LIBERTE 62 - JOURNÉE D’ACTION POUR UN TRAVAIL DÉCENT

JOURNÉE D’ACTION POUR UN TRAVAIL DÉCENT
Manifestation intersyndicale le 7 octobre à Lille (rendez-vous, 14H30, porte de Paris)
Toute personne dans le monde doit avoir un emploi lui permettant de mener une vie digne répondant à ses besoins essentiels. Pourtant, les droits fondamentaux des êtres humains continuent à être violés tous les jours, et la misère demeure un fléau planétaire.
POUR faire du droit au travail décent une réalité, une mobilisation mondiale est indispensable ! La CGT relaye cette journée dʼaction avec dʼautres syndicats. Les thèmes suivant sont mis en avant :
Les droits au travail
Les droits fondamentaux de lʼHomme au travail font lʼobjet de conventions de lʼOIT (Organisation Internationale du Travail), reconnues à lʼéchelle mondiale. De lʼinterdiction du travail forcé et du travail des enfants, à la liberté syndicale et le droit à la négociation collective, de nombreux droits devraient être garantis partout dans le monde (protection contre les discriminations, droit à un environnement de travail sain et sûr). Les droits civiques (liberté, démocratie) ou dʼautres droits sociaux (accès à des services publics de qualité) sont aussi des facteurs de progrès pour lesquels agit le syndicalisme.
La solidarité
Des actions concrètes pour permettre à tous dʼavoir les moyens de mener une vie digne sont développées par les organisations syndicales à travers le monde.
Lʼéradication de la pauvreté et des inégalités
Des millions dʼhabitants de notre planète vivent dans la misère. La pauvreté sʼaccroît, même dans les pays développés, et les inégalités prennent des proportions vertigineuses. Rien ne peut justifier lʼécart entre les millions dʼêtre humains qui disposent de moins dʼun dollar par jour et les revenus mirobolants de certains dirigeants dʼentreprises ou les rentes fabuleuses tirées de lʼexploitation des ressources de la planète ou de placements financiers.De tous temps, le syndicalisme a combattu les inégalités. Plus que jamais, le problème se pose à lʼéchelle mondiale. Les organisations syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC et UNSA) sont engagées dans cette journée mondiale pour des emplois de qualité, librement choisis, dotés de garanties de protection sociale, de salaires librement négociés assortis de garanties minimales, et de conditions de travail respectant la santé et la dignité des individus.
AUX PRUD’HOMMES DE LENS : L'AUDIENCE DU 30 SEPTEMBRE REPORTÉE
LES CADRES DE METALEUROP DEVRONT (ENCORE) ATTENDRE MAIS METALEUROP SA, CO-EMPLOYEUR, EN EST BIEN LE RESPONSABLE
Par P.P.
APRÈS maints reports, aux Prudʼhommes de Lens, cʼest une nouvelle date, le 27 juin dernier, qui était fixée aux anciens fondeurs ! Lʼaction engagée par les 600 salariés contre Metaleurop recouvre une motivation, on ne peut, plus solide et solidaire, démontrer que Metaleurop SA (aujourd'hui Recylex) était partie prenante de la liquidation de lʼusine de Noyelles-Godault. Lʼindemnité revendiquée est de 30 000 euros par salarié, ce qui constitue la poursuite dʼune intense mobilisation pour faire plier les actionnaires. Recylex, ex-Groupe Metaleurop SA, a été condamné par les prudhommes de Lens à indemniser comme coemployeur les 495 salariés du collège ouvrier de la société Metaleurop Nord à hauteur de 30.000 euros chacun. "Ils sont partis comme des voleurs il y a cinq ans, sans assumer leur responsabilité sociale et environnementale. Maintenant une décision a été prise, il faut qu'ils assument", souligne, Farid Ramou, ancien secrétaire du syndicat CGT et président de l'association des anciens salariés "Choeurs de fondeurs". Metaleurop SA, dont le premier actionnaire est le groupe suisse Glencore, avait annoncé qu'il ne prendrait en charge ni les frais de licenciement des 830 salariés, ni les dépenses de dépollution pour ne pas compromettre la stabilité financière du groupe. Jamais les anciens fondeurs nʼont baissé les bras.
Iniquité
Aux Prudʼhommes de Lens, les anciens salariés de Metaleurop refusent un "cadeau" indécent de leur ancien employeur : un mois de salaire en tout et pour tout ! Cela se passait en décembre 2006. Le 17 janvier 2003, jour de lʼannonce de la fermeture brutale de Metaleurop Nord, est toujours vécu comme un cataclysme, social, humain, économique, environnemental, dans cette partie de lʼex-Bassin minier déjà durement touché par la crise de lʼemploi. Lʼactualité autour des “Metaleurop” nʼest pas prête de se tarir tant les conséquences des 830 licenciements rejaillissent sur toute la région. Emploi, environnement, reclassement,tout est lié. Plus de 100 années de production de zinc et de plomb laissent des traces profondes dans tout le secteur.
