LIBERTE 62 - LES COMMUNISTES DÉBATTENT DE LEUR AVENIR...
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LES COMMUNISTES DÉBATTENT DE LEUR AVENIR ET DE LEUR UTILITÉ
Ils vont choisir, entre le texte du Conseil national et deux textes alternatifs, celui qui servira de base commune à la préparation du 34e Congrès. Le vote aura lieu les 29 et 30 octobre.
Par J.M.H.
LES 29 et 30 octobre, ceux des 134 000 adhérents du Parti communiste qui seront à jour de leur cotisation vont pouvoir voter. Ils devront choisir, entre trois textes, celui qui servira de base commune à l
a discussion de leur 34e Congrès, qui se tiendra du 11 au 14 décembre à La Défense. Le 6 septembre, le Conseil national du PCF avait adopté par 88 votes pour, 7 contre et 29 abstentions, le texte intitulé «Vouloir un monde nouveau, le construire au quotidien» quʼil propose comme base commune de discussion.
Comme le stipulent les statuts du PCF, les adhérents avaient cinq semaines pour examiner ce texte. Ceux qui considèrent que le texte adopté par le CN ne peut servir de base de discussion à tout le parti avaient la possibilité de déposer un texte alternatif. Sʼils parvenaient à réunir 200 signatures de membres du PCF venant dʼau moins 10 départements, le texte était validé et soumis au vote des adhérents. À lʼéchéance du 10 octobre, deux textes alternatifs ont ainsi été reçus à la commission de transparence des débats et validés par elle. Lʼun, intitulé « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps », est notamment présenté par Henri Alleg, Emmanuel Dang Tran, le député et maire de Vénissieux André Gerin, le conseiller général dʼAubervilliers Jean-Jacques Karman et Henri Martin. Lʼautre, intitulé « Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme », déclare comme principaux signataires Jacques Lesne de la Seine-Saint-Denis,Hubert Prévaud du Tarn, Jérôme Métellus et Greg Oxley de Paris et Christophe Cambefort de la Haute-Garonne. Le vote aura donc lieu entre le texte proposé par le CN et les deux textes alternatifs.
Un quatrième texte sera pourtant versé au débat des communistes. Pierre Zarka, Roger Martelli, Patrick Braouezec, le député de Saint-Denis, et Catherine Tricot ont en effet déposé un texte, « Continuer lʼengagement communiste. Fonder une nouvelle force politique» et recueilli les signatures nécessaires. Mais ils ne souhaitent pas voir leur texte soumis au vote des communistes. « La base commune nʼen est pas une, explique Pierre Zarka. Elle ne rend pas compte des différentes opinions. Cʼest en retrait sur les précédents congrès.» Pierre Zarka «dénie au congrès toute validité. Présenter un texte alternatif, ce serait entrer dans une logique que nous refusons».
La commission de transparence a néanmoins souhaité que ce texte soit versé au débat. «Pour lʼinformation des communistes, nous voulons que toutes les cartes soient sur la table», explique Hervé Bramy, président de la commission, qui regrette que les auteurs de la proposition de fonder une nouvelle force politique nʼaient pas souhaité soumettre leur texte au vote. Il apparaît évident que Braouzec et les siens ne veulent pas se compter au moment où les adhérents du PCF veulent retrouver une réelle identité pour appliquer une politique véritablement à gauche.
