LIBERTE 62 - LES ARTS PLASTIQUES LA RÉSISTANCE DES PEUPLES

Publié le par Liberté 62

PEINTURE, SCULPTURE, DESSIN, CROQUIS, GRAVURE LES ARTS PLASTIQUES, UN LIEN ÉTROIT AVEC LA RÉSISTANCE DES PEUPLES

 

Par Pierre Pirierros

 

La particularité des connaissances, cʼest le monde humain. Les arts plastiques nous entraînent, en permanence, à la découverte dʼune signification précise. Le musée Jean Moulin, à Paris, (situé derrière la gareMontparnasse) rend hommage à laGrèce résistante 1940-1944. Jusquʼau 30 novembre. Picasso, Laurens, Masson, Dufy, Gromaire, Lhôte, tous ces noms poursuivent la lignée des philhellènes, Hugo, Delacroix, Lamartine. Les oeuvres qui y sont présentées nous renseignent sur lʼadhésion de tous ces représentants des arts plastiques à une cause des plus politiques. La lutte contre la barbarie et contre lʼoppression. Cʼest le lien étroit avec la Résistance des peuples.

 

 

Tassos, résistants avec armes (Photos Liberté 62)

 

LE cadre est prestigieux et le visiteur y circule en toute quiétude. Alors cette “Résistance des peuples” ? Quʼa-t-elle à nous dire en ces temps de pertes de repères ? Que peutelle encore nousmontrer ?Toutes ces questions amènent une réponse actuelle, la prise en compte dʼune liaison réactualisée entre riposte et modernité. Il nʼest pas utile de dresser le catalogue des allers et retours entre ces deux notions. Tout est dans la manière dʼapprécier les desseins dʼune civilisation et de ses implications dans notre monde contemporain. Les mythes sont avant tout des récits transmis par lʼhomme pour lʼhomme. Cʼest lʼesprit du pays qui prime et puis il y a un secret pour atteindre une luminosité élaborée en “déplacement” et hors déplacement. Cette exposition vient canaliser nos inspirations à mieux comprendre le monde qui nous entoure. Un monde où des résistants, tels Roger et Tatiana Milliex, responsables de lʼInstitut français dʼAthènes, ont les premiers fait connaître à la France et à ses peintres, la force du caractére de miroir. “À travers le regard de lʼautre, on acquiert une connaissance de son propre miroir”, lit-on, dans le catalogue.

 

Organisation

 

“LʼHommage à la Grèce résistante”, souligne une étape nécessaire dʼorganisation dʼun espace donné, avec la recherche de noms déterminants dans la littérature, lʼarchitecture, la peinture, le théâtre, la sculpture, le dessin.

Lʼengouement pour un tel événement découle de lʼappropriation par le public des symboles évidents. Très proche de nous, par lʼidée même de représenter le monde de la Résistance, la principale caractéristique de cette exposition délivre lʼimaginaire total. Des thématiques sont immédiatement visibles comme la contemporanéité et lʼon pense immédiatement à un historien qui a travaillé toute sa vie dans ce domaine, Jean- Pierre Vernant.

Homme intègre, il nʼa eu de cesse de délivrer un message de convictions profondes pour une autre société. Résistant, philosophe, historien, longtemps militant communiste, défenseur des libertés, il était tout cela à la fois avec une résonance qui le “classe” dans la tradition et la lignée des grands intellectuels de notre temps. Il évoquait la pensée grecque avec desmots si simples et si justes que sa voix nous manquera. “Les mythes, disait-il, ne constituent pas des vérités auxquelles il faut adhérer, on en prend et on en laisse, on y croit sans y croire, on y croit parce que tous les Grecs y croient. De plus, il y a plusieurs versions de chaquemythe. Les mythes sont avant tout des récits transmis par la littérature”. Dans la “Traversée des frontières”, édité en 2004, Jean-Pierre Vernant souligne le combat des historiens du temps présent, contre tout arbitraire. Cette exposition est, en quelque sorte, la suite logique de tous ces travaux. De Matisse à Picasso et dʼAndré Masson à Braque, de Fougeron à Bourdelle, cʼest le firmament au nombre des Constellations. La vieille dame de Némée qui ouvre sa fenêtre brutalement alors que les pas des visiteurs pénètrent dans le site archéologique ne fait rien dʼautre que répèter ce que disaient les résistants dans les faubourgs des grandes villes et dans les maquis dʼun pays montagneux. Ces progrès de lʼhomme, les visiteurs sʼen saisissent lorsquʼils entrent dans lʼhistoire. Le lieu, cʼest le sol du mythe et le mythe dépasse les problèmes posés par la technique.

 

Combat décisif

 

Derrière les résistances de plus en plus vives à une société en lambeaux, les représentations sociales et politiques de tous les participants à cette exposition sont lʼavant-garde et un signe évident dʼun combat décisif ! Quʼun homme comme Picasso ait pensé à prolonger la tradition du Minotaure nous entraîne dans ce mythe labyrinthique si puissant.

Henri Laurens, le Corbusier, Georges Braque, André Masson, ne furent pas en reste. Ils ne furent pas les seuls, bien sûr, en dresser la liste serait impossible tant le trait dʼunion entre ce pays et cette civilisation est assurée dans une recherche permanente par une pléiade dʼartistes. Le graphiste Tassos a produit des centaines dʼoeuvres autour du combat et à lʼengagement des femmes et hommes dans la Résistance. Les artistes français ont spontanément répondu à l'appel du dévouement de tout un peuple pour sa liberté.

Quelle est belle lʼaffiche de lʼexposition annonçant “La Résistance” de Masson. Paul Éluard écrira la liberté des peuples et il ira, en Grèce, en 1946 et en 1948 saluer lʼarmée démocratique populaire à lʼaide dʼun portevoix dans les montagnes du Grammos et de Vitsi. Ce fut un signe marquant, salué comme tel, un témoignage à la Résistance
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Publié dans Culture

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