L'EMPLOI AU COEUR DES PRÉOCCUPATIONS DES COMMUNISTES
Liberté 62 n°778 - Le 12 Octobre 2007 - 10 - Politique
PCF 62 ASSEMBLÉE DE RENTRÉE DE LA FÉDÉRATION DU PAS-DE-CALAIS DU PCF À DROCOURT
L'EMPLOI AU COEUR DES PRÉOCCUPATIONS
DES COMMUNISTES
Jean-Claude Danglot a appelé à faire grandir le rassemblement de toutes celles et ceux qui veulent s'opposer à la politique de Sarkozy.
Par Jean Michel Humez
QUELQUE trois cents militants communistes du Pas-de-Calais avaient pris place vendredi de la semaine dernière dans la salle de l'Agora à Drocourt dans le cadre de la traditionnelle assemblée de rentrée de la Fédération.
Après une brève allocution de bienvenue de la part de Bernard Cserzinski, maire de la localité, Jean-Claude Danglot Danglot, dans un discours combatif dénonce en premier lieu la politique gouvernementale : "Ce qui se passe aujourd’hui c’est autre chose, c’est le rêve et la revanche du grand patronat sur la classe ouvrière française et ses acquis, qui se réalise. Sarkozy avait promis la "rupture", il tient ses promesses : "Fin des régimes spéciaux de retraite, service minimum dans les transports, casse de la Fonction Publique et privatisation, attaque contre l’école publique et les enseignants, politique étrangère favorable aux Etats-Unis .... jusqu’aux menaces de guerre en Iran." Dans le même temps les cadeaux aux privilégiés s’accélèrent : "bouclier fiscal", baisse des impôts, exonérations des charges sociales, financement de la spéculation, primes diverses aux entreprises, etc... Le Président des riches mène sa politique de classe ".
La droite agit d’un pas déterminé vers son objectif : " mettre fin à la " spécificité française " et figer le pays dans le capitalisme triomphant ". Il ne s’agit pas seulement d’une casse des acquis sociaux, Sarkozy veut transformer notre société pour imposer son modèle, celui de l’individualisme qui pour lui est la seule valeur. Il utilise pour cela une arme redoutable, celle de l’idéologie qui en amont accompagne tous ses projets dévastateurs. Il impose, fort de sa majorité, mais il veut aussi que les Français adhérent à ses réformes... "Diviser pour régner" telle est la méthode favorite de Sarkozy qui pour chaque domaine trouve ses boucs émissaires. Cette division des diverses catégories sociales soigneusement organisée, s’inscrit dans une vision plus globale où le"collectif " disparaît pour" l’individu".
Le 22 octobre hommage à Guy Môquet au Dahomey à Montigny-en-Gohelle
Pour Jean-Claude Danglot, une telle dérive ne peut conduire qu’au pire à l’exemple des tests ADN qui nous rappellent sous d’autres formes, les pires années noires de notre histoire : "NON Monsieur Sarkozy vous n’avez pas le droit de rendre hommage à Guy Môquet, ni même de l’évoquer, car ce jeune comme bien d’autres militants communistes ou non, est mort par refus d’une idéologie qui, dans l’histoire a commencé comme la votre, pour finir dans l’horreur”. Le 22 octobre nous rendrons hommage à Guy Môquet et la Résistance populaire par un rassemblement au Monument du Dahomey à Montigny en Gohelle, symbole du sacrifice des mineurs et de leur famille, non pas pour vous faire plaisir Monsieur le Président, mais pour remettre les pendules de l’Histoire à l’endroit, ne serait ce que pour rappeler les paroles de Malraux : "seule dans sa masse, la classe ouvrière est restée fidèle à la patrie". “Des Femmes, des Hommes de diverses catégories sociales, origines, de sensibilités politiques différentes du Gaulliste au Communiste, des croyants et non croyants dont la Fraternité dans la Résistance les a uni et rapproché au point de rédiger ensemble le programme du Conseil National de la Résistance, véritable projet de société mis en oeuvre par le gouvernement de la Libération. Auxquels ont participé des ministres communistes, Maurice THOREZ, Marcel PAUL, Ambroise CROIZAT dont les réformes sociales et démocratiques ont marqué l’Histoire de notre pays par leur degré de civilisation, de portée révolutionnaire devenues insupportables aux yeux du MEDEF et de Sarko." Pour les