"Libéré"
Il faut dire que les cours du plomb et du zinc, ces métaux non ferreux, grimpent de semaine en semaine à la cotation de Londres, (capitale boursière mondiale pour le plomb et le zinc). Jean-Claude est catégorique, après 33 ans passés à lʼusine de Noyelles-Godault, il se dit libéré après toute une vie passée dans une entreprise aux installations vétustes. Il y a quelque temps, Metaleurop SA ne voulait pas des Prudʼhommes de Lens et voulait choisir une autre ville, éloignée du coeur du conflit mais elle nʼa pas suivie dans ses prétentions faites de hargne et de condescendance.
La cour de cassation a donné raison à la société Metaleurop SA sur le rôle des filiales. Se regrouper : comment jeter les bases de liens sociaux nombreux et diversifiés entre tous les ex-salariés ? Comment être reconnus encore dans tous les domaines qui ne relèvent pas de la compétence du Comité dʼEntreprise et du C.H.S.C.T., tant que ces instances pourront exercer leurs prérogatives?” Les membres de lʼassociation “Choeurs de Fondeurs” ne désarment pas ; la liquidation de lʼusine de Noyelles-Godault nʼest pas prête dʼêtre occultée si facilement. En abandonnant le site, Metaleurop laisse derrière elle une véritable catastrophe sanitaire. Lʼactivité de lʼusine Metaleurop Nord, classée à haut risque (Seveso 2), représentait la plus grosse fonderie dʼEurope.
“Choeurs de Fondeurs” est le nom de lʼassociation qui regroupe les anciens fondeurs et permet, ainsi, de se retrouver après des mois de lutte. L'année 2006 a vu Metaleurop faireson retour à la Bourse. Toute la région a vécu ce drame social comme une provocation, une de plus ! La rentabilité financière, une fois de plus, est lʼargument massue, incommensurable. Lʼindustrie métallurgique est sous la tutelle des marchés financiers qui imposent une pression permanente pour toujours plus de compétitivité. La fermeture de Metaleurop à Noyelles-Godault était programmée de longue date, dans le plus grand secret. La cotation, elle, se fait au grand jour. Pour la plus grande joie des spéculateurs et du monde de la finance. Le 17 janvier 2003, cʼétait hier mais il est vécu tous les jours par des centaines de travailleurs qui, en un seul instant, ont tout perdu. Les fossoyeurs, eux, retournent à la Bourse.
Désengagement
Lʼaffaire Metaleurop montre bien quʼun groupe puissant comme Glencore peut sʼarroger le droit de se désengager dʼun site sans que lʼÉtat ni lʼEurope ne bronchent. Des dizaines dʼentreprises sous-traitantes ont disparu dans cette tourmente. Des déclarations pompeuses de toutes parts ont inondé les médias, aussitôt démenties le lendemain parles faits eux-mêmes. Les députés communistes nʼont cessé de réclamer une commission d'enquête parlementaire chargée d'examiner les causes et les conséquences de la décision de fermeture du site de Noyelles-Godault prise unilatéralement par le groupe industriel Métaleurop ainsi que les responsabilités sociales et financières qu'il lui appartient d'assumer !
Lʼavocat des salariés, serein, a rassemblé un volumineux dossier comprenant pas moins de 1000 documents représentant une soixantaine de pages. Toute une vie dans ces 1000 documents, la métaphore peut amener aussi “1000 documents pour la vie !” Le combat juridique recoupe, lui, plus généralement, celui du combat du pot de terre contre le pot de fer. Un combat qui fait dire aux anciens salariés que Metaleurop veut définitivement tourner la page et quʼil veut à tout prix se débarrasser de lʼimage de fossoyeur de lʼemploi. Mais voilà, la décision des juges prud ʼhomaux de Lens de condamner la maison mère est à saluer comme telle, bien sûr, pour les 495 salariés concernés mais aussi pour tout le monde du travail puisque la décision va - sans aucun doute - faire jurisprudence. Les cadres de Metaleurop ont engagé une procédure parallèle et attendent la décision des juges en décembre prochain. La séance du 30 septembre a été reportée et le dossier se trouve dans les mains du juge départiteur. Nouvelle audience, donc, le 10 décembre à 9 H. Lʼactualité sociale est toujours braquée sur la lutte des salariés de Métaleurop puisqu ʼà Lens, les Prudhommes ont à statuer sur le sort des cadres licenciés. À l'audience du 27 juin dernier pour les salariés ouvriers, une premièrevictoire fait rebondir le combat de toute une corporation. Les salariés cadres, eux, peaufinent, de nouveau, leurs dossiers pour le Conseil de prudʼhommes de Lens. Des centaines de situations, des centaines de dossiers, autant de souffrances et autant de solidarités exemplaires.