MOBILISATION DEVANT LA CAF D'ARRAS...
Mobilisation devant la CAF d'Arras pour la défense
des allocations familiales
A l'initiative des élus communistes, une soixantaine de personnes se sont rassemblées, vendredi après-midi, devant la CAF d’Arras pour dénoncer le «hold-up» de près de 140 millions d’euros sur les familles que constitue la mise en oeuvre par le gouvernement du décret de majoration unique des allocations familiales.
Par Jérôme Skalski

LES allocations familiales étaient jusqu’ici majorées de 33,51 euros à partir de l’âge de 11 ans et de 59,57 euros à partir de l'âge de 16 ans. Mise en oeuvre par décret au 1er mai de cette année, une majoration unique de 59,57 euros à partir de l’âge de 14 ans remplace le système antérieur.
En passant, selon les calculs de l’Union Nationale des Allocations Familiales (UNAF), le manque à gagner serait, en moyenne, de près de 600 euros par famille et le «pactole» récupéré par le gouvenement sur le dos des familles de près de 140 millions d'euros.
Un véritable «hold-up» du gouvernement sur les poches des familles
Pour contrecarrer ce «hold-up» du gouvernement sur les poches des familles, les élus et les militants communistes entendent mobiliser la population. Dans cette perspective, plus de 60 personnes – élus, militants communistes et mères de familles – se sont rassemblées vendredi 16 mai après-midi devant les locaux de la CAF d'Arras et ont envoyé une délégation d'une douzaine de personnes à la rencontre de son directeur.
Une perte de près de 600 euros alors que les familles subissent déjà de grosses difficultés pour gérer leur budget
Présentant le sens de la démarche des élus et des militants communistes ainsi que des mères de familles venus d'Arras, de Barlin, de Lens, de Divion, d'Avion, de Douai et de Rouvroy auprès de l'administration de la CAF d'Arras, Dominique Watrin, conseiller général communiste du Pas-de-Calais, a fait le point sur la situation.
«Nous sommes révoltés par ce décret, a-t-il expliqué. Le système antérieur de deux majorations, à 11 et 16 ans, correspondait à des étapes importantes de la vie des familles. La mise en place de la majoration unique, pour nous, n'est justifiée par rien. En plus, elle se ramène à une perte de près de 600 euros alors que les familles subissent déjà de grosses difficultés pour gérer leur budget.»
Une régression qui s'ajoute à d'autres régressions
«Cette régression a-t-il précisé, s'ajoute à d'autres régressions. Depuis 25 ans, la valeur des allocations familliales a diminué de 24 %. L'argumentation du gouvernement selon laquelle les économie faites sur la majoration permettra de financer l'accueil de la petite enfance nous semble dérisoire alors qu'on estime à 600 000 millions d'euros la diminution des crédits aux communes qui construisent des crêches.» Poursuivant, les élus communistes ont, en outre, abordé les questions de la départementalisation des CAF, de l'Allocation Rentrée Scolaire et de la révision du montant des APL suite à une baisse du revenu des familles.
«Dura lex, sed lex...»
Tout en confirmant les informations portées par la délégation conduite par les élus communistes sur la majoration unique, le directeur de la CAF d'Arras a expliqué, qu'il était chargé, en tant que gestionnaire, d'appliquer la réglementation mise en place par la loi et le gouvernement et qu'il n'avait pas le pouvoir ni de la changer ni de la juger. «Dura lex sed lex a-t-il déclaré. Ceux qui peuvent changer les règles et les lois que nous sommes chargés d'appliquer, ce sont les députés et les sénateurs ou bien encore le gouvernement.»
Il s'est cependant engagé à mettre à l'ordre du jour du prochain conseil d'administration de la CAF – organe politique de l'administration – les revendications portées afin d'alerter le gouvernement et de relayer le mécontententement des familles exprimé par les élus et les militants communistes.