OUVERTURE AU CENTRE

Publié le par Liberté 62

 


 


Ouverture au centre


Par Jean-Michel Humez

SI dans un premier temps, Nicolas Sarkozy a limité les contacts et les rapprochements avec le centre, il apparaît que l'évolution de la situation le ramène à un autre raisonnement. Les élections municipales et cantonales s e m b l e n t avoir été le déclic dans ce début de changement de positionnement,les électeurs du centre etplus particulièrement ceux duMODEM ayant aidé à faire élirede nombreux élus socialistes.

Certes le président de la République considère que le résultat des récentes élections n'est qu'une péripétie comme l'ont connue les présidents qui l'ont précédé. C'est ce fameux verdict des élections intermédiaires, lors desquelles les électeurs n'auraient qu'une obsession : se défouler à moindres frais. L'argument se veut convaincant mais il n'est guère valable pour chaque rendez-vous.

De Gaulle, en 1965, et Pompidouen 1971, ont connu des municipales qui étaient loin d'être catastrophiques. Mitterrand, en 1989,les a gagnées alors qu'il les avait perdues en 1983.En 1995 et en 2001, Chirac les a également gagnées mais dans des contextes très particuliers. Reste, à droite, Giscard, humilié aux municipales de 1977. Un peu comme Sarkozy, le mois dernier. Un résultat qui se traduitdonc par la mort de l'ouverture à gauche et par l'évolution de l'ouverture au centre ! C'est la principalesurprise du mini-remaniementgouvernemental en totale contradiction avec la réaffirmation de Nicolas Sarkozy, fin février, sur sa volonté de poursuivre l'ouverture à gauche, citant le nom de Claude Allègre.

Le président de la République avait déploré ensuite, un moment des municipales, les bonnes manières de certains dirigeants de l'UMP à l'égard de François Bayrou. Le centre, ça n'existe pas, avait-il expliqué en substance en conseil des ministres. Pourtant, dans la deuxième équipe Fillon, aucune personnalité de gauche. En revanche, le contingent centriste double : à Hervé Morin et Valérie Létard viennent s'adjoindre Anne-Marie Idrac, ancienne secrétaire générale de l'UDF, désormais secrétaire d'État au commerce extérieur, et Christian Blanc, ex-député apparenté UDF, nouveau secrétaire d'État au développement de la Région Capitale.

Avec ce rapprochement avec le centre, Nicolas Sarkozy a entendu la voix des ténors de la majorité qui, de Jean-Pierre Raffarin, à Jean-Louis Borloo en passant par Alain Juppé, s'inquiétent de la droitisation de l'UMP. Pour eux, l'UMP ne doit pas oublier les électeurs du centre, désorientés par la stratégie de Bayrou au point de voter massivement pour des candidats socialistes.

 


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Publié dans Edito

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