Laisser les communistes continuer le combat du PCF
A Grenay, la semaine dernière Jean- Claude Danglot a vivement réagi à cette décision de la direction nationale d'envoyer aux adhérents le texte des refondateurs. Cela représente un déni de démocratie pour un texte qui nʼa pas été déposé dans le cadre des statuts : "Débattre de différents choix stratégiques, de la forme dʼorganisation, du programme, du projet communiste fait partie de la démocratie et du rôle dʼun congrès. Mais débattre de la création dʼune autre formation politique dans le cadre du congrès et contre lʼavis majoritaire des communistes, cʼest inacceptable !" Le responsable fédéral s'est d'ailleurs réjoui quʼune majorité de communistes ne sʼest pas laissé séduire par les appels à la liquidation. Cela constitue une victoire à laquelle ont participé les communistes du Pas-de-Calais depuis les années 90 ne cessant de dénoncer les orientations stratégiques et lʼabandon des fondamentaux :"Une première victoire, car il ne suffit pas de maintenir le PCF en tant quʼorganisation politique, il faut de nouvelles orientations, un congrès qui ne soit pas du «déjà vu»».
Si à partir du choix majoritaire exprimé par les communistes on peut considérer que les conditions sont créées pour une unité nouvelle du parti, Jean-Claude Danglot considère qu'au regard des assemblées de section qui se sont tenues dernièrement, que le projet de base commune ne correspond pas à lʼattente des communistes, il soulève même quelques inquiétudes comme la création dʼespaces dʼélaboration politique, qui est une autre manière de contourner le PCF. En ce sens, le secrétaire fédéral estime que le texte alternatif signé par Gérin et déjà plus de 600 adhérents va dans le bons sens et il en partage le contenu qui prolonge ceux des derniers congrès. Jean-Claude Danglot appelle les communistes du Pas-de-Calais à participer à la consultation nationale et aux sections pour lʼorganiser.
Cela étant, la consultation dégagera un texte majoritaire qui sera seul soumis au débat du congrès national. Pensant que la Fédération du Pas-de- Calais, de par son apport original au débat national, devait sʼexprimer en tant que telle, il informe l'assemblée d'une motion qui donne des pistes de réflexion et de propositions, à débattre lors des conférences de section, enrichie sʼil le faut sans dépasser son objet initial, celui dʼune motion présentée sur 4 propositions et non dʼun texte.
Une motion fédérale pour impulser le travail des commmunistes du Pas-de-Calais
Cette motion sʼarticule en 4 axes pour agir en permanence afin demettre en échec les projets néfastes de la droite et la faire battre électoralement.
"Mais, construire une alternative au capitalisme ne se limite pas aux victoires électorales de la gauche dans les conditions où celles-ci se trouvent. Les accords électoraux sont nécessaires pour accéder à des responsabilités pour ne pas nous détourner des institutions, lieu de décision, mais ils ne doivent pas semer des illusions et être confondu avec le rassemblement pour changer la société, un rassemblement anticapitaliste bien plus large. La construction de ce rassemblement populaire majoritaire doit être lʼépine dorsale de notre stratégie qui se doit avant tout, sans raccourci, favoriser le débouché politique au capitalisme. La question de lʼexistence du PCF, de son influence nationale et locale se pose dans le cadre de ce rassemblement, pour quʼil bénéficie de lʼexpérience de celui-ci liée à son histoire, à ses valeurs, à ses propositions, à son organisation militante, à son réseau dʼélus. Il ne faut pas nous couper de lʼélectorat de gauche par des positions gauchistes mais il faut aussi avoir le courage de lui dire que son rassemblement populaire, sans lutte, sans projet alternatif au capitalisme tel que le socialisme, sans redressement du courant révolutionnaire quʼincarne le PCF, la gauche peut gagner des élections, mais faute de changement elle sera battue à nouveau par la droite" souligne Jean-Claude Danglot.
Cette motion comprend également 8 objectifs, dont celui de tenir une conférence fédérale à lʼautomne 2008 consacrée à la vie de notre Fédération, de nos sections. La conférence fédérale de Divion, les conférences de sections qui doivent se dérouler en Novembre, doivent être déjà une étape vers cet objectif. Il s'agit également de revenir à des stages de formation de nos militants et en particulier de nos jeunes qui ont peu de repère idéologique, théorique.
