ENERGY PLAST -LA BATAILLE JURIDIQUE SE POURSUIT

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Liberté 62 n°775 - Le 21 Septembre 2007 - 5 – Social

 

Energy Plast (Hénin-Beaumont)

 

LA BATAILLE JURIDIQUE SE POURSUIT

Par Pierre Pirierros

 

Les conséquences judiciaires des salariés d’Energy Plast (ex-Samsonite), des salariés, floués et bafoués par leur ancienne direction, vont peser pour la suite des événements. On connaît l’âpreté de la lutte des travailleurs de la filiale de cette multinationale américaine dont les publicités des produits sont une perpétuelle provocation envers toutes celles et tous ceux qui les fabriquent. Cette affaire devait être jugée ce 18 septembre mais l’avocat a fait appel et la date du 11 décembre a été retenue.

 

MAÎTRE Rilov résume, si l’on peut dire, cette affaire ainsi “mettre fin à toute une stratégie de licenciement et d’externalisation du personnel, c’est un argument solide. Le 15 février, le tribunal de commerce de Paris prononçait la liquidation judiciaire après la cessation de paiement, ce qui signifiait la fin de l'entreprise installée depuis 1984 dans le paysage industriel d’Hénin-Beaumont”. Les salariés accusent Samsonite d’avoir monté la cession pour éviter un plan social. Leur intérêt ? Protéger l’image de marque du leader mondial de la bagagerie et faire des économies.

 

Manipulations financières

Reprendre une usine qui “tourne” à pertes est pour le moins paradoxal et la CGT en épluchant le rapport d’expertises découvre tous les dessous d’une affaire financière qui n’est, ni plus, ni moins, qu’une manipulation managériale entre le bagagiste Samsonite et ses repreneurs. Aujourd’hui, l’usine est liquidée. Il n’est pas possible pour le personnel de se faire ainsi extorquer son savoir-faire et son intelligence. Cette démarche prit des formes multiples, rassemblement au siège social européen du bagagiste européen à Oudenaarde, en Belgique ; lors des déplacements à Paris, auPalais de Justice ; au ministère du Travail, (avec le soutien de Jean-Claude Danglot, sénateur et des élus PCF du Pas-de- Calais) ; aux Prud'hommes de Lens. Tout le dossier financier examiné par un cabinet d’expertisemontre bien des anomalies criantes. Anomalies qui ne peuvent que mobiliser les 204 salariés du boulevard Darchicourt.

 

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La mobilisation des salarié(e)s d'Energy Plast est
exemplaire (Photo Liberté 62).

 

 

 

Jean-Marc Mairesse, secrétaire de la CGT du site d’Hénin-Beaumont, et Maurad Rabhi, secrétaire général de la fédération CGT textile-habillement-cuir, dénoncent toute cette opération frauduleuse en disant sans ambages que “deux millions d’euros ont été détournés de l’entreprise Energy Plast vers la holding financière que les deux actionnaires ont montée. Cela constitue un abus de bien social”. Les salariés sont catégoriques : “Nous allons devant les tribunaux et nous avons les preuves pour dire avec force que Samsonite voulait rouler tout le personnel dans la farine. C’est insupportable ! La cessation de paiements et le redressement judiciaire ne sont, en rien, des notions abstraites ; en fait, des signes évidents de casse de toute l’unité et, en définitive, c’est tout le personnel qui a payé les pots cassés. Nous ne l’avons jamais accepté. Nous ne l’acceptons toujours pas.”

Maître Fiodor Rilov est explicite, “dans le cadre de ce groupe, le plan social se serait élevé entre douze et quinze millions d’euros avec tout ce que cela induit. En externalisant le problème et surtout les salariés, le bagagiste fait une bonne opération, pour sa renommée, bien sûr, mais aussi pour les relations entre l’ancien propriétaire et les nouveaux actionnaires. Des relations plus que troublantes pour les syndicalistes. Le rapport du cabinet Secaphi-Alpha est solide. Les deux actionnaires ne sont en fait que des hommes de paille. Au tribunal, j’ai mis en avant la casse des contrats de vente entre Samsonite et les actionnaires d’Energy Plast afin que la responsabilité du bagagiste soit pleine et entière. Il est trop facile d’annoncer une liquidation en faisant tout porter sur le dos des salariés.”

