REFUSER LES MENSONGES D'ETAT

Refuser les mensonges d’État
EN cette année du 40ème anniversaire de Mai 68, les jeunes nourris de l’expérience des luttes contre le CPE et l’Europe capitaliste commencent à prendre conscience des rouages qui ont commencé à les broyer, alors que le gouvernement mise encore essentiellement sur leur inexpérience. En 1968, dont les médias ne nous parlent que comme un vestige du passé ou une révolution en dessous de la ceinture, le SMIC a été revalorisé de 30 %.
Le grand patronat savait manier aussi bien qu’aujourd’hui le chantage à la mort de notre économie et, pourtant, jamais après nos entreprises et nos fleurons industriels ne se sont mieux portés. C’est que les luttes et la consommation populaires étaient et restent la base indispensable de la croissance. Le monde a changé depuis 68, mais s’il est tellement difficile de résister au dumping salarial des pays émergents, c’est parce l’Europe est incapable de mettre en place la moindre mesure de préférence communautaire, la moindre mesure de protection et de garantie par le haut des droits de ses salariés. Au contraire, en l’état, sa raison d’être est de se livrer au dumping social le plus inacceptable : elle ne contribue qu’à faire de l’argent la première des marchandises et elle nous entraîne dans la spirale planétaire d’une spéculation financière effrénée. La Bourse dicte sa loi et engloutit des masses monétaires faramineuses ; les fonds de pension anglo-saxons pillent et mettent sur la paille des entreprises performantes, en les poussant aux délocalisations. La crise des crédits à risque dite des subprimes a occasionné des drames pour des dizaines de milliers de familles américaines et une perte de l’ordre de 1000 milliards de dollars sur les marchés financiers internationaux.
Pour renflouer de telles pertes, les banques centrales et les Etats sont intervenus : là, on sait trouver de l’argent ! Mais pour se renflouer les institutions financières et les fonds d’investissement ont aussi trouvé matière à spéculer sur le blé, le riz, le colza en affamant des peuples entiers par l’explosion des prix. Sous la Révolution, les affameurs du peuple étaient guillotinés ! Décidément, pas plus hier qu’aujourd’hui le capitalisme ne pourra faire autre chose que la démonstration de son incapacité à établir un quelconque ordre moral, social et économique. Et on comprend pourquoi Sarkozy affirme que les grandes avancées de civilisation de 1936, 1945 et 1968 n’ont été possibles que par laxisme, acceptation du déclin et refus du travail. Evidemment, défenseur des riches et des puissants, il omet de dire qu’aujourd’hui, il y a dans la sphère de la grande finance spéculative huit fois plus d’argent que dans la sphère de la production.
Toutes les politiques fiscales menées depuis, ont favorisé cette confiscation des richesses basées à l’époque sur le travail et le capital investisseur. C’est pourquoi ce qui a été possible avec, par exemple, la mise en place de la sécurité sociale en 1945 dans un pays mis à plat par cinq années de guerre et d’occupation, on nous dit que ça n’est plus possible aujourd’hui. Déficit, dette…les grands mots sont lâchés et les mensonges d’Etat avec eux. 63 % de dette, c’est moins que les USA, moins que le Japon, moins que la moyenne de la dette des pays européens. Depuis 1974, comme tous les autres pays, la France est en dette. Les économistes sérieux sont beaucoup plus inquiets pour la dette des ménages ! Ensuite, le déficit budgétaire…il est de 2,7 %, inférieur à ce qu’impose l’Europe de Maastricht…Va-t- on encore et toujours tenter de nous imposer des sacrifices et des souffrances ? Il ne s’agit pas de se plaindre, mais véritablement de porter plainte !!..une autre manière de dire la grande bataille d’opinion à gagner pour que s’ouvrent des perspectives réelles de changement.
Une bataille que le pouvoir craint et qui peut le faire reculer. Une bataille dont c’est la responsabilité des communistes que de la mener, où qu’ils soient.