Toujours dans le domaine du parti, il importe que la Fédération, les sections se préoccupent du développement de la Jeunesse communiste. De même le plan de travail élaboré en Septembre doit suivre son rythme avec des actions quʼils faut prolonger, développer.
Les questions liées à lʼEducation nationale sont prioritaires, dʼautant que dans ce domaine vital pour lʼavenir de notre jeunesse, notre région est maltraitée. Après la manifestation nationale du 27 septembre sur le pouvoir d'achat, il faut rebondir sur cette préoccupation première des Français dʼautant que la crise aura ses prolongements sur les salaires et les retraites, voire les impôts... Il y a également les questions liées aux services publics. EDF, Transports et dans lʼimmédiat la Poste avec le projet de privatisation. Dans ce contexte où la mode nʼest plus à vanter le mérite des privatisations, Sarkozy semble avoir pris la décision de repousser ce projet mais il faut accentuer la mobilisation.
Alors que le chômage repart à la hausse en France et dans notre département, lʼindustrie continue à souffrir. La filière automobile est particulièrement menacée avec des sites entiers qui risquent dʼêtre rayés de la carte de notre département, ce qui nécessite de développer l'action. Pour terminer, la motion avance quelques priorités que les communistes du Pas-de-Calais vont rapidement se saisir à bras-le-corps comme l'indiquent les prises de parole qui ont suivi le rapport fédéral.
EXTRAITS DES TROIS TEXTES PROPOSÉS AU VOTE DES COMMUNISTES
« VOULOIR UNMONDE NOUVEAU, LE CONSTRUIRE AUQUOTIDIEN »
Base commune proposée par le Conseil national
LE texte adopté par le Conseil national du PCF fonde la nécessité dʼengager des transformations du projet et de lʼorganisation communistes sur lʼidée que nous vivons « une nouvelle époque, un autre monde », une « mutation de civilisation » qui « change très profondément les conditions du combat ». Révolution informationnelle, nouvelle phase de la mondialisation capitaliste, crise des modes de développement, crise écologique, état du monde marqué par de nouvelles conflictualités rendent nécessaires et possibles « un autre mode de développement » et « une autre conception du développement humain ». Le texte ouvre la voie dʼun nouveau projet politique de changement fondé sur la démocratie, lʼintervention citoyenne, et lʼunité des exploités et des dominés. Nouveau mode de développement rompant avec le productivisme, démocratie participative, refondation de lʼEurope sont au coeur du projet proposé.
Le PCF doit à la fois « mettre en débat les grandes transformations nécessaires » et « se donner les moyens politiques de leur réalisation ». Il sʼagit de « favoriser de nouvelles dynamiques populaires » en amplifiant les ripostes et en impulsant des constructions majoritaires pour le changement. Cette démarche suppose « une construction populaire permanente », une « construction unitaire permanente » avec des « fronts, des alliances », « la volonté continûment affichée dʼinscrire ces constructions dans le cadre dʼune transformation durable de la société et du monde ». Lʼobjectif est de construire un « front progressiste et citoyen » liant cette dynamique citoyenne et la réalisation dʼune union des forces politiques de gauche pour construire une majorité de changement. Dans ces conditions, et avec ces ambitions, il faut « repenser lʼavenir du PCF », dit le texte : « Il faut nous révolutionner pour construire, à partir du meilleur de ce que nous sommes, une force porteuse dʼavenir, identifiée à un projet dʼémancipation du XXIe siècle ». Le choix que propose le Conseil national est « dʼengager de profondes transformations du PCF », une démarche qui lui semble « plus féconde que celle de la recherche de la constitution dʼun autre parti aux contours incertains».
