ARJO-WIGGINS (WIZERNES) - APRES DIX JOURS DE GREVE DES AVANCEES CONSEQUENTES

Publié le par Liberté 62




ARJO-WIGGINS (WIZERNES)

Après dix jours de grève, des avancées conséquentes pour les salariés

Par Pierre Pirierros

 

À l'appel de la CGT, de la CFTC et de FO, des débrayages de deux heures pour les factionnaires et d'une heure en fin de poste pour les salariés de jour sur une longue durée, 10 jours, ont permis des avancées certaines. Lundi 17 mars, la production a été bloquée toute la journée. La CFDT a rejoint le mouvement le vendredi 14 mars puis l’intersyndicale. La mobilisation a été massivement suivie avec des taux de participation frôlant les 80 %.

 

LE 19 mars dernier à la suite d’une réunion “interminable” avec un seul cadre de la DRH du groupe, mais sans la direction ni la DRH locales, les négociations avec l’intersyndicale ont débouché sur plusieurs points :

 

1,25 % d’augmentation au 1er janvier 2008

 

1,25 % d’augmentation au 1er juillet prochain

 

prime de vacances passée à 115 heures et calculée sur les deux augmentations

 

Étalement du paiement des heures de grève (deux heures retenues par mois)

 

L’intersyndicale a signé cette négociation avec ces résultats positifs mais prévient-elle, “la bagarre ne s’arrête pas là ; la direction des ressources humaines du groupe représentée par M. Manteau a pris bonne note des revendications permanentes : 55 heures pour le personnel de jour, les jours de retour et l’accord sur le rythme de travail du groupe 6“. “Comme des milliers de salariés, dit l’intersyndicale, nous réclamons une revalorisation de nos salaires. La mobilisation intervient dans un contexte où le pouvoir d’achat est sérieusement altéré par les augmentations des prix et par des décisions fiscales à caractère antisocial. La direction a porté seule la responsabilité du déclenchement du conflit”.

Les revendications étaient balayées d’un revers par une direction qui prend toujours pour prétexte la mauvaise situation économique. Mais qui a placé les “Papiers couchés” dans cette mauvaise passe ? La direction par son entêtement a fait perdre des sommes importantes à Arjo Wiggins. Sa désinvolture manifestée au comité central d’entreprise du 14 mars dernier avait pour seul but de faire oublier aux salariés les conséquences financières et commerciales de l’entreprise.

 

 

 

 

 

 











Jacky Dequirez, délégué CGT d'Arjo Wiggins :

"Rien n’est fait pour  pérenniser le site de Wizernes !"

 

Pérenniser le site

 

Jacky Dequirez, secrétaire de l’Union locale CGT, délégué d’Arjo Wiggins, est catégorique “rien n’est fait pour pérenniser le site, dit la CGT, les conditions de travail se dégradent. La plus grande des vigilances s’impose à tous les niveaux. Cette vigilance fait partie de l’action syndicale pour l’amélioration des salaires, des conditions de travail et surtout la mobilisation contre toute restructuration nuisible à l’emploi. Spécialisée dans le papier de qualité et le papier haut de gamme, l’entité Arjo Wiggins de Wizernes fait partie de la branche dite “papier couché”, avec une longue histoire dans cette vallée de l’Aa. Il y a peu, 52 embauches étaient programmées et devaient s’ajouter aux 470 personnes, avec les départs en retraite et autres départs déguisés, l’effectif est, aujourd’hui, de 368. On est loin du compte promis par la direction.” Le “monde du papier” connaît des mutations profondes et, à chacune d’entre elles, ce sont les salariés qui trinquent avec des suppressions de postes, des licenciements à la clé. Cela ne peut plus continuer.

