POLITIQUEMENT CORRECT

Publié le par Liberté 62

Liberté 62 n°765 - Le 13 juillet 2007-3-Edito

 

Politiquement correct

Par Jean-Claude Danglot


Après la séquence électorale que nous venons de vivre et le succès de Sarkozy, il ne fallait pas s’attendre à autre chose en ce mois de juillet, à la convocation des parlements en session extraordinaire, qu’à la mise en oeuvre rapide des réformes promises. Le nouveau Président de la République qui a su surfer sur la volonté de changement des Français de tourner la page de ces 25 années d’alternances et de promesses à droite et à gauche non tenues, n’a cessé et ne cesse de parler de « rupture ». Derrière ce mot dont les Français ne mesurent pas encore toutes les conséquences pour eux et pour l’avenir de leurs enfants, se cache un remodelage en profondeur de toute notre société. Un remodelage qui a pour objectif de casser tous les acquis sociaux et démocratiques de notre pays. L’argument consiste à faire croire qu’à l’heure de la compétitivité mondiale et européenne, la France n’a plus les moyens de s’offrir ni Sécurité Sociale ni statut public d'EDF, comme au lendemain de la dernière guerre. Ni de s’offrir un code de travail, des conventions collectives issus des grands mouvements sociaux comme MAI 68 .

Cette offensive idéologique de Sarkozy et de l’UMP a marqué des points, d’autant plus qu’à gauche, la force politique dominante, le PS, se trouve à peu de chose près sur le même socle idéologique tout en cultivant un discours de gauche, ce qui ajoute de la confusion à la confusion et du discrédit, surtout quand la candidate avoue « qu’elle ne croyait pas à ses promesses ». Ainsi, cette semaine au Sénat, le projet sur l’autonomie des Universités cher à Sarkozy devrait être adopté avec l’abstention du groupe socialiste. Or, sous couvert d’autonomie, il s’agit de privatisation des Universités qui seront, avec un tri sélectif, livrées au MEDEF. C’est pourquoi le groupe communiste et républicain votera contre. Et, nous ne sommes qu’au début de la législature, l’adoption par voix parlementaire ou par référendum du mini traité européen devrait relancer au grand jour le débat à gauche ou plutôt avec ceux qui se disent de gauche et pro-libéral.

Dans ce contexte, faut-il s’étonner des ralliements de dirigeants socialistes à la politique de Sarkozy ! Certes, certains crient au PS « au scandale », « au débauchage », mais les « traitres » ne sont pas des Enfants de Coeur. L’événement ce n’est pas l’ouverture prônée par Sarkozy, mais le fait que des dirigeants socialistes acceptent de travailler à cette politique de destruction. Les plans de carrière et ambitions personnelles au niveau ralliés ne peuvent pas être la seule explication. L’arrivée de Dominique Strauss Khan à la tête du FMI, machine à appauvrir les peuples, est de loin le symbole d’un PS adepte de la mondialisation capitaliste et de l’impuissance à contrer les délocalisations. Sarkozy ouvre les bras à ceux qui, à gauche son politiquement corrects avec sa vision ultra-libérale de la société et de l’ordre américain. Le débat s’ouvre à gauche, au PCF comme au PS. Faire comme s'il s’agissait d’aventure personnelle serait suicidaire. Il faut reconstruire mais avant tout redéfinir ce que sont les valeurs de gauche.

 

 

 

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