LIBERTE 62 - LA POSTE CONTRAINDRE LE GOUVERNEMENT A RENONCER...
Contraindre le gouvernement à renoncer
à son projet de libéralisation de La Poste
A la suite de la journée de grève et de manifestations des postiers du 23 septembre, les fédérations CGT, CFTC, SUD et FO ont appelé, au début du mois d'octobre, à l'organisation d'une nouvelle journée nationale d'action le samedi 22 novembre afin d'amplifier la mobilisation de ceux qui refusent le processus de privatisation de La Poste engagé par le gouvernement et dont la prochaine étape est son changement de statut et sa transformation en société anonyme.
Les paroles lénifiantes de certains représentants du gouvernement ou du chef de l'Etat n'y ont rien fait. Dans toute la France, postiers et usagers, élus, représentants politiques et syndicalistes fourbissent leurs armes pour contraindre le gouvernement, dans le rapport de force, à renoncer à ses projets.
Conscients du danger qu'ils représentent, actuellement, selon divers sondages, plus de 60 % des français se prononcent contre la privatisation et la pétition "Touche pas à ma Poste" lancée à la mi-juillet par la CGT a recueilli plus de 300.000 signatures.
Touche pas à ma poste !
Ainsi que l'explique le PCF dans un communiqué publié le 15 novembre, la transformation de La Poste en société anonyme à l'horizon 2010 n'est qu'un "prélude" en vue de "l’introduire en Bourse et de la vendre aux capitaux privés" : "Pour le gouvernement, cette privatisation est un prélude à l’ouverture du marché du courrier en 2011, recommandée par les directives européennes. Derrière les mots, le projet est connu : réduction du nombre de bureaux et des horaires d’ouverture, mise en cause de la péréquation et de l’égalité tarifaire, des personnels et de leur statut, augmentation du prix du timbre, abandon des missions de service public de La Banque Postale, pour drainer l’épargne populaire vers la spéculation et livrer le service public de la communication au marché et à la spéculation."
Renverser le mouvement
Pour le Parti Communiste Français, cette marche à la privatisation doit être non seulement stoppée mais, dans ce mouvement, peut servir de point d'appui à un renversement de la politique libérale dont La Poste, ses salariés et ses usagers sont victimes depuis des années.
Partie prenante du Comité départemental contre la privatisation de La Poste, pour un débat public et un référendum sur le service public postal qui s'est créé dans le département du Pas-de-Calais à la fin du mois d'octobre, la fédération du Pas-de-Calais du PCF, par la voix de Jean-Claude Danglot, sénateur communiste du Pas-de-Calais, a exposé le sens de sa démarche dans cette perspective lors de la dernière réunion du Comité : "Il ne faut pas se contenter d'un refus de la privatisation, il faut aussi savoir proposer un projet alternatif. Je me propose d'être porteur de ce projet au niveau national."
Jérôme Skalski
Cachez ce timbre que je ne saurais voir...
C'est le 31 janvier 2008 que le Parlement européen a adopté la directive donnant son approbation finale à la réforme des services postaux de l'Union européenne. Cette directive qui prévoit la libéralisation totale des marchés postaux d'ici le 1er janvier 2011 ou 2013 pour les Etats membres bénéficiant d'un régime dérogatoire est le résultat d'un long processus de libéralisation entamé depuis 1997.
Depuis cette date (directive 97/67/CE) , le cadre réglementaire garantissant aux citoyens un service postal universel s'est "assoupli" à mesure que la "peau de chagrin" du domaine réservé se rétrécissait (envois de moins de 350 g initialement, envois de moins de 100 g à partir de 2002, envois de moins de 50 g depuis le 1er janvier 2006).
En dehors des explications avancées par les promoteurs la directive du 31 janvier 2008 et exprimées, par exemple, avec beaucoup d'humour ou de poésie, par les représentants de la Commission Européenne elle-même au lendemain de son adoption - "relever les défis de la révolution des communications", améliorer "les résultats, la qualité et la fiabilité" des services postaux "au profit de tous les utilisateurs, "réduire les coûts", renforcer les "services postaux universels dans l'intérêt des citoyens et des entreprises de l'UE", renforcer les "droits des consommateurs, créer "de nouveaux emplois"... - la pression du capital européen envers ce "marché" s'explique par des raisons beaucoup plus prosaïques et bien mieux accessibles au profane.
Les services postaux se situant au carrefour des secteurs de la communication et du commerce électronique, ils constituent une pierre angulaire du marché intérieur et, selon les estimations de l'UE, représentent, avec 135 milliards d'envois chaque année dans l'UE, un chiffre d'affaires de quelque 88 milliards d'euros par an soit environ 1 % du produit intérieur brut (PIB) de la Communauté. Par le biais de la liquidation des statuts des personnels, de la proximité et de l'universalité des services..., des milliards d'euros de profit à la clé. Précisons afin de mieux cerner les enjeux attachés à la libéralisation "totale" du marché visée par la dernière directive postale européenne c'est-à-dire la sortie du courrier de moins de 50 grammes du "domaine réservé" : les deux tiers environ de ce chiffre d’affaires sont générés par les services de courrier, le reste provenant des services d’expédition de colis et de courrier express, déjà ouverts à la concurrence.
C'est le 10 juin 2002 (directive 2002/39/CE) qu'a été programmée la date du 1er janvier 2009 comme date éventuelle pour "libéraliser" le marché intérieur des services postaux, "cette date devant être confirmée (ou modifiée) par la procédure de codécision, c’est-à-dire avec l’accord du Parlement européen et du Conseil" et ceci en pleine conformité avec les accords du Sommet de Barcelone signés en mars de la même année.
Manifestation départementale
Pour un service public proche et efficace pour tous, ensemble, refusons la privatisation de La Poste
Samedi 22 novembre à 14 h 30 place de la gare d'Arras