CHARBON ET ACIER, MÉTAMORPHOSES DANS LE NORD/PAS-DE-CALAIS

Publié le par Liberté 62

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Liberté 62 n°778 - Le 12 Octobre 2007 - 18 -Culture

 

DEUX EXPOSITIONS SUR LE SITE MINIER DE WALLERS-ARENBERG

 

 

CHARBON ET ACIER,

 

MÉTAMORPHOSES

 

DANS LE NORD/PAS-DE-CALAIS

 

Par Pierre Pirierros

 

La Communauté d’agglomération de “la Porte du Hainaut” présente dans le cadre de "Valenciennes, capitale régionale de la culture" une exposition qui met en lumière l’histoire industrielle sous le titre “de Charbon et d’Acier.” Cette exposition est visible jusqu’au 2 décembre sur le site Minier de Wallers- Arenberg. Situations et dispositions précises des situations. Tout est lié, le travail des hommes de l’acier et du charbon est le pendant de civilisation à une description contemporaine. Deux expositions ayant ces deux thèmatiques nous renseignent sur ce qu’est le Nord/Pas-de-Calais et sa force intrinsèque. L’idée du “Charbon” et de “l’Acier” est basée sur une conception globale du rapport à un environnement donné. Elle confirme l’intérêt et l’originalité du patrimoine. Un patrimoine attaché à plus de deux siècles d’enracinement dans le Bassin minier et l’espace sidérurgique.

La sensibilisation au monde de l’industrie par des visites dans des lieux emblématiques que sont, notamment, les sites miniers et autres fonds culturels, est actuelle. C’est un processus qui aboutit à une prise de conscience générale. C’est une réalité. Les objets du patrimoine ne sont pas des biens de consommation. Préserver leur avenir, c'est garantir, pour demain, leur valeur universelle. Les échanges entre les différentes structures - dans le cadre de véritables expositions scientifiques - sont une notion fondamentale de découvertes. Écrire l’histoire du Charbon et de l’Acier, c’est écrire l’histoire des régions industrielles. Cette trame se passe dans notre région. Le champ culturel et le champ social sont intimement liés, c’est un cousinage intense fait d’avancées et de ruptures, d’autonomie et d’interdépendance. C’est une trame pour les populations qui sont concernées par un thème spécifique, mais pas seulement. Mémoire individuelle et mémoire collective s’entrechoquent pour n’en faire plus qu’une ; elles mettent l’homme au coeur de l’action ; l’homme, le citoyen, le travailleur, à la mine ou dans la sidérurgie, sont dans une même logique, celle de transmission d’un message donné, adressé à tout à chacun et délivré pour toutes les générations. C’est aussi la question de la condition ouvrière qui est posée à travers une somme de matériaux exposés dans deux endroits distincts, dans la salle des pendus du site minier et dans un espace moderne, à deux pas du chevalement de Wallers-Arenberg.

 

 

 

Phot-18-html-m35ec9ad4-copie-1.jpgLES terrains houillers renferment assez souvent des veines de charbon d'où leur nom. Datés de la fin de l'ère primaire (le Carbonifère). De nombreuses observations de terrain démontrent que les terrains houillers proviennent de la consolidation de sédiments fluviatiles : les roches renferment des galets dont la forme est particulière. On y voit des restes de chenaux et des laminations. Les variations de granulométrie liées à des variations de débit sont parfaitement identifiables. Cette hypothèse permet de comprendre l'origine des autres roches présentes dans ces terrains : les schistes noirs résultent de la consolidation de "vases" dans les parties un peu stagnantes de la rivière. Le charbon provient de la décomposition de la matière végétale qui s'accumule dans certaines zones de la rivière. Certaines observations permettent aussi de mettre en évidence la divagation du lit de la rivière. Les fossiles : on y trouve essentiellement des plantes apparentées aux fougères et groupes voisins (prêles, sigillaires, lépidodendrons).

 

 

 

Le Charbon, une roche

 

Le charbon est une roche qui contient beaucoup de carbone d'où le nom de la période durant laquelle il s'est formé à la fin de l'ère primaire : le carbonifère (360 à 290 à la fin d'années). Il résulte de l'accumulation des débris végétaux de la forêt dans un milieu lacustre ou lagunaire, comme ce fut le cas pour le nord. Au fur et à mesure que les sédiments se sont accumulés, ils exercent une pression de plus en plus forte sur les couches inférieures. Les débris végétaux se sont peu à peu déshydratés et transformés : c'est la carbonification. Ce phénomène complexe a pour effet d'enrichir la roche en carbone. A partir de la géologie, science qui nous permet de connaître l’histoire de la vie, celle de la terre et des premiers hommes, on découvre de manière ludique et originale les faces cachées de votre région.

Trois parcours proposent différents regards sur le bassin minier :

Il était une fois sous l’équateur nous dévoile l’environnement de la région d’il y a 300 millions d’années

Au charbon ! pour savoir ce qu’a été l’activité minière

De la roche à la Terre pour comprendre la terre, sa formation, son fonctionnement. L’exposition photographique est un magnifique travail où se retrouvent l’amour des terres du Nord, le plaisir d’un regard original et la beauté de paysages comme on ne peut les découvrir que du ciel. Une exposition de plus de 20 photographies, en grand tirage, où le terril, la cité minière, les différents paysages naturels qui façonnent notre région sont à la fois majestueux et proche de l’homme.

 

 

 

 

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