SABRE DE BOIS

Publié le par Liberté 62

SABRE DE BOIS

 

Ce doit être depuis mardi une franche rigolade dans les conseils d'administration.
A Châtellerault, Nicolas Sarkozy en effet n'a pas mâché ses mots à propos du G20 qui s'est ouvert mercredi à Londres.

On ne peut a-t-il déclaré, se permettre un "sommet pour rien" et encore : "Je veux des résultats. C'est l'intérêt de tout le monde d'avoir...". Voilà qui est parlé. Mais tout le monde sait désormais qu'il brandit un sabre de bois.

Il y a quelques mois, Supersarko semblait avoir un semblant de crédibilité quand il se prenait pour le leader du monde ou presque, comme dopé à la kryptonite, sautant d'un avion à l'autre, doué d'ubiquité, ici et là à la fois, réclamant devant le tribunal des peuples la régulation et la moralisation du capitalisme.

Et voilà qu'il arrive au sommet avec un piètre décret, ne visant que quelques patrons, dans quelques cas limités et pour quelques mois. Voilà qu'il va descendre de l'avion dans un bruit de gamelles.

Daniel Bouton avec sa retraite surcomplémentaire d'un million d'euros par an et jusqu'à la fin de ses jours, au moment même où les retraites des simples citoyens sont augmentées de ... 1%.

Valéo, qui a triché sur ses comptes pour justifier par avance des licenciements non sans que son président se soit voté un formidable parachute doré de 3,2 millions d'euros...

Natixis, présidée par un de ses proches et ses 70 millions d'euros distribués à ses traders pour avoir réussi l'exploit de faire plonger la banque, et tous les autres scandales de ces derniers jours. Ce n'est plus le bling-bling qui entoure le président mais une collection de batteries de vilaines cuisines.

"Le président est très lucide, déclarait il y a quelques heures son  ami Brice Hortefeux. Il sait que rien n'est acquis. Il pense que les forces de la pesanteur sont plus fortes que celles du mouvement".

Eh comment, il le sait ! D'autant qu'il ne s'agit pas de pesanteur mais de choix délibérés. Eût-il proposé une loi, ou repris à son compte un projet de loi existant, comme celui du PCF, pour mettre enfin un terme aux scandales des rémunérations insensées, qu'elle avait toutes les chances d'être votée.

Mais il ne l'a pas fait et à Saint Quentin, la semaine passée, il se refusait à "pénaliser la réussite", tout comme le MEDEF dont le code ethique, soit dit en passant, semble avoir autant de valeur que, disons, un billet de Monopoly, pour lequel aucun grand patron n'est prêt à échanger ses parachutes ou ses stock-options.

Eût-il décidé de soumettre les sommes allées aux grandes banques à des conditions de grestion prfécises, de devoirs envers celles des entreprises qui souffrent, envers les particuliers étouffés par les crédits relais que le pays l'aurait suivi. Eût-il décidé d'entendre les centaines de milliers d'hommes et de femmes qui ont manifesté le 28 janvier, le 19 mars, les 75% de Français qui les approuvent, pour des augmentations de salaires, une véritable relance par la consommation, une limitation des dividendes, qu'il aurait été approuvé par la nation.

Il a choisi le contraire, chaque fois, sur chaque sujet, jusqu'à tenter d'opposer " La France qui travaille et qui souffre" à "la France qui proteste". C'est cela, l'union nationale à laquelle il feignait d'en appeler pour faire face à la crise ? Masi Nicolas Sarkozy est conforme à son idéologie et à ce qu'attendent les grands patrons qui sont ses amis. Il ne veut pas réguler le capitalisme mais lui sauver la mise et lui permettre de repartir comme avant, en poursuivant une politique de dérégulation et de privatisation.

On peut douter hélas qu'il sorte quoi que ce soit du G20. Et quoi qu'il en dise, il ne faudra pas compter sur Nicolas Sarkozy et ses moulinets.

Mais désormais, en France, des millions d'hommes et de femmes le savent, qui entrent en lutte et en résistance. Prochaine grande étape avec le 1er Mai, le joli mai.

 

 

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Publié dans Edito

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