FAURECIA AUCHEL - UN SECTEUR INDUSTRIEL EN CRISE ...

Publié le par Liberté 62


FAURECIA AUCHEL UN SECTEUR INDUSTRIEL EN CRISE INTERROGATIONS QUANT À LA PÉRENNITÉ DU SITE

 

La liquidation de Cadence Innovation, à Noeux-les-Mines, entraîne de légitimes inquiétudes quant à la pérennité des postes de travail et des unités de production dans tous le secteur des équipementiers automobiles. Les délocalisations, notamment dans les pays de lʼEst, mais pas seulement, touchent tous les secteurs dʼactivités et surtout les équipementiers automobiles.

 

Par Pierre Pirierros

 

 

DEPUIS ces trois dernières années, les fermetures de services, les liquidations, les restructurations, la fuite des marchés, préoccupent au plus haut point les salariés dʼun secteur industriel primordial sur la carte géographique du Nord et du Pas-de-Calais En juin dernier, dʼimportants débrayages étaient observés massivement à Faurecia Auchel, à lʼappel de laCGT et de FO. Principalmotif de colère, les conséquences futures quant au maintien des 600 emplois de lʼusine qui travaille pour Toyota, Volvo et Renault et produit des planches de tableaux de bord et des panneaux de porte. Conséquences liées à un plan social en cours et la fin dʼun important contrat avec des constructeurs automobiles.

Aujourd'hui, le courrier du préfet au maire d'Auchel ouvre la porte à de nombreuses interrogations. (Lire par ailleurs la déclaration de Maurice Distinguin, conseiller municipal PCF d'Auchel). Les commandes passent par des contrats précis et ont comme date butoir 2010. Cʼest-à-dire demain, dʼoù la grève de prévention pour exiger des garanties pour lʼavenir. Un autre contrat court-il jusquʼen 2012 ? Bien des questions sont posées. Mais lesdiminutions dʼemplois et les plans sociaux sont des pratiques courantes chez Faurecia, que ce soit à Auchel, Marles-les-Mines, Brebières ou Hénin-Beaumont pour le Pas-de-Calais mais dʼautres unités dans dʼautres régions sont touchées également.

L'équipementier automobile Faurecia va ainsi supprimer entre 200 et 300 emplois sur son site de Flers, dans lʼOrne, d'ici 2010, en raison "d'une dégradation de l'environnement global dumarché automobile e de difficultés financières". Ces suppressions d'emplois interviendront dans le cadre du regroupement des trois sites actuels situés autour de Flers (en un seul), en cours de construction, situé dans un campus industriel baptiséMécapolis et qui ouvrira en octobre 2008. "L'environnement global du marché automobile s'est considérablement dégradé : baisse des volumes en Europe de l'ouest; graves difficultés, voire disparition de certains équipementiers et fournisseurs ; pertes financières” voilà les prétextes avancés par la direction.

LʼAutomobile est devenue, dans le secteur industriel, le premier employeur dans le Nord/Pas-de-Calais, avec 55 000 emplois. Des “Pôles de compétitivité” existent tous azimuts, mais sans implications des principaux intéressés, les salariés et leurs syndicats. La Recherche est au point mort. Sous couvert dʼun plan de modernisation à Faurecia, la direction programme la réduction dʼeffectifs pour les trois usines et ce pour les trois ans à venir. Mais lʼon sait bien que toute chronologie a des effets pervers sur lʼemploi. La direction ne parle pas de suppressions de postes de travail mais seulement de réduction, où est la différence ? Les salariés et les syndicalistes de la CGT savent quʼon ne peut jouer impunément avec les mots, car ils expriment, hélas, une situation sociale donnée. En lʼoccurence, des pertes dʼemploi pour les trois sites. Récemment, les délégués de la CGTmettaient en garde les personnels par rapport à ces réductions dʼemplois en raison dʼune réorganisation de la production. À Méru, dans lʼOise, la direction annonce toujours différents dispositifs amenant à cette réorganisation, ce que dénoncent les syndicalistes de la CGT.

