SARKOZY VEUT ABOLIR LA NUIT DU 4 AOÛT
SARKOZY VEUT ABOLIR LA NUIT DU 4 AOÛT
Par Jean-Michel Humez
FIN mai, au Havre, Nicolas Sarkozy faisait référence à une citation de Danton : «De l'audace, toujours de l'audace, encore de l'audace et la France sera sauvée». Non seulement Sarkozy ne manque pas d'audace, mais il est même très «culotté» dans l'imposture. S'il y a bien une référence qui est inacceptable et impensable c'est celle-là. Danton et la Convention abolissaient les privilèges tandis que Nicolas Sarkozy supprime l'impôt sur la fortune par le biais du bouclier fiscal limitant l'imposition à 50 % des revenus. Comme on le voit la vraie Révolution, elle était en 1789, et pas en 2007 avec l'élection d'un président de droite. Il y a là une indécence insupportable à toutes celles et ceux qui sont attachés à l'Histoire de France et surtout à la vérité du discours politique.
Il y a trois semaines, à l'occasion du 14 juillet, Nicolas Sarkozy, tenait un discours sur les victimes qui seraient enfin objet d'attention. Quel cynisme quand sa politique - celle qu'il approuva hier tout autant que celle qu'il conduit aujourd'hui - multiplie les périls pour la majorité des Français.Quinze jours plus tôt, le même président de la République a refusé le moindre coup de pouce pour le SMIC ! Ses attentions sont très sélectives et concernent plus le camp des nantis que celui du peti peuple. Le paquet fiscal qu'il a fait adopter par l'Assemblée en est la preuve.Par différents biais, il supprime l'impôt sur la fortune, allège celui sur les plus gros revenus et... supprime 10 000 professeurs dans l'enseignement public.
La politique de Sarkozy vise à donner plus de puissance au patronat et à réduire le coût du travail et les garanties sociales. Il en est pourtant qui croient à la nouveauté de la politique de Sarkozy y compris dans les rangs socialistes. Après Jack Lang, Bernard Kouchner et d'autres, Dominique Strauss-Kahn, tout à son espérance de diriger le FMI, a lui aussi quelques avis favorables à l'égard du président de la République. Les deux hommes ont, paraît-il, la même vision de l'économie mondiale.
L'un l'a dit, l'autre n'a pas démenti. Un brouillage de plus entre gauche et droite et tant pis si Nicolas Sarkozy abolit la nuit du 4 août pour restaurer les privilèges.