salariés, pour les couches populaires, des sacrifices tous azimuts. Pour le responsable fédéral la réforme la plus significative de la société qu’il nous prépare est celle de la santé et de la Sécurité Sociale qui touche tous les Français à moins d’être riche et en bonne santé et beau pour éviter la chirurgie esthétique : " Ce sont les plus malades qui vont payer pour les plus malades avec pour conséquence, les retards de soins, de préventions ! Alors que la politique de Sarkozy fait plonger les déficits (12 milliards d’euros au lieu des 8 prévus dans la loi de financement), cela sert de prétexte à de nouveaux déremboursements. Pour les malades, c’est la double peine, puisque Sarkozy veut les faire payer toujours plus. Avec Sarkozy et le type de construction européenne, c’est la porte ouverte au marché de la santé, pour les assurances, les banques, les fonds de pension et la soumission aux marchés financiers. Les mutuelles sont gravement menacées dans leur principe de solidarité, puisque c’est le "tous contre tous", la libre concurrence pour garder les moins malades, les plus solvables et évin cer les autres ! Depuis l’annonce du projet Sarkozy de créer ces franchises, de plus en plus de Français (61%) s’élèvent contre cette mesure qui ne peut que les pousser à renoncer à des soins faute de moyens".
Des résistances se lèvent
Jean-Claude Danglot poursuivit son propos sur une autre question vitale qui nous interpelle, celle de l’emploi. C’est le grand thème idéologique de Sarkozy et certainement à l’avenir celui qui lui posera le plus de problèmes "travailler plus pour gagner plus" : "Même ses amis du MEDEF ont des difficultés à croire aux bons résultats de cette formule et ce sont les patrons qui vont décider de l’application de ce principe des heures supplémentaire”. Sans entrer dans les détails, n’y a-t-il pas d’abord un aspect choquant de déclarer qu’il faut travailler plus alors que dans notre Région il y a 250 000 chômeurs et des dizaines de milliers de précaires. Certes, pour le Président et son gouvernement, les chômeurs sont tous des fainéants et il a vite réglé le problème, on donne du travail à ceux qui veulent travailler. Hélas, dans une période de crise ce sont des idées qui parfois séduisent et il faut mettre Sarkozy au pied du mur. D’abord il y a des secteurs d’activité où travailler plus est quasiment insoutenable tant la pénébilité au travail est intense et les cadences infernales. Je pense au personnel hospitalier et la pénurie d’emploi, comment peuvent ils travailler plus. Je pense aux salariés des chaînes automobiles où les suicides s’accumulent. Sarkozy aura réussi en 3 mois à relancer le chômage même avec des calculs truqués et la conjoncture s’annonce très difficile…
Aussi, les parlementaires communistes du Nord-Pas-de-Calais relayés par les Fédérations et les élus, ont décidé d’interpeller directement Sarkozy et de lui mettre sous le nez, les milliers de CV de celles et ceux qui, dans notre Région avant de travailler plus attendent et parfois avec désespoir tout simplement de travailler. Notre initiative est originale et s’inscrit dans la riposte à la droite. Le choix de mener le combat sur l’emploi correspond aux priorités que nous nous fixons.
Une marche de demandeurs d’emplois en quelque sorte déléguée des milliers de chômeurs et précaires, porteur de CV partira de Lille le 24 octobre prochain avec comme 1ère étape Lens, avec un rassemblement à 11 Heures place du Cantin, un défilé jusqu’à la Sous Préfecture et un accueil pour le déjeuner à Avion avant de poursuivre l’étape jusqu’à St Quentin. L’objectif de ces 4 jours est de resensibiliser la population des 6 départements concernés par cette Marche par des initiatives publiques diverses, meetings, rencontres, manifs .... et de terminer le samedi 27 octobre en fin de matinée à l’Elysée pour remettre les CV à Sarkozy et évidemment lui dire que nous voulons être respecté, une autre politique en matière d’emploi et en particulier une relance industrielle qui doit rester la vocation de notre Région.
