ARC INTERNATIONAL-LA DIRECTION PREPARE DES LENDEMAINS DIFFICILES

Publié le par Liberté 62




ARC INTERNATIONAL

La direction prépare des lendemains difficiles...

Par Pierre Pirierros

 



RECENTRAGE du coeur de métier à Arc International, le ton était tout de même à l’offensive, lors de la remise des médailles du travail (une tradition qui permet à la direction de jouer les pères fouettards) du 1er mai. Certes, le changement de secrétaire du comité d’entreprise (avec la bénédiction de ces mêmes pères fouettards) a été l’occasion pour Guy Foube de s’en prendre aux syndicalistes qui ont refusé l’accord de méthode de 2004, autrement dit la CGT et FO, dans un ordre du discours qui dit bien ce qu’il veut dire. Si ça va mal à Arques, c’est la faute aux salariés et à des représentants syndicaux combatifs, quant à la direction, elle est priée de revoir sa copie ; explication de textes, si vous voulez, on va vous aider - nous les délégués du Syndicat autonome à mieux présenter vos projets puisque les affaires financières ne vont pas si mal que cela. Message reçu par Patrick Gournay, président du directoire et par Guillaume de Fougières, directeur général Europe : “nous perdons de l’argent, mais c’est à cause du financement du plan social (traduction automatique de l’accord de méthode)”. La plupart des départs en pré-retraite est financée par l’État et la CGT de mettre la décision de ces suppressions d’emplois transformées en pré-retraite sur un accord tacite avec le ministère du travail et la direction. Un plan de revitalisation est “mis en route” par le même État.

 

Et le rôle de l’État ?


Est-ce à dire que l’État doit encore mettre la main à la poche pour aider Arc International à financer les départs qu’elle organise ? C’est, en raccourci, ce que veut la direction en dévoilant les bons chiffres pour les premiers mois de 2008 mais il va falloir aux travailleurs se serrer toujours plus la ceinture. Ce n’est pas la peine de revendiquer, il n’y aura pas d’oseilles... Il va falloir poursuivre la capacité de production pour être au plus près des clients. Et le directeur général Europe de se montrer sûr de lui en déclarant : “nous n’hésiterons pas à prendre des décisions difficiles lorsqu’une activité se révèlera non rentable”, ce qui fut fait avec l’arrêt du four B et la production de cristal prévue en 2009. Le produit historique disparaît et le Syndicat autonome (étymologie contraignante) de “prier (sic) la direction d’avoir de grands projets !” La boucle est bouclée et l’année 2008 est loin de s’achever ; de mauvaises nouvelles attendent toujours les salariés.

 

Hypocrisies

 

Évelyne Largillière, secrétaire du syndicat CGT, nous précise que la situation n’est guère favorable, ni aux salariés, ni à l’emploi, ni à l’avenir d’une des plus grandes entreprises privées du pays. C’est le moins que l’on puisse dire. Depuis l’automne 2004 et le lancement par la direction de l’accord de méthode, (2659 suppressions d’emploi transformées en préretraites payées par l’État), tout est chamboulé. La direction évoque toujours la palinodie d’aucun licenciement sec. C’est une hypocrisie totale. Et cette situation devient de plus en plus inquiétante par tous celles et ceux qui y travaillent.

La stratégie d’Arc International est préoccupante et le mécontentement est général à l’intérieur de l’entreprise. Un processus s’engage, c’est sûr, mais pas en faveur des salariés. L’accord de méthode ? La CGT a refusé de le signer, car au-delà de la forme, il y a le fond. Et le fond, d’ici 2010, c’est la finalité évidente d’un plan de suppression de milliers d’emplois.

C’est une crise sans précédent, commente la secrétaire de la CGT. Nous sommes dans un mouvement généralisé de stagnation, voire de réorientation complète des produits. Tous les secteurs nous préoccupent et l’unité de “Blaringhem” - le Cristal - sera fermée en 2009... C’est la fin de tout un savoir-faire, c’en est fini du produit historique de la société. Le Cristal qui est une image de marque sera toujours commercialisé mais produit ailleurs”. La mise en route de Saverglass, prévue dans les prochaines semaines, sur le site d’Arques, cédé, rappelons-le, par Arc International, avec de fortes subventions publiques, ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. Elle ne l’est assurément pas pour tous les salariés de l’Audomarois.

 

 

Publicité

Publié dans Social

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article