LIBERTE 62 - "PICASSO ET LES MAÎTRES", UN ÉVÉNEMENT À NE PAS MANQUER

Publié le par Liberté 62



"PICASSO ET LES MAÎTRES" À PARIS (GRAND PALAIS, MUSÉE DU LOUVRE, MUSÉE D’ORSAY) UN ÉVÉNEMENT À NE PAS MANQUER


PICASSO ET LES MAÎTRES”, Cette exposition est organisée par la Réunion des Musées Nationaux, le musée national Picasso, le musée du Louvre et lemusée dʼOrsay.Elle se décline dans trois endroits distincts. Pablo Picasso se forme très tôt aux règles strictes de la pratique académique auprès de son père, José Ruiz-Blasco, professeur à lʼEcole