MATIERES DANGEREUSES - JACKY HENIN MET EN GARDE CONTRE TOUTE LIBERALISATION

Publié le par Liberté 62

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Liberté 62
n°790 - 20 - Le 4 Janvier 2008
 
Matières dangereuses - Rencontre débat à Calais avec des syndicalistes des transports
 
Jacky Hénin met en garde contre toute libéralisation,
y compris celle de la sécurité
 
Par Pierre Pirierros
 
 
Le Nord-Pas-de-Calais est la troisième région industrielle de France. 2 000 installations y sont soumises à autorisation, dont 55 sont classées sites Seveso 2. Tunnel sous la Manche, ports, routes, autoroutes, parkings, tous ces endroits sont des zones d’insécurité.
Récemment, un débat sur le transport des matières dangereuses réunit Jacky Hénin, député européen, maire de Calais, le comité régional CGT et des syndicalistes des secteurs concernés. Hervé Poly et Yann Le Pollotec, assistants parlementaires, participaient également à cette rencontredébat. Le collectif CGT, lui, souligne la pertinence d’un transport des matières dangereuses respectueux des hommes et de l’environnement. La Manche et la Mer du Nord connaissent un trafic maritime exponentiel.
 Pour Jacky Hénin, “il faut la plus grande concertation possible avec les intéressés afin d’éviter tout accident. Les zones portuaires, les parkings des poids lourds, les produits dangereux sur la route sont des domaines sur lesquels une réflexion approfondie doit exister. Nous savons que le risque zéro n’existe pas et il est légitime de créer les conditions de maîtrise maximale des risques. La politique libérale en ce domaine est de laisser faire le marché et tant qu’il n’y a pas d’accidents gravissimes, c’est la logique simpliste qui prévaut, c’est-à-dire, de ne rien faire. Mais, il y a les principes de précaution et toute notion d’irrationnalité est à proscrire, notamment, avec la filière nucléaire. Le renforcement des contrôles en amont nécessite la coopération de plusieurs services et de plusieurs secteurs.” Le syndicaliste de la CGT Police observe quant à lui le non respect des règles en usage dans notre pays par des chauffeurs routiers venant d’autres pays européens. Le contrôle routier doit être renforcé par la police, la gendarmerie, les douanes en continu et par des brigades spécialisées.
 
 Déréglementations
 
 La stratégie globale des transports (de tous types) est à redéfinir, les patrons routiers usent et abusent des déréglementations et font appel à une main d’oeuvre qui n’a pas forcément la maîtrise des langues usitées dans notre région. La traçabilité des matières dangereuses via un système satellitaire serait une avancée considérable et, notamment, avec la mise en service rapide d’un système européen comme “Galileo”qui tarde à venir et qui serait très utile en de telles circonstances. La sécurité des citoyens nécessite des investissements publics conséquents, les syndicalistes en conviennent tout en axant leur réflexion sur une démarche de prévention.
 La culture du risque n’est pas quelque chose d’anormal, car explosions, fuites toxiques, incendies sont des risques engendrés sur nos ports et nos routes.
Des propositions sont apportées par les syndicalistes et le collectif CGT s’est réuni à plusieurs reprises sur ces thèmes.
Développer l’innovation et la recherche au service du mieux être, cela est valable aussi en matière de sécurité. La prévention, la préservation de l’environnement et la lutte contre les nuisances font partie également des revendications des syndicalistes de la CGT ainsi qu’une connaissance des produits fabriqués et de leur mise en oeuvre.
La classification, la liste des marchandises dangereuses, les dispositions relatives à l’utilisation des emballages et des citernes, les conditions de transport, de chargement et de déchargement, le stockage, tout cela est à verser dans le débat avec l’assentiment du renforcement du service public et des droits des salariés.
 
“La problématique du transport des matières dangereuses, commente le collectif, revêt un caractère plus aigu sur Calais et le littoral de notre région. Le niveau européen est le niveau pertinent pour faire avancer ce dossier dans le sens du respect des hommes et de l’environnement. Les nouvelles technologies doivent être mises au service des hommes.” Aussi, une démarche est envisagée à Bruxelles, auprès de la commission européenne dans les prochaines semaines. Il est possible de faire bouger les choses. Participaient, notamment, à cette rencontre-débat, Lionel Gabé, (comité régional CGT), Pierre Fenard, (collectif CGT P and O), Christian Rocq (SNCF), Jean-Marc Alloy (CGT Police), Yvon Simplet, Marc Sagot (SeaFrance). Ce débat aura des prolongements tant à Bruxelles que lors de prochaines initiatives menées dans le Nord/Pas-de- Calais. “Environnement, sécurité, santé”, des revendications fondamentales.  
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Publié dans Politique

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