert d’un plan de modernisation à Faurecia, la direction programme la réduction d’effectifs pour les trois usines et ce pour les trois ans à venir. Mais l’on sait bien que toute chronologie a des effets pervers sur l’emploi. La direction ne parle pas de suppressions de postes de travail mais seulement de réduction, où est la différence ? Les salariés et les syndicalistes de la CGT savent qu’on ne peut jouer impunément avec les mots, car ils expriment, hélas, une situation sociale donnée. En l’occurence, des pertes d’emploi pour les trois sites. Récemment, les délégués de la CGT mettaient en garde les personnels par rapport à ces réductions d’emplois en raison d’une réorganisation de la production. À Méru, dans l’Oise, la direction annonce toujours différents dispositifs amenant à cette réorganisation, ce que dénoncent les syndicalistes de la CGT.
L'équipementier automobile Faurecia Industries annonçait, en juillet 2006, qu'il prévoyait de supprimer 232 postes sur son site d'Hénin- Beaumont qui compte 700 salariés. Le site produit des planches de bord pour les constructeurs automobiles du nord de la France. A Faurecia Hénin-Beaumont, dit la CGT, personne n’est à l’abri d’une suppression de postes, cela avait commencé avec les intérimaires, puis la direction a fait appel “aux départs volontaires”, aujourd’hui, c’est un dégraissage de plus de 230 emplois. Quand les profits arrivent, c’est pour tout le groupe mais lorsque les commandes baissent, ce sont les filiales qui trinquent. L’ambiance est particulière dans l’usine, quand on dérange, c’est la guillotine. Quelle est la durée de vie de l’unité d’Hénin-Beaumont ? Le flou est entretenu et des productions entières partent pour d’autres sites. Des propositions sont faites mais les cellules de reclassement “tablent” sur un bassin d’emploi en bonne santé. Là aussi, tout est fait pour culpabiliser les travailleurs. Le “plan de sauvegarde de l’emploi” est lancé et les salariés dits en “mesure d’âge” ne sont pas remplacés ainsi que les intérimaires.
Domaines spécialisés
Faurecia possède de multiples branches spécialisées dans des domaines bien précis, pare chocs, intérieurs, échappement. Les délocalisations sont un langage tenu également par les directions de ces branches. Aujourd’hui, le Nord/Pasde- Calais est confronté à une redistribution des cartes chez quasiment tous les équipementiers automobiles et les activités sous-traitantes, Faurecia, Bosal, Plastic Omnium. Des “grands noms” des équipementiers automobiles taillent de plus en plus dans leurs effectifs, en France mais pas seulement, et ils ne se limitent plus aux intérimaires, ils suppriment aussi des CDI. En dénonçant tout ce qui s’est passé lors de la récente casse de l'emploi à Cadence Innovation et à Delphi (dans le Douaisis), la CGT lance un signal d’alarme et est catégorique : “Les donneurs d’ordre font la pluie et le beau temps, ils sont propriétaires, actionnaires principaux et commanditaires des unités qu’ils dirigent non seulement en France, mais à une échelle mondiale.”
ALLOCATION CHÔMAGE
UNE REVALORISATION BIEN LOIN DU COMPTE
POUR LES PRIVÉS D’EMPLOI
LES allocations chômage seront revalorisées de 2,5 % à compter du 1er juillet 2008. Un chiffre bien inférieur à l’inflation prévue pour cette année (3,2 %) et nettement insuffisant au regard de la situation des privés d’emploi. Afin de permettre aux privés d’emploi de vivre dans des conditions décentes et de leur donner les moyens d’assumer le coût important d’une recherche d’emploi, la CGT a revendiqué au cours du Conseil d’administration de l’Unedic qui s’est tenu hier une revalorisation forte des allocations chômage à hauteur de 6 %. Pour les privés d’emploi, le niveau d’allocation dépasse en effet à peine les 1 000 euros mensuels. Un allocataire Assedic sur trois perçoit une allocation mensuelle inférieure à 823 euros et se situe donc en dessous du seuil de pauvreté, la moitié des allocataires perçoivent une allocation inférieure à 924 euros. Est-il encore besoin de le rappeler, nous traversons à l’heure actuelle une crise sociale très grave et sans doute malheureusement durable : nous devrions en effet connaître cette année une croissance en berne, tous les indicateurs économiques ont viré au rouge, le débat sur le pouvoir d’achat s’amplifie (une enquête de la Dares publiée le 20 juin nous indique que les Français ont ainsi perdu 0,5 point de pouvoir d’achat depuis un an). De plus, en raison de la forte hausse des prix alimentaires et des prix énergétiques, l’inflation devrait atteindre selon l’Insee cette année le chiffre record de 3,2 %, un niveau jamais égalé en France depuis 1991.
De fait, le gouvernement a récemment dû procéder à deux réajustements du Smic (+2,3 % en mai 2008 ; +0,9 % en juillet). Al’issue de diverses suspensions de séances, suspensions à l’issue desquelles la CGT a constamment maintenu ses exigences d’une revalorisation de 6% ; le patronat a mis au vote une proposition de 2,5%, proposition sur laquelle les syndicats se sont abstenus et qui a été finalement adoptée avec les voix du collège employeurs (Medef, CGPME, UPA).
Pour la CGT, cette revalorisation est nettement insuffisante au regard des besoins des privés d’emploi. Contrairement à ce que prétend le Medef, une revalorisation forte n’aurait en rien mis en danger les comptes de l’assurance-chômage qui se sont améliorés. De plus, alors que le résultat de gestion technique de l’Unedic s’est élevé à 5,5 milliards d’euros en 2007, qu’un excédent de 940 millions d’euros a été dégagé en janvier dernier, et qu’un excédent de 4,6 milliards d’euros devrait être obtenu en 2008, il est hors de question comme l’envisage actuellement le gouvernement d’affecter ces recettes au renflouement des caisses de retraites. Les cotisations pour le chômage doivent aller à l’assurance- chômage et les recettes générées doivent être pour le moins affectées à un financement plus important des prestations de retour à l’emploi et à une meilleure indemnisation des privés d’emploi qui peinent dans leur immense majorité à joindre les deux bouts.