 

Opposer les salariés entre eux

 

Opposer les salariés entre eux, les catégories professionnelles entre elles, voilà ce que sait (et veut) faire la direction d’Arjo Wiggins. On le sait, l’entreprise poursuit son implantation en Chine et achète au Danemark, une usine de fabrication de Papier recyclé. Les syndicalistes de la CGT entendent démonter les arguments de la direction et préviennent les salariés des mauvais coups qui les attendent. “La nouvelle attirance d’Arjo Wiggins, disent-ils, est le Papier Vert, une usine de désencrage est à l’étude, l’usine du Pas-de-Calais, à Wizernes, fait partie des candidats potentiels. Or, sur ce point précis, la direction annonce, déjà, qu’il n’y aura pas d’embauche ! Aujourd’hui, avec la pré-étude d’installation d’une station de désencrage, la direction met en avant une spirale de promesses pour diviser encore plus les salariés. Nous espérons que les aides publiques ne seront plus données les yeux fermés car les emplois promis ne sont pas au rendezvous.” C’est tout le contraire qui se produit : ni recherches, ni développement, ni innovation, ni création, ni embauches. Les partisans du déclin de la filière papetière n’auront jamais l’approbation des salariés et des syndicalistes ; ils ne bénéficieront jamais de leur passivité.

 

Chez Arjo Wiggins en Belgique, un climat délétère

 

Chez Arjo Wiggins Belgium, même discours et même état d’incompréhension en rapport avec les décisions prises par la direction. Le site de Nivelles est condamné à disparaître cette année ; les machines ont, déjà, été en partie installées à Virginal un autre site, qui se trouve à plus de 20 kilomètres de Nivelles. On investit à Virginal un site avec un accès très difficile pour les camions, des machines et une usine très peu adaptée à ce changement : manque de place et vétusté des bâtiments. On fait miroiter au personnel des investissements durables. Alors que l’on place les bureaux dans des bâtiments préfabriqués qui sont loués, des châpiteaux qui font fonction d’atelier, cela ressemble plus à du provisoire...

Le site de Nivelles a une unité de production de micros capsules indispensables pour le papier autocopiant ; cette unité qui dessert Virginal et aussi Wizerne en capsules synthétiques. Le climat, en Belgique, n’est pas très favorable au personnel de Nivelles qui accumule le stress et le risque d’accidents. L’action des salariés du site de Wizernes a fait plier la direction, c’est un signe encourageant pour l’avenir.

 

 

Filpac-CGT : Démarche revendicative de la profession

 

LES délégués FILPAC CGT, forts de l’expérience de ces dernières années, et face aux attaques en cours, estiment que le fil conducteur de l’offensive repose sur l’objectif libéral suivant : patronat et gouvernement veulent extirper la protection sociale du salaire. Ils veulent que la santé, la vieillesse, le chômage soient des risques pris en charge par les seuls salariés au moyen de contrats d’assurance privée, suivant leur pouvoir d’achat. Ne resterait plus, à terme, qu’une couverture générale minimale. C’est pourquoi les délégués de la FILPAC CGT proposent à tous les salariés de construire une démarche revendicative commune, dans la perspective de bâtir la nécessaire mobilisation.

L’emploi doit être encadré par un contrat de travail à durée indéterminée qui doit être la règle dans toute la branche. La rémunération dans ce contrat doit être le salaire qui rémunère la qualification et qui évolue en fonction de la hausse réelle des prix. L’emploi doit bénéficier de nouvelles sécurités, qu’il s’agisse de la reconnaissance de la pénibilité pour certains postes, et du maintien du contrat de travail garanti à tous, quelles que soient les difficultés économiques invoquées ou les restructurations provoquées.

 

Les délégués FILPAC CGT, avec tous les salariés, se déclarent disponibles à défendre et promouvoir la solution papier, sous toutes ses formes, comme réponse globale aux impératifs de respect de l’environnement écologique et social. En cela, ils s’opposent aux méfaits de la mondialisation libérale, qui sacrifie, contre tout bon sens, des capacités de recherche, de développement et de production correspondant à ces critères sociaux et environnementaux.

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