Occupation, assemblées générales, prises de paroles, démarches tous azimuts, les “Samsonite” sont toujours dans l’action pour exiger ce à quoi ils ont droit. “Devant le fait accompli, commente Daniel, avec 20 ans d’ancienneté, nous ne pouvions plus faire marche arrière. En 2002, ll y eut des licenciements par dizaines et les difficultés allaient en s’accélérant. Nous étions loins, très loins des années 1990 et d’une “machine” qui tournait bien. Les restructurations allaient signer notre arrêt de mort et notre licenciement.”

 

 

CESSION DE GAZONOR À UN GROUPE ÉTRANGER :

 

300 PERSONNES MOBILISÉES À AVION


DEScentaines de personnes dont des élus – et notamment des élus communistes - ont manifesté mardi à Avion pour dénoncer la possible cession à un groupe étranger de la société exploitant le gaz des mines. Cette entreprise, Gazonor, doit être vendue, dans le cadre de la disparition de Charbonnages de France fin 2007, au consortium EGL (European Gaz Ltd), composé notamment de capitaux australiens. Un choix qui suscite l'inquiétude des salariés et des élus. Une telle cession ferait par ailleurs peser un risque sur l'entreprise, SAV, (Société artésienne de vinyle) qui emploie 150 personnes à Mazingarbe, car le gaz ne lui sera plus fourni dans les mêmes conditions. Les élus ne comprennent pas le choix de Charbonnages de France alors qu'un projet régional alliant Dalkia, la Financière Nord- Pas-de-Calais et les sociétés de logements sociaux constituait une offre comparable. Ce projet prévoyait de proposer le gaz à un prix identique au prix actuel à des entreprises régionales et à un prix inférieur d'environ 20 % par rapport à celui du marché aux familles précaires.

 

 

PÉCHINEY :

 

LES SYNDICATS D'ALCAN DEMANDENT "DES ENGAGEMENTS" AVANT L'OPA DE RIO TINTO


LES syndicats d'Alcan ont demandé, vendredi, au gouvernement qu'il "obtienne" de Rio Tinto des "engagements" en matière de développement des activités et des emplois en France, avant l'OPA du groupe minier anglo-australien. Les actionnaires de Rio Tinto étaient appelés vendredi à Londres, à approuver l'offre publique d'achat sur le leader canadien de l'aluminium Alcan, lors d'une première assemblée générale extraordinaire. Les syndicats du groupe Alcan, qui avait racheté le groupe français Péchiney en 2003, "attendent du gouvernement qu'il obtienne de Rio Tinto des engagements en matière de développement des activités et des emplois en France" ont-ils indiqué dans un communiqué, trois jours après avoir été reçus par les conseillers de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde.

Selon eux "après les effets dévastateurs de la précédente OPA sur Péchiney en 2003, il n'est plus acceptable que les potentiels des activités françaises ne servent qu'à développer de grands projets en Asie, en Australie et en Amérique du Nord". Les syndicats attendent des engagements "de vente à un repreneur industriel unique de l'ensemble des activités, du maintien du groupe d'affaires produits usinés dans le périmètre de Rio Tinto et des attributions, moyens, effectifs et budget de recherche pour le pôle Voreppe Neuhausen jusqu'en 2010".

Ils veulent également l'assurance "du maintien, de l'activité et de l'emploi des sites d'alumine de spécialités et d'abrasifs réfractaires et celui des activités transverses et supports". Pour les syndicats "le fait que Rio Tinto ait confirmé des engagements identiques signés entre Alcan et le gouvernement du Canada fin 2006, les conforte". Le groupe minier anglo-australien Rio Tinto a lancé fin juillet son offre amicale de 38,1 milliards de dollars américains sur le leader canadien de l'aluminium Alcan visant la formation d'un leader mondial du secteur. Les syndicats d'Alcan sont particulièrement inquiets sur l'avenir de certaines activités comme la fourniture de pièces pour l'industrie aéronautique et le secteur de l'emballage qui emploie plus de 5.000 salariés en France. L'offre expire le 24 septembre et doit recevoir l'aval d'au moins les deux tiers des actionnaires d'Alcan.

 

 

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