Le PCF reste une force incontournable
Même si le PCF sort très affaibli des épreuves électorales du printemps, le secrétaire fédéral pense que les Français peuvent aussi désormais mesurer la nécessité d'un PCF plus fort en signalant un courant d'adhésions dans le département : "Les élections cantonales partielles à Boulogne et à Lens, sur fond d’abstention massive, démontrent que les candidats communistes ont encore des capacités à mobiliser leur électorat dés lors qu’il y a de la proximité. La série de partielles la semaine dernière dégage la même tendance”. Jean-Claude Danglot réclame une direction nationale qui s’occupe d’abord du PCF, de le faire vivre, de le renforcer, de rassembler ses militants sur des initiatives : "Il y a en marre après le désastre électoral des Présidentielles de voir nos dirigeants constamment hypnotisés par la gauche qui aux yeux des gens est avant tout incarnée par le PS . OUI, il y a des changements profonds à opérer dans notre parti, pointons les, mettons les en oeuvre, mais dans la situation où nous sommes, préoccupons nous d’abord de nous. Si demain il y a encore ou pas un PCF, le paysage politique de la France en sera plus le même. Il y aura une rupture avec plus d’un siècle de vie politique. On pourra toujours parler de la gauche, la perspective de transformation sera morte. Pour l’heure, l’existence même du PCF se joue pour beaucoup aux élections municipales et cantonales . Nous avons constaté aux législatives encore, que l’ancrage électoral de nos candidats permettait au parti de sortir de sa marginalisation... Lundi nous avons une 1ère rencontre avec nos Maires et Conseillers Généraux pour un échange sur ces futures campagnes. Le 12 octobre nous rencontrons la Fédération socialiste qui, sauf retournement va tenir le drapeau de l’union et insister sur le rassemblement des forces de gauche face à Sarkozy....On ne peut pas à la fois prétendre à l’union et travailler en sous main à la déstabilisation des positions électorales du PCF. Nous allons être ferme sur cette question... La Fédération PS devra trancher en considérant que dans le Pas-de-Calais le PCF a toute sa place et que malgré nos divergences parfois profondes, la ligne de rassemblement à gauche doit l’emporter..."
Soutenir les mouvements sociaux
Pour le secrétaire fédéral c’est encore une fois dans les luttes que la perspective peut se dégager et non dans les tractations de sommet, c’est dans les luttes également que nous allons reconstruire notre parti , attirer avec nous de nombreux jeunes : "Nous nous inscrivons donc dans les mouvements sociaux en préparation, mais parallèlement nous continuons nos luttes politiques sur les thèmes que j’ai évoqué. Nous sommes particulièrement préoccupés par la relance des projets patronaux de délocalisation, de restructuration avec l’annonce de nouveaux plans de licenciements”. Le gouvernement déjà entaché au plus haut niveau par le scandale qui vient de tomber de "délit d’initié" sur l’affaire EADS, réfléchit à une dépénalisation du droit des affaires. Il s’agit d’une entrave aux efforts de la justice pour débusquer et punir les malversations financières. Du pain bénit pour le patronat. Nous avons constaté avec les liquidations de Sublistatic et Energie Plast, que le gouvernement qui refuse toute protection des salariés, était inquiet des procédures judiciaires et éventuelle condamnation d’un groupe qui pourrait faire justice prudence. D’un côté le gouvernement ne veut pas de Loi pour renforcer le pouvoir d’intervention des salariés, et de l’autre il s’apprête à légiférer pour protéger les patrons voyous, les mettre à l’abri de la justice. Nous sommes dans un Etat voyou qui se structure, se transforme en capitalisme mafieux, un Etat au plus haut niveau corrompu. Nous devons aussi soulever le vent de la révolte, contre cette République corrompue et ses principaux dirigeants qui dans le même temps exigent des Français et des plus pauvres qu’ils se serrent la ceinture encore plus. Oui camarades, ceux qui pensaient après la Présidentielle en avoir fini avec les communistes devront revoir leur copie, nous comptons bien non seulement résister mais aussi ouvrir de nouvelles perspectives pour notre parti, pour notre peuple. À la veille de l’anniversaire de l’assassinat du "CHE" pensons à se qu’il nous a légué, l’esprit de Résistance. Comme le titrait "Liberté" la semaine dernière : "le "CHE" continue de nous faire signe".