LENS - LES RETRAITES ET VEUVES DE MINEURS MANIFESTENT

Publié le par Liberté 62




À LENS, JOURNÉE D’ACTION CONTINUE DE LA CGT

Les retraités et veuves de mineurs manifestent pour une revalorisation de leurs retraites

 

Journée d’action continue de la CGT pour les retraités mineurs, les veuves et les ayantsdroit ; jeudi 17 avril dernier, la salle Jean Nohain, à Lens, a résonné des vives protestations et dénonciations d’un système qui a montré ses limites envers toute une corporation. Témoignages, prises de paroles, pétitions, manifestation à la sous-préfecture, délégation, cette journée d’action est une nouvelle étape dans la lutte pour une totale prise en compte de revendications fondamentales. Pour garantir un bon niveau de retraite, conquérir (et reconquérir) l’indexation des retraites sur l’évolution du salaire moyen.

 

Par Pierre Pirierros



PAS de pension inférieure au smic ; 200 euros pour tous comme mesure de rattrapage ; indexation des pensions sur l’évolution moyenne des salaires ; pension de reversion à 75 % du montant de la pension du conjoint ; égalité des soins pour tous ; suppression des franchises médicales : lutter plus pour gagner plus, le ton est évidemment à une mobilisation exemplaire pour aujourd’hui et pour demain, une mobilisation qui se traduit aussi par une prise de conscience très nette chez tous les retraités, qu’ils soient du secteur de mines, de l’énergie. La perte du pouvoir d’achat est grande.

Raymond Frackowiak, secrétaire régional des mineurs CGT Nord/Pas-de-Calais, Henri Tobo, Jocelyne Boyer, au nom de la fédération CGT Mines-Énergie, Robert Germain, secrétaire des mineurs CGT de Montceau-les- Mines, Blanche Bellanger, des Retraités UCR-CGT ont tour à tour souligné cette grande offensive pour le pouvoir d’achat. Au bout de quinze ans de retraites, le pensionné perd 20 % de pouvoir d’achat, c’est inadmissible. Les feuilles de pétitions récoltées sur ce point précis marquent l’exaspération des retraités et veuves de mineurs devant les effets dévastateurs de la stagnation et de la régression de leur pouvoir d’achat. L’indexation des retraites sur les prix serait une bonne chose mais le gouvernement pratique la surenchère en pénalisant tous les salariés. Les retards entre le régime général et le régime minier ne cessent de se creuser ; Sarkozy, en candidat démagogue, avait fait beaucoup de promesses pour une refonte totale de l’attribution des retraites des mineurs, mais une fois, élu, tout est oublié, pire, le tour de vis supplémentaire est donné devant l’inflation importante de ces derniers mois.

Une indexation des pensions servies sur les seuls prix et non sur l’évolution du salaire moyen. Au bout de 15 ans de retraite, le pensionné aura perdu au moins 20 % de pouvoir d’achat par rapport aux actifs. La France contrairement à ce qui est dit, est en pointe au niveau européen dans les sacrifices demandés. C’est vrai que dans tous les pays européens des mesures ont été prises pour équilibrer les régimes de retraite à l’horizon 2030-2050.

Un climat social délétère La CGT estime que le climat social ne cesse de s'alourdir en France au point que tout est réuni pour des mobilisations d'ampleur. L'ambiance sociale n'a plus rien à voir avec ce qu'elle était il y a six mois. Entre la refonte de la carte Famille nombreuse, l'augmentation des tarifs du gaz, la réforme de l'Etat -qui va conduire à la suppression de nombreux services publics les mesures annoncées chaque jour contribuent à alourdir le climat. Et Raymond Frackowiak d’observer qu’il faut poursuivre ce qui a été fait en 2001 avec un “certain rattrapage” des pensions des mineurs par rapport au régime général. “Il faut assurer, dit-il, l’égalité en matière de retraites Les gouvernements successifs ont mis en avant le principe d’égalité pour justifier leurs réformes régressives. Mais ils ont laissé de côté les inégalités les plus criantes. La reconnaissance des travaux pénibles, dangereux et astreignants par un départ anticipé à la retraite, était réclamée par la CGT depuis de longues années. Elle était prévue dans l’article 12 de la loi d’août 2003 sous forme d’une négociation interprofessionnelle devant établir la reconnaissance de la pénibilité en matière de retraite. Elle n’est toujours pas effective”.

 

Défendre un système de santé solidaire

 

Quid de l’égalité des soins instaurée, en 1945, lors de la création de la Sécurité sociale ? De plus en plus, cette égalité est battue en brèche ; à l’opposé d’un système solidaire, il y a les assurances privées, selon le niveau et, par conséquent, le prix, le contrat de couverture varient énormément. C’est le renforcement d’une médecine inégalitaire. Le prétexte de financement des plans “cancer” et “Alzheimer” ne tient pas. Il est aussi mince que la “rupture” prônée par le pouvoir. Le financement solidaire est une condition indispensable pour améliorer le système de santé existant. La prévention des maladies est une donnée fondamentale. Une des réponses aux besoins de la population de cet ex-Bassin minier passe par ces Centres de santé, qui ont démontré leur efficacité, depuis la création de la SSM à la Libération.

Le Medef, lui, veut à tout prix s’arroger une place majeure dans tous les organismes en organisant un rapport de forces basé sur la “puissance” de l’entreprise dans le système économique actuel. Il a l’oreille du gouvernement actuel. Dans tous les domaines. De puissants groupes privés, que ce soit dans l’Artois ou le littoral du Pasde- Calais, s’octroient les activités les plus rentables et les plus juteuses. L’Hôpital public est attaqué de toutes parts. Dans ce cadre, la possibilité aux patients du régime général de se faire soigner dans ces Centres de santé permet, non seulement, une garantie de soins, mais aussi, un suivi médical avec un personnel médical conventionné.

 

Initiative nationale

 

Une initiative d’envergure nationale est prévue à Paris avec tous les syndicats CGT des mineurs pour démontrer que l’enjeu des retraites est un enjeu national pour l’augmentation des pensions en rapport avec l’augmentation du pouvoir d’achat.

Les 250 personnes rassemblées, à Lens, lors de cette journée d’action, en ont marre des injustices subies et répétées de la part des pouvoirs publics. Les déclarations récentes du ministre du Travail sur le régime minier qui “bénéficie déjà d’une subvention de l’État” sont la preuve d’une provocation délibérée. La question est celle de l’équilibre financier des régimes de retraite à moyen et long terme. Le “trou” de la Sécurité sociale n’est pas une fatalité. Depuis 20 ans, gouvernements et patronat ont refusé de donner des moyens complémentaires à la protection sociale et notamment aux systèmes de retraite.

Le compromis de 2003 passé par le patronat sur le recyclage en faveur de la retraite des cotisations UNEDIC, ne tient pas débout. D’une part, que veut dire un excédent de l’UNEDIC quand plus d’un chômeur sur deux n’est pas indemnisé ? L’action se poursuit et de Lens à Paris, les revendications des mineurs sur leurs retraites sont défendues à bout de bras.

 

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