« RENFORCER LE PCF, RENOUER AVEC LE MARXISME »
Texte alternatif proposé notamment par Jérôme Métellus et Greg Oxley
DANS ce texte se référant souvent aux expériences politiques menées en Amérique latine, les contributeurs notent que « la crise profonde du capitalisme ouvre de grandes perspectives au PCF». Mais pour les rendre réalisables il faut « absolument (...) rompre avec la politique insipide du réformisme antilibéral et renouer avec les traditions militantes et révolutionnaires du passé ». Le texte regrette par ailleurs « la dilution progressive » du programme du PCF et « la participation de la direction » au gouvernement Jospin entre 1997 et 2002. Sʼil est admis que les communistes « doivent participer à toutes les luttes qui sʼengagent contre les inégalités », à la différence des réformistes ils doivent garder pour objectif « le renversement du capitalisme, cʼest-à-dire la nationalisation des banques et de la grande industrie », le tout sous « le contrôle démocratique des salariés eux mêmes ». Dans tous les cas, « le redressement du PCF passe nécessairement par un retour aux idées fondamentales du marxisme ».
Les auteurs consacrent un chapitre entier de leur contribution à la question. « Tous les communistes devraient (...) sʼefforcer de comprendre le marxisme, à commencer par les classiques de Marx et Engels ». Selon eux, « le programme révolutionnaire » dont doit se doter le PCF devra « sʼappuyer sur "avant-garde" qui est composée des éléments les plus conscients et les plus actifs », afin de lui faire « prendre profondément racine dans lʼensemble de la classe ouvrière ». Par ailleurs, le déclin du Parti communiste, sʼil est le fait « des erreurs et des égarements » de la dernière période, ne saurait être « irréversible ». « Nous rejetons catégoriquement les arguments de ceux qui voient dans les difficultés de la dernière période les signes dʼun déclin historique », préviennent les auteurs. « Lʼidée dʼune dissolution du parti ou de sa transformation en "autre chose" doit être définitivement et fermement écartée». Concernant les alliances, sʼils refusent « dʼexclure dʼavance toute participation gouvernementale », les auteurs la conditionnent à « des mesures décisives pour briser le pouvoir des capitalistes et améliorer sérieusement les conditions de vie de la majorité ».
« FAIRE VIVRE ET RENFORCER LE PCF, UNE EXIGENCE DENOTRE TEMPS »
Texte alternatif proposé notamment par André Gerin et Jean-Jacques Karman
POUR les signataires de ce texte, la base commune proposée par la direction poursuit la stratégie qui a conduit à lʼaffaiblissement du PCF. « Elle ne propose aucune rupture avec le système capitaliste et abandonne toute perspective révolutionnaire, transformant le PCF en coquille vide. «La mondialisation nʼest quʼune aggravation de lʼimpérialisme » et « montre que le socialisme comme perspective politique et le marxisme nʼont jamais été autant dʼactualité ». Le texte appelle à « se libérer du carcan de lʼUnion européenne ». Lʼurgence est de « construire et renforcer les résistances et rassembler les exploités ». Il est reproché à la direction du PCF de ne pas assumer ses responsabilités, dans lʼéchec de la gauche plurielle comme dans celui du rassemblement antilibéral. Il souligne que « le PCF doit retrouver sa fonction tribunicienne, appeler à repenser la révolution », « conquérir des pouvoirs économiques, financiers et médiatiques, face aux dogmes de la pensée libérale ». Le PCF doit rompre avec une stratégie qui consiste à « préparer en 2012 une nouvelle alternance électorale derrière le PS », et mettre en oeuvre « un rassemblement populaire » de « rupture avec le capitalisme ». Lʼessentiel du propos est consacré au Parti communiste dont il faut « assumer lʼhistoire » et « continuer le combat ». Le texte détaille l' «apport incomparable » du PCF depuis sa création en 1920. Seule note critique dans lʼhistoire communiste, « la mutation, puis les collectifs antilibéraux » : la direction a voulu rompre « avec lʼhistoire communiste et le marxisme ». Ce qui explique « lʼémiettement des communistes » laissés « sans armes idéologiques et sans organisation ».
