ASSEZ DE GÂCHIS FINANCIERS

Liberté 62 n°768 - Le 24 août 2007- 3 -Édito
ASSEZ DE GÂCHIS FINANCIERS
Par Dominique Watrin
LES analystes financiers ne sont pas payés de mots ces derniers jours pour alerter sur l’ampleur du séisme boursier international, ses causes spéculatives et ses conséquences à terme sur l’économie mondiale. Pour l’heure, en France, avant même le krach larvé de cet été meurtrier, tous les indicateurs d’une bonne santé économique sont en panne. La consommation stagne. Les investissements industriels devraient connaître un ralentissement au premier semestre. Le commerce extérieur, pendant le même temps, accuse 15 milliards d’euros de déficit.
Or, face à une situation pourtant aussi préoccupante, c’est à peine si l’on a entendu Nicolas Sarkozy proposer plus de transparence dans les circuits financiers. Comme si une opération spéculative «transparente» pouvait être plus légitime qu’une autre plus opaque. La discrétion des dirigeants du pays sur ces questions éminemment cruciales souligne une contradiction de poids pour le nouvel élu, son gouvernement, sa majorité.
Les «mesures phares» votées cet été vont-elles contribuer à répondre aux problèmes de la nation, ou plutôt amplifier la logique spéculative à l’origine de la crise financière ? On attend toujours en tout cas des plus hautes autorités de l’État la condamnation du gaspillage de plusieurs centaines de milliards d’euros partis en fumée dans ce mini krach boursier. Plus que jamais, l’heure devrait être à un grand débat. Non pour savoir comment accompagner au mieux le gâchis actuel, mais pour porter l’exigence de contrôle des fonds publics et d’une autre utilisation de l’argent, par des critères sélectifs de crédit par exemple, privilégiant la croissance réelle, l’emploi, les salaires, les qualifications, la formation. La gauche aurait là matière à démontrer son utilité pour relever le pays et répondre aux attentes des Français.