L'équipementier automobile Faurecia Industries annonçait, en juillet 2006, qu'il prévoyait de supprimer 232 postes sur son site d'Hénin-Beaumont qui compte 700 salariés. Le site produit des planches de bord pour les constructeurs automobiles du nord de la France. A Faurecia Hénin-Beaumont, personne nʼest à lʼabri dʼune suppression de postes, cela avait commencé avec les intérimaires, puis la direction a fait appel “aux départs volontaires”, aujourdʼhui, cʼest un dégraissage de plus de 230 emplois. Quand les profits arrivent, cʼest pour tout le groupe mais lorsque les commandes baissent, ce sont les filiales qui trinquent.

Lʼambiance est particulière dans lʼusine, quand on dérange, cʼest la guillotine. Quelle est la durée de vie de lʼunité dʼHénin-Beaumont ? Le flou est entretenu et des productions entières partent pour dʼautres sites. Des propositions sont faites mais les cellules de eclassement “tablent” sur un bassin dʼemploi en bonne santé. Là aussi, tout est fait pour culpabiliser les travailleurs. Le “plan de sauvegarde de l’emploi” est lancé et les salariés dits en “mesure d’âge” ne sont pas remplacés ainsi que les intérimaires.

 

 

 

 

 

 

 

 

MAURICE DISTINGUIN, CONSEILLER MUNICIPAL D'AUCHEL : "IRRESPONSABILITÉS DE TOUTES PARTS"

 

La situation de Faurécia Auchel démontre lʼirresponsabilité du Maire dʼAuchel et le désaveu de ses amis au gouvernement à son égard.

 

L’IRRESPONSABILITÉ : Nul nʼignore la difficulté que rencontre lʼensemble des équipementiers automobiles en France et en Europe. Lʼéquation est simple : moins de pouvoir dʼachat, moins de vente de véhicules, production de véhicules «low cost» dans les pays émergeants égal baisse de production sur le territoire national.

Sʼil est vrai que le site Faurécia connaît une fragilité qui a conduit à ce quʼun plan de sauvegarde de lʼemploi ait été engagé depuis 2005, parce que les salariés ont fait preuve de responsabilité en lʼacceptant, je crains que médiatiser une information émanant des services préfectoraux desserve la cause de lʼemploi sur le site dʼAuchel (ce courrier reste par ailleurs relativement flou sur les conclusions du Comité d’Entreprise du 12 septembre prochain)

En effet, cette information va vite circuler dans les presses du monde économique et je ne suis pas certain que les clients actuels et futurs de Faurécia Auchel vont être enclins de poursuivre une relation commerciale de confiance avec le groupe dans des conditions dʼincertitude… On imagine alors les conséquences probables de perte de marchés pour lʼavenir. Pourquoi cette précipitation à communiquer sur un sujet aussi sensible sans prendre la précaution de vérifier auprès des principaux décideurs ? Ce qui est sûr cʼest à force de présenter comme une fatalité le processus économique local, on diminue lʼattractivité de notre territoire ! Il aurait été plus judicieux de mettre en avant les atouts dʼAuchel et se battre pour donner lʼenvie à la direction nationale de privilégier le maintien de lʼactivité dʼAuchel plutôt que dʼorganiser lʼenterrement de ce site. Les entreprises de logistiques implantées sur le territoire dʼAuchel doivent aussi être rassurées car leurs activités en dépendent…

Le désaveu des amis du maire au gouvernement : Le Maire sʼest médiatiquement congratulé trop vite en juin en annonçant quʼil avait saisi un proche de monsieur Borloo, par le biais de lʼune de ses connaissances, pour obtenir le soutien du gouvernement à la cause des salariés de Faurécia. Monsieur Xavier Bertrand et Madame Christine Lagarde, Ministres nʼont même pas pris la peine de répondre à notre Maire, laissant cette besogne au secrétaire général de préfecture. Ils connaissent parfaitement la situation économique des équipementiers de lʼautomobile sur le territoire national. Ils savent aussi que la concurrence va être rude et ils laissent le soin aux territoires de sʼauto-éliminer plutôt que de créer les conditions dʼune relance économique favorable aux salariés.

Jʼespère toutefois que cette annonce nʼoccasionnera pas un conflit social hâtif préjudiciable à lʼimage du site dʼAuchel, à la qualité de travail et au courage démontré par les salariés qui ne pourraient accepter que leur site fasse les frais dʼune erreur dʼinterprétation et de communication du premier magistrat de notre commune.

 

 

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