AUTOMOBILISTES À VOTRE TOUR D'AGIR !

Publié le par Liberté 62



AUTOMOBILISTES À VOTRE TOUR D'AGIR !

 


Par Jean-Claude Danglot


CHER, très cher carburant, les prix à la pompe ne cessent de grimper. Les catégories professionnelles les plus touchées par cette crise pétrolière, réagissent. Marins-pêcheurs, taxis, transporteurs... La semaine prochaine risque de connaître d'énormes perturbations. Le gouvern e m e n t tente de calmer les esprits d'une colère qui s'étend à plusieurs pays d'Europe, mais le consommateur français est doublement pénalisé par la taxation des produits pétroliers particulièrement élevée dans notre pays. Et nos dirigeants ont déjà les moyens d'agir directement sur ce sujet qui contribue à la formation des prix à la pompe.

C'est la faute aux pays producteurs entend-t-on ! Certes ceux-ci qui connaissent les limites des réserves mondiales abusent de la situation mais à qui fera-t-on croire que les dirigeants des plus grands pays riches, qui payent le prix fort de cette crise, n'ont pas les moyens de faire pression et de prendre des mesures européennes, internationales pour revenir à une situation raisonnable. Enfin, dans un pays comme le nôtre, où le permis de conduire et la mobilité sont des critères essentiels à l'embauche au delà des professionnels de la route, nombreux sont les automobilistes dont les déplacements ne se limitent pas aux loisirs.

Dans une période où tout le monde reconnaît, même le président de la République, la perte du pouvoir d'achat, il n'y a aucune raison, au contraire, à banaliser, s'accoutumer de ces hausses excessives qui nous rendent la vie encore plus chère. D'autant que ces hausses de carburant ont de nombreuses répercussions, la grande distribution n'en fera pas les frais, elles les répercutent sur les producteurs et les consommateurs. Notre cher président s'inquiète des prix à la consommation, mais c'est trop difficile d'admettre pour quelqu'un qui mène une politique à faire payer les pauvres, que ce sont les plus vulnérables qui subissent de plein fouet cette crise pétrolière qui s'ajoute à leurs difficultés quotidiennes. Et que dire de la flambée du fioul domestique, et ses conséquences pour l'hiver prochain où de nombreuses familles, de petits retraités n'auront plus les moyens de remplir leur cuve et de se chauffer convenablement et en toute sécurité.

Enfin, au moment où on reparle de Mai 68, certains documentaires et commentaires tentent de faire croire aux générations qui n'ont pas connu cette période, qu'il s'agissait avant tout d'une crise de croissance de la jeunesse, d'une volonté de libérer les moeurs. Excusez l'expression mais quelqu'un a eu ces mots : «Mai 68, c'était une grande partouze». On veut faire oublier, au moment où le pouvoir d'achat est au coeur de nos revendications, que le grand mouvement de mai 68 reposait pour les travailleurs de cette époque sur des grandes questions sociales qui ont débouché sur les conventions collectives et 3 5% d'augmentation du smic sans pour autant qu'un patron ferme sa boutique. Aujourd'hui, Sarkozy ne trouve pas d'autre solution à proposer que celle de l'intéressement déjà en débat sous De Gaulle, lorsque les mineurs criaient dans les rues «Pompidou des sous». Il n'y a pas d'autre solution pour la relance du pouvoir d'achat que l'augmentation des salaires, des retraites, et prestations familiales, même si évidemment il faut lutter contre toute dérive d'augmentation des prix et en particulier celle des carburants devenue insoutenable. Et si l'automobiliste sortait de son individualisme pour entrer dans un grand mouvement d'action collectif ? Nous invitons en tout cas les communistes à s'adresser dans les jours à venir aux automobilistes que nous sommes presque tous. Un tract du PCF sur cette question est très explicite.

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Publié dans Edito

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