OPÉRATION SOLIDARITÉ ENFANTS DE TCHERNOBYL
OPÉRATION SOLIDARITÉ
ENFANTS DE TCHERNOBYL
Comme chaque année, le Secours Populaire du Nord-Pas-de-Calais organise l’opération Solidarité Enfants de Tchernobyl. 250 enfants Biélorusses sont pris en charge dans des familles d’accueil du Nord-Pas-de-Calais.
Par Karim Ben Tayeb
IL est 9h du matin ce samedi 26 juillet 2008, les premiers enfants accompagnés de leurs familles d’accueil arrivent au siège de la Fédération du Pasde- Calais du Secours Populaire Français à Arras. Les visages sont un peu fatigués mais surtout, c’est l’émotion qui est palpable, un homme et sa compagne ne peuvent retenir une larme, les derniers conseils, les derniers mots tendres, Irina 8 ans va bientôt monter dans le bus, devoir les quitter pour retourner chez elle, là-bas à Moguilev. “C’est vraiment dur de se séparer, mais on se revoit dans un an, c’est promis.”
Depuis 1991, le Secours Populaire Français du Nord-Pas-de-Calais, en partenariat avec le Conseil Régional organise cette vaste opération très justement intitulée Solidarité enfants de Tchernobyl. L’opération consiste en l’accueil dans des familles françaises d’enfants vivants dans la région de Moguilev, située à environ 200 km au Nord de la centrale nucléaire. “Beaucoup de parents d’accueil les considèrent comme leur deuxième famille” confie Brigitte Mismacque, secrétaire départementale du Pas-de- Calais et présidente du comité local. Pour cette bénévole qui suit l’aventure depuis 10 ans, “la séparation est toujours difficile.”
Pourquoi des enfants de Moguilev ? Parce que, nous explique Christian Lampin, Secrétaire Général de la Fédération Départementale du Pas-de- Calais, “juste après l’explosion en 1986, nous nous sommes rendus sur place pour évaluer les besoins et voir ce que nous pouvions mettre en place. Moguilev est située en Biélorussie sur la frontière avec l’Ukraine, à l’époque il est apparu que les retombées radioactives avaient particulièrement touchées la ville.” Le Secours Populaire a donc décidé de travailler en partenariat avec le gouvernement biélorusse dès 1991.
Avec le Conseil Régional et d’autres associations le Secours Populaire a monté cette opération qui affichait deux objectifs : Tout d’abord faire venir 250 enfants âgés de 8 à 12 ans en vacance dans le Nord-Pas-de-Calais. Ensuite permettre à ces enfants touchés par la radioactivité et ses conséquences de se porter mieux. Ce mois passé en France les aide réellement à renforcer leurs défenses immunitaires, ils n’ingèrent plus d’aliments radioactifs, c’est en quelque sorte un séjour prophylactique.
Par là-même occasion le Secours Populaire travaille à ce qui constitue son essence même, tisser toujours plus les solidarités entre les associations, les autorités biélorusses, le Secours Populaire et les familles. “Nous sommes toujours rentrés dans nos objectifs, même s’il est vrai que nous devons constamment travaillé à la communication, battre le rappel dans les derniers temps, nous atteignons toujours les 250 familles d’accueil.”
Christian Lampin atteste du bon vouloir des familles mais aussi du Conseil Régional et même de la presse, les soutiens ne manquent pas et le relais de l’information a bien lieu, “cela nous permet d’avoir deux ou trois familles en réserve en cas de problème, c’est important pour ne pas pénaliser un enfant biélorusse”. “Il y a deux sortes de familles d’accueil”, poursuit Christian Lampin, “celles qui désirent voir revenir le même enfant chaque année, celles qui choisissent un enfant différent. Mais nous nous refusons au Secours Populaire à intervenir dans ce choix, même s’il est vrai que nous privilégions le turn over. Il faut faire partir le plus d’enfants possibles”
Aujourd’hui, l’opération semble bien rodée et l’année prochaine est déjà dans tous les esprits. Alors que la veille, le deuxième séjour, celui du mois d’août venait juste de débuter, le bus des enfants de juillet démarre. Les enfants font un dernier signe, Christian esquisse un sourire, il y a beaucoup d’émotion dans l’air. “Je pense qu’on peut dire que l’opération est aujourd’hui un franc succès”.
Les familles d’accueil sont maintenant de la deuxième génération !
Les enfants accueillis en 2008 sont nés après la catastrophe de Tchernobyl, quant aux nouvelles familles d’accueil, elles sont aujourd’hui de la deuxième génération. Des candidats viennent nous expliquer que leurs propres parents accueillaient des enfants, et c’est tout naturellement qu’eux-même désirent reprendre le flambeau. “Quand on arrive à faire ça, on a vraiment gagné quelque chose de fort dans cet esprit de solidarité que veut développer le Secours Populaire.”
Le Secours Populaire travaille également avec des étudiants en BTS économie familiale et sociale sur les questions sanitaires et alimentaires. “Nous souhaitons nous faire notre propre opinion quant aux conséquences réelles de la radioactivité sur l’organisme, l’objectivité est difficile à obtenir dans ce domaine du fait d’enjeux qui dépassent bien souvent les questions de solidarité.” Donc pour peu que les dons continuent d’arriver, que le Conseil Régional maintienne ses subvention et que les bénévoles du Secours Populaire aidés en cela par la presse accomplissent leur travail d’information, l’opération Solidarité Enfants de Tchernobyl a de beaux jours devant elle.
“Mais nous ne devons pas nous endormir sur nos lauriers, il n’y a pas que cette opération en cours. En France, un enfant sur trois ne part pas en vacances, l’opération Solidarité Vacances se poursuit tout au long de la période estivale. Nous voulons faire partir des enfants dans d’autres départements, il y a le projet avec la Savoie à Chambéry, il y a le séjour découverte à Port-Cros”. “Puis nous nous sommes associés avec l’Association Nationale des Chèques Vacances pour faire partir des familles entières autour de la dotation de chèques vacances comprenant les séjours et les déplacements.” “Enfin il y a la journée des oubliés des vacances à Berck le matin, à Bagatelle l’après-midi. Nous comptons faire partir 8000 personnes sur Berck, cela sera une grosse journée !”