Il sʼagit donc aujourdʼhui de renouveler le choix de 1920 dans les conditions du XXIe siècle. Le texte propose donc de reconstruire lʼorganisation du PCF à partir de cellules dans les quartiers populaires et les entreprises, et de redonner aux militants une formation idéologique leur permettant dʼagir. Le PCF doit développer une analyse marxiste et reconquérir idéologiquement les classes populaires, redevenir un parti dʼopposition et de luttes. Il faut redonner au PCF son indépendance en refusant lʼhégémonie du PS ou la dilution dans la gauche de la gauche.
MOTION DES COMMUNISTES DU PAS-DE-CALAIS
POUR UNE TRANSFORMATION RÉVOLUTIONNAIRE DU PCF
LA bataille des idées menée par les communistes du Pas-de-Calais depuis les années 90 contre les dérives stratégiques et organisationnelles, lʼabandon des fondamentaux du PCF nʼa pas été vaine. Avec les 1.9% aux dernières élections présidentielles on pouvait craindre le pire pour lʼexistence du PCF. Or, une majorité de communistes ne sʼest pas laissée séduire par les appels à la liquidation et sʼest prononcée pour le maintien du PCF à lʼAssemblée Générale de Décembre 2007. Cʼest une première victoire que nous partageons avec un grand nombre de communistes de France. Cette majorité préfigure une unité nouvelle du parti.
Unis, nous devons lʼêtre pour rompre avec une stratégie dʼéchec. Unis, nous devons lʼêtre pour en finir avec des orientations qui privilégient à tout prix les alliances gouvernementales et qui nous placent en toutes circonstances sous la dépendance du PS. Unis nous devons lʼêtre pour réfléchir comment sortir du chemin mortifère de lʼaménagement du capitalisme, pour imaginer des actions qui conduisent le peuple de France à transformer la société.
Lʼheure nʼest donc plus à vouloir prouver lʼéchec des orientations nationales de ces dernières années qui, de toute évidence, nous ont conduits au plan national à la marginalisation qui favorise aujourdʼhui le bipartisme. Nous considérons quʼune nouvelle base de rassemblement existe pour une transformation révolutionnaire du PCF qui corresponde aux enjeux actuels. Un texte alternatif, quel que soient ses bons résultats obtenus lors de la consultation des adhérents, serait réducteur de lʼétendue du mécontentement et des attentes. Cette motion est une contribution au débat national et un appel à tous les communistes acquis au maintien du PCF, afin quʼils ne se contentent pas de cette avancée et refusent de signer un chèque en blanc à la nouvelle direction.
En lʼétat actuel, la base dite commune nʼoffre aucune garantie de changement dʼorientation et nous inquiète sous certains aspects. Faite de questionnements et de recherche, elle nʼapporte rien de nouveau au passé récent au contraire, elle propose du déjà vu et échoué, la création par exemple dʼespaces de débat et dʼélaboration politique en dehors du parti. Le 34ème Congrès doit dire clairement « non » à une stratégie de dilution du PCF.
Nous devons tirer les leçons des expériences menées depuis 1981 pour ne pas recommencer ce qui a échoué et qui a fait tant de mal au monde du travail, à la France. Si la majorité des communistes veut garder le PCF, cʼest pour décider dʼun projet et dʼune stratégie communiste. Il y a les fondamentaux : lʼexploitation de la force de travail – salaire, prix et profits, les conflits de classe à lʼéchelle locale et à lʼéchelle mondiale. Le Capital de Marx nʼa rien perdu de sa pertinence notamment, si on fait le lien entre la théorie Marxiste sur lʼaccumulation et suraccumulation du capital et la situation de crise financière actuelle. Au lieu de cela, nous constatons la plus grande confusion des idées au sein du parti ainsi que chez des dizaines de milliers de communistes qui lʼont quitté.
