CHOISIR SON CAMP
CHOISIR SON CAMP
Par Dominique Watrin
“En critiquant beaucoup plus la méthode que le fond,
le Parti Socialiste laisse le terrain libre au rouleau
compresseur de la droite et sa politique anti-sociale.
Il obscurcit encore un peu plus la perspective d’un
changement progressiste dans notre pays.”
LA semaine qui s’annonce risque d’être particulièrement chaude. A l’image de Margaret Thatcher face aux mineurs anglais, Nicolas Sarkozy entend casser du syndicat pour mieux faire passer ensuite un recul généralisé de notre système de retraites : passage de 40 à 41 années de cotisations pour tous d’ici 2012, nouvelle baisse des pensions.
En critiquant beaucoup plus la méthode que le fond, le Parti Socialiste laisse le terrain libre au rouleau compresseur de la droite et sa politique anti-sociale. Il obscurcit encore un peu plus la perspective d’un changement progressiste dans notre pays. Il consolide les forces du renoncement au lieu de montrer l’alternative : une politique alternative de l’emploi (avec en premier lieu la lutte contre les délocalisations et les licenciements boursiers), l’augmentation du pouvoir d’achat (en commençant par les salaires), la mise à contribution des revenus financiers. Des accords de Barcelone signés par Jacques Chirac et Lionel Jospin (qui avalisaient la libéralisation du marché de l’énergie et le recul de l’âge ouvrant droit à la retraite) au mini-traité de Lisbonne, que les dirigeants du PS viennent de décider d’approuver – c’est la même politique destructrice qui s’affiche !
Ce traité européen dit simplifié n’est rien d’autre en effet que le format réduit du projet de Constitution Européenne rejeté par 16 millions de français dont de nombreux électeurs socialistes. Dès le 8 juillet, le parti communiste alertait sur les dangers de ce traité et réclamait un grand débat public débouchant sur un référendum. Car ce traité, comme le précédent, institutionnaliserait «une économie de marché ouverte où la concurrence est libre» ce qui va bien évidemment à l’encontre de la sauvegarde et du développement de l’emploi, des protections sociales, des services publics. Il consacre aussi, malgré les rodomontades de Sarkozy, les pouvoirs exorbitants de la Banque Centrale Européenne toute entière dévouée au service des marchés financiers, contre la croissance utile et le pouvoir d’achat.
Ce traité, c’est enfin l’alignement sur la dérive militariste et atlantiste de l’Union Européenne et l’obligation pour la défense d’être compatible avec l’OTAN et donc la stratégie impérialiste américaine. Ce déni de démocratie est un défi lancé au peuple français, plus particulièrement au peuple de gauche. Dans l’épreuve de force qui s’annonce, celui-ci peut compter sur l’engagement total du Parti Communiste Français pour aujourd’hui comme pour demain.