LIBERTE 62 - AUGMENTER LES SALAIRES TOUT DE SUITE

Publié le par Liberté 62



AUGMENTER LES SALAIRES TOUT DE SUITE

 

 

Le PCF appelle à manifester samedi 27 septembre du MEDEF à lʼElysée pour exiger la hausse du pouvoir dʼachat ce qui passe par une augmentation des salaires, pensions et allocations.

 

Par Jean-Michel Humez


LE mot dʼordre “Travailler plus pour gagner plus” sur lequel Nicolas Sarkozy a bâti une partie de son succès électoral a fait long feu. Cʼest que cinq cents jours après son entrée à lʼElysée, il nʼy a pas lʼombre dʼun gain supplémentaire de salaire pour le plus grand nombre mais une dégradation du pouvoir dʼachat. Pendant ce temps, les plus riches, eux, nʼont pas à se plaindre de la politique du “toujours plus pour ceux qui en ont le plus”. Ce nʼest pas en travaillant plus que lʼon sʼenrichit dans la France de Sarkozy. Cʼest en profitant de son patrimoine, de ses rentes, de ses relations familiales, de ses amitiés entre monde de la finance et monde de la politique...

Dans notre pays, les patrons des grandes sociétés sont les mieux payés dʼEurope, avec une rémunération annuelle moyenne de près de 6 millions dʼeuros, dont 1,25 millions constitués par le salaire, le reste venant de stocks-options. Pour eux, il nʼest jamais question de remettre en cause leurs augmentations salariales, ni de les rendre responsables lorsque leur entreprise affiche de mauvais résultats. Souvent, ils partent même avec une“retraite-chapeau”.

Les mesures “dʼassistanat pour les riches” se retournent contre lamajorité de nos concitoyens qui doivent payer lʼaddition, tout en faisant face à la hausse des prix du logement, de lʼénergie et des denrées alimentaires. Pendant que certains bénéficient de baisses dʼimpôts sans précédent avec le “bouclier fiscal”, nombre de compatriotes souffrent des déremboursements de lʼassurance-maladie que le gouvernement a aggravé avec les franchises médicales entrées en vigueur au 1er janvier dernier.

Le prétexte des 35 heures, démenti par les chiffres, ne peut cacher indéfiniment lʼincapacité depuis 6 ans à sortir des difficultés sociales et économiques, les salariés, les retraités, les handicapés, et plus largement les ménages aux revenus moyens ou modestes. Si lʼon compare la période 1997-2002 et la période 2003-2008, le résultat est sans appel. Sous les gouvernements de gauche, lʼaugmentation annuelle du pouvoir dʼachat sʼest maintenue autour de 3 % par an en moyenne alors même que se mettaient en place les 35 heures et que le déficit public tendait à se résorber. Depuis 2002, vous nʼavez jamais été capable dʼen faire autant.

Lʼaugmentation du pouvoir dʼachat est même tombée en dessous de 1%en 2003 pour sʼeffondrer à 0,4 % en 2006. Et cela ne représente quʼune moyenne pour lʼensemble des salariés. En janvier 2008, lʼINSEE relevait que les augmentations de pouvoir dʼachat ne concernent que les cadres et professions intermédiaires.Pour les employés, cʼest la stagnation. Et pour les ouvriers, cʼest une baisse qui est constatée.

Compte tenu du temps partiel imposé, 30 % des salariés gagnent moins de 956 euros net par mois pour les hommes et 617 euros pour les femmes. 50 % des salariés gagnent moins de 1 368 net par mois pour les hommes et 1 115 euros pour les femmes. Voilà la réalité des salaires dans la France de 2008.

La situation des quelque 1,6 millions de salariés employés par les particuliers, au titre des emplois dʼaides à la personne que vous encouragez fiscalement et socialement, nʼest guère plus enviable. Il sʼagit presque exclusivement, à plus de 90 %, de femmes salariées comme garde dʼenfants, aide à domicile, etc.... Celles-ci sont obligées de cavaler entre plusieurs employeurs en cumulant plusieurs emplois, pour gagner au final des clopinettes.

 

Les retraités se serrent aussi la ceinture

 

Les retraités, notamment ceux qui perçoivent des petites pensions et qui sont directement touchés par les hausses de prix actuelles et la stagnation des aides sociales sont également les victimes de la politique gouvernementale sur le pouvoir dʼachat. Désormais la revalorisation des pensions ne suit plus le taux dʼinflation du niveau général des prix.

Quant au minimum-vieillesse, il est toujours chichement compté. Rappelons quʼen France, ce sont environ 600 000 personnes âgées qui vivent du minimum vieillesse dʼun montant de 633 eurosmensuels pour une personne seule, et de 1 140 euros mensuels pour un couple. Les beaux discours de la campagne électorale présidentielle qui promettaient dʼaugmenter les petites retraites à 75 % du SMIC net ont été remis au placard.

Si lʼinflation moyenne reste limitée, cʼest surtout dû à la baisse de certains produits manufacturés qui ne sont pas vraiment de première nécessité. En revanche, les produits alimentaires et particulièrement les produits frais ont battu des records, sans compter le renchérissement du prix de lʼénergie. Informatique, téléphonie, appareils photos ne se mettent pas sur la table trois fois par jour et ne permettent ni de se loger ni de se chauffer.

Le gouvernement ne propose rien pour compenser cette inflation qui touche les plusmodestes. Enmatière de logement, depuis 6 ans les gouvernements sʼen sont tenus à bloquer les APL. La première augmentation depuis 2002 a été faite seulement en 2005, ne rattrapant pas le retard accumulé pendant les 3 années précédentes.

Le gouvernement sʼaccroche désespérément à lʼidée que lʼenrichissement des plus nantis permet mécaniquement lʼenrichissement de ceux qui ne le sont pas. Cʼest une vieille recette néolibérale qui nʼa jamais fonctionné que dans lʼesprit obtus des droites les plus conservatrices.Ces politiques fonctionnent dʼautant moins aujourd ʼhui que les surplus financiers des plus riches alimentent directement la spéculation boursière internationale beaucoup plus rentable que les investissements productifs, ainsi quʼun gaspillage de consommations de luxe, néfastes pour lʼenvironnement et les ressources de notre planète. Le décalage est énorme entre le luxe ostentatoire exhibé par certains, à commencer par le Président de la République, et le vécu du grand nombre de nos compatriotes.

En cette rentrée sociale, tout le monde note les préoccupations mais surtout le mécontentement des salariés qui, comme le montrent les sondages, sont désormais unemajorité à placer la question du pouvoir dʼachat en tête de leurs préoccupations. Ce samedi 27 septembre le PCF donne lʼoccasion aux salariés, aux retraités de passer de la grogne sociale à une démonstration de force qui pourrait être une première faille dans la fatalité de la crise et dans le sentiment dʼune certaine impuissance face à la machine infernale de Nicolas Sarkozy.

 

 

 

Publicité

Publié dans Politique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article