4 AXES DE RÉFLEXION ET DE PROPOSITIONS
1) Renouons avec la bataille idéologique et redonnons de la cohérence théorique à notre réflexion pour lʼefficacité politique
Affirmons quʼil est possible, dans un pays capitaliste développé comme la France, de présenter le communisme comme une perspective pour sortir de la gangrène planétaire dʼun capitalisme cynique et sans pitié, de lʼimpérialisme de la finance en pleine crise et qui nous entraîne dans une récession. Affirmons plus que jamais que ce capitalisme qui porte le désastre relève de la préhistoire de lʼHumanité. Quelle est la morale et la justification dʼun système mondial dont le seul objectif est de se préoccuper de la finance et non des Hommes ? Observons ce qui bouge dans le monde : des peuples résistent et explorent des voies originales dʼalternative au capitalisme. Les valeurs et les idéaux du socialisme, du communisme sont renaissants. Soyons en phase dans notre démarche politique avec cette évolution planétaire qui ouvre des perspectives nouvelles.
2) Renouons avec la Solidarité internationale et notre combat pour la paix et le désarmement
Ce sont deux aspects structurants et identitaires de lʼHistoire du PCF. Renouons avec lʼInternationalisme qui ne se limite pas à une vue sélective des relations avec les Partis communistes et progressistes. Beaucoup dans ce monde écrasé, humilié par lʼimpérialisme à commencer par Cuba, ont un regard sur le PCF, qui par son histoire, a un rôle particulier à jouer pour développer la Solidarité Internationale, pour mener des luttes unitaires, coordonner les réflexions des uns et des autres, créer une alternative au capitalisme.
Au lieu de sʼenfermer dans une petite gauche européenne plus ou moins réformiste, le PCF devrait également être le fer de lance en Europe de la coordination des mouvements de résistance à lʼEurope du capital, pour rompre avec la construction dʼune Europe supranationale et fédérale, reconquérir la souveraineté nationale et impulser les luttes sociales et démocratiques. La lutte pour la Paix et le désarmement nʼest plus suffisamment au coeur de notre action. Lʼalignement de lʼEurope sur les Etats-Unis renforcée par lʼadhésion de pays de lʼEst, a conduit certains Etats à sʼengager dans la guerre en Irak. Aujourdʼhui, cʼest la France de Sarkozy qui prend le relais en Afghanistan. Des tensions dangereuses se multiplient aux frontières de lʼEst de lʼEurope sous lʼingérence des Etats-Unis. Il faut rassembler les forces de paix, reprendre des initiatives dʼenvergure, exiger que lʼEurope et la France se retirent de lʼOTAN.
3) Tournons la page dʼune stratégie dʼalternance à court terme
Depuis des années, la stratégie du PCF repose sur le court terme : lʼalternance et la participation de ministres communistes au « gouvernement ». Alors que cette stratégie a fait des dégâts, la base commune du 34ème congrès et les actes de la direction du parti (comité de liaison permanent de la gauche...) privilégient à nouveau le court terme : les échéances de 2012. Il ne sʼagit pas de minimiser ces échéances dʼautant plus que notre peuple souffre de la politique de Sarkozy et de son gouvernement. Nous devons agir en permanence pour mettre en échec les projets néfastes de la droite et la faire battre électoralement. Mais construire une alternative au capitalisme ne se limite pas aux victoires électorales de la gauche dʼautant que le PS est hégémonique et revendique son « libéralisme assumé ». Les accords électoraux sont nécessaires pour accéder à des responsabilités électives (à condition de préserver notre autonomie), mais ils ne doivent pas semer des illusions et être confondus avec le rassemblement pour changer la société. Une alliance électorale nʼest pas forcément un engagement de participation à un exécutif (exemple : Région Nord-Pas-de-Calais). La construction de ce rassemblement populaire majoritaire doit être lʼépine dorsale de notre stratégie qui doit avant tout, sans raccourci, favoriser le débouché politique au capitalisme. La question de lʼexistence du PCF, de son influence nationale, se pose dans le cadre de ce rassemblement. Ce rassemblement doit profiter de lʼexpérience de notre Parti qui a forgé son histoire, ses valeurs, ses propositions, son organisation militante, son réseau dʼélus confrontés aux institutions et ses rapports avec la population.
4) Cinq Chantiers pour reconstruire le PCF
Même affaiblies, les pratiques militantes demeurent importantes et originales au PCF. Elles lui ont permis, malgré son effondrement électoral, de survivre et de préserver encore de nombreux ancrages électoraux. Mais le militantisme se nourrit de valeurs partagées, de résultats, dʼencouragement, du sentiment dʼêtre utile. Combien de temps cela va-t-il encore durer sʼil nʼy a pas un déclic national capable de redonner une dimension nationale au PCF, une crédibilité ? On a trop fait porter le chapeau de lʼéchec à lʼorganisation communiste, à ses pratiques militantes. Certes, celles-ci méritent dʼévoluer, de se moderniser, mais toutes les enquêtes dʼopinions attestent que ce que les gens apprécient encore au PCF, cʼest le dévouement de ses militants, leurs actions de proximité, la sincérité de leur engagement.
Sans opposer lʼun à lʼautre, sʼil y a nécessité de faire fructifier ce bien précieux, de faire lʼinventaire dans chaque fédération, chaque section de son état dʼorganisation, de son activité, de se fixer des objectifs de conquêtes et reconquêtes organisationnelles, électorales, il y a surtout urgence au 34ème congrès de redéfinir des nouvelles orientations nationales. Il y a urgence à proposer aux français une orientation claire et nette, une stratégie cohérente et un P.C.F qui retrouve son autonomie et ses couleurs dans une expression publique claire ; Cela permettra à des millions de salariés de trouver leur point dʼaccroche avec nous, de comprendre où nous voulons aller, de partager le sens de notre combat. Nombreux sont les jeunes qui sont prêts à nous rejoindre, nombreux sont celles et ceux en attente dʼun engagement militant, dʼune réadhésion au PCF.
| IL N'EST DONC PLUS POSSIBLE DE REFAIRE UN CONGRÈS COMME NOUS LE FAISONS HABITUELLEMENT Lʼunité du parti peut se réaliser sur un processus au prochain congrès sans précédent dans notre histoire fondé sur 5 chantiers. Engagement des communistes dans un processus de transformation et de reconstruction du PCF. Elaboration dʼun projet communiste et de propositions immédiates crédibles comme celles des nécessaires nationalisations. Production dʼune stratégie de reconquête et de rassemblement des classes populaires. Proposition dʼune charte des principes fondamentaux du PCF (Marxisme, Socialisme, Nationalisation...). Élection dʼune nouvelle direction rassemblant toutes les sensibilités qui sʼexpriment au sein du parti, chargée dʼimpulser la mise en oeuvre des 5 chantiers, capable dʼimpulser de grandes campagnes nationales dʼactions, privilégiant le lien permanent avec les Fédérations. |
| LES HUIT PRIORITÉS DES COMMUNISTES DU PAS-DE-CALAIS Aider les résistances populaires à grandir : action sur lʼécole, le pouvoir dʼachat... Développer notre action contre la privatisation de La Poste Lancer une grande campagne sur lʼautomobile et lʼemploi industriel dans notre région Aider au développement de la Jeunesse Communiste Engager une grande campagne de formation des militants Relancer une fête fédérale en mai 2009 Mobiliser lʼensemble du parti dès janvier sur la campagne des élections européennes de juin 2009. A ce propos nous avons un défi particulier à relever avec Jacky Hénin comme député sortant. Nous aurons lʼoccasion à notre Conférence de rebondir sur les enjeux de ces élections et le contenu à donner à notre campagne. Organiser fin 2009, un Congrès Départemental faisant le point sur la vie et le fonctionnement du Parti dans les sections du Département |