AIRBUS-MÉAULTE - LE PROJET DE RESTRUCTURATION TOURNE LE DOS À L’ENTREPRISE ET AUX SALARIÉS

Publié le par Liberté 62

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Liberté 62 n°775 - Le 21 Septembre 2007 - 6 – Social

 

AIRBUS-MÉAULTE

 

LE PROJET DE   RESTRUCTURATION

TOURNE LE DOS À L’ENTREPRISE

ET AUX SALARIÉS

 

Par Pierre Pierierros

 

La tornade “Power 8” souffle partout mais nous prévient la CGT de l’entreprise “il y eut déjà “Route 06” et pour qui savait bien lire les textes d’alors, nous savions pertinemment que la grande ambition industrielle aéronautique prenait l’eau de toutes parts. “Méaulte” ne serait plus Airbus puis quelques heures après “Méaulte resterait Airbus” mais avec un partenaire éventuel et... la casse de l’emploi”.

À partir des débats et des actions, Patrice Pays, délégué syndical CGT, est catégorique, “rien ne sera plus comme avant, car nous rejetons de toutes nos forces, le plan Power 8 tout comme les perspectives de cessions ou de ventes de notre site. Mais nous ne sommes pas seuls dans ce cas, il y a aussi Saint-Nazaire”. Power 8, c’est la suppression de 10 000 emplois en France, en Allemagne et dans une moinde mesure en Grande-Bretagne, 4300 rien que pour les sites français qui touchent directement les effectifs d’Airbus, les salariés temporaires in situ. Nous sommes 1300 aujourd’hui à Méaulte, chiffre auquel il convient d’ajouter les 170 intérimaires (ils sont plus de 300) et 400 emplois de soustraitants.

Au bas mot, “Méaulte” fait vivre 4000 personnes dans un rayon géographique qui concerne une grande partie de la Somme, le sud du Pas-de-Calais. On ne compte plus les entreprises sous-traitantes qui travaillent pour nous. “Méaulte”, c’est une belle entreprise avec une technologie de très haut de gamme. La direction a présenté aux organisations syndicales le dossier économique définitif soumis à approbation ; dossier relatif aux consultations concernant à “Power 8” : Pourtant, bien des questions restent sans réponses.

 

NOUS ne connaissons toujours pas le partage industriel de l’A350», soulignent les élus de la CGT du CCE. Les fameux partenaires à risques sur ce programme ne sont toujours pas identifiés. La logique du tout composite n’est pas validée. Par contre la cession des sites et la suppression des postes nous sont présentés comme la seule alternative. De plus l’effet dollar est mis en avant pour expliquer nos difficultés alors que la couverture de changes a protégé pendant des années la trésorerie d’Airbus et que cet effet ne joue que sur 20 % du chiffre d’affaires.

Bien des questions demeurent sur la répartition des chaînes et sur l’équilibre des Coe (fuselage) Réduire Airbus France uniquement avec cinq sites à vendre n’est pas sérieux. “Route 06” a sûrement pesé dans les retards de l’A380 en pratiquant des économies pour atteindre uniquement l’objectif de rentabilité exigé par les actionnaires privés sans se soucier des conséquences industrielles. Force est de constater qu’Airbus ne tient pas compte des retards de l’A380, puisque aujourd’hui, des retards sont annoncés pour l’A400M et la définition de l’A350 n’est toujours pas définitive ce qui repoussera les premières livraisons par rapport à son concurrent. La vision stratégique de la direction se résume au plan POWER 8 qui ne présente aucune garantie sur l’avenir en matière de logique industrielle, que ce soit du point de vue de la nouvelle organisation, de la cession des sites et du partage des Coe ou des suppressions d’emplois qui vont engendrer la perte de compétences et savoirs-faire La CGT renouvelle son opposition à ce plan qui doit être simplement retiré. L’avenir de notre entreprise passe par le développement de notre outil industriel et de l’emploi pour assurer la montée en cadences et les futurs programmes. La CGT exprime un avis défavorable sur ce projet de restructuration.

Les réponses alternatives des experts du CCE : Les experts de CCE - CADECO - ont formulé des propositions alternatives lors du CCE extraordinaire du 12 juillet. Réduction des coûts des frais généraux : Comme CADECO, la CGT souhaite que la répartition de 50 % de postes internes et 50 % de postes externes à supprimer soit abandonnée. L’objectif de suppression d’emploi a été fait sur le papier sans considération de la réalité industrielle, uniquement pour des effets d’annonces de remontée du titre EADS (qui n’a pas produit l’effet escompté). De plus ces suppressions d’emplois du module ROC ne tiennent pas compte des conséquences des autres modules tels que l’augmentation des externalisations et ventes de sites. Donc, ces suppressions de postes risquent d’être bien plus important quand tous les modules seront déclinés. La CGT demande l’arrêt de ROC.

Vente des sites : comme CADECO, la CGT partage le fait que la comparaison avec le modèle BOEING n’est pas pertinent, et n’a pas fait des preuves avec l’annonce des retards du B 787. Les experts mettent en évidence l’incohérence de la vente des sites. La CGT souhaite l’abandon du plan ZEPHYR.

D’ailleurs la Direction n’a jamais présenté d’autres alternatives à la vente des sites. Cette vision stratégique d’AIRBUS n’est pas claire et la cession des sites conduira à une situation irréversible et à une démotivation des salariés qui refusent d’être vendus. Ce plan ressemble plus à une désorganisation industrielle au lieu de se donner les moyens pour répondre aux enjeux de l’A380, de l’A350 et du futur A320. La CGT demande que la SOCATA et la SOGERMA soient associés au développement du A350 en priorité en tant que filiale d’EADS. Trésorerie : la CGT s’associe aux propositions alternatives de CADECO sur le besoin de trésorerie qui fait appel à une augmentation de l’endettement et à une augmentation de capital. Plan de Sauvegarde de l’Emploi : la CGT exprime un avis défavorable au projet de restructuration de l’entreprise. Les perspectives de l’aéronautique et le carnet de commandes exceptionnel doivent permettre des embauches conséquentes et le maintien des compétences. Sur le Plan de Sauvegarde de l’Emploi, la CGT exprime un avis défavorable et concernant les mesures sociales d’accompagnement, la CGT restera vigilante sur les conditions du double volontariat et sur la mise en oeuvre des mesures. Les mesures d’âge ne concerneront que les overhead, ce qui risquent d’entraîner un climatv social tendu.

La CGT demande qu’une véritable préretraite Airbus soit développée, l’extension des mesures d’âges à tout le personnel compensée par des embauches peut être l'amorce d'ouverture de négociation dans Airbus. Quant aux mesures de congés de reclassement, la CGT ne conteste pas la nature de ces mesures mais déplore que celles-ci soient contenues dans un plan de suppression d’emploi. La CGT s’abstiendra sur ce dernier point.

 

L’annonce du choix du repreneur repoussée d’un mois

 

L’annonce du choix des entreprises retenues pour la reprise de sept sites industriels d'Airbus sur seize va être repoussée d'un mois supplémentaire, jusque vers la mioctobre. Cette réunion entre direction et syndicats européens était la première depuis que Louis Gallois est devenu seul président du groupe européen d'aéronautique et de défense le 27 août, tandis que son homologue allemand Tom Enders prenait la tête d'Airbus. L'annonce attendue à la fin août avait été repoussée au comité européen d'Airbus du 24 septembre,mais dès la semaine passée une source syndicale française estimait peu probable que la liste officielle des repreneurs puisse être annoncée lors de cette réunion, "le cas d'Augsbourg ayant compliqué la procédure et les discussions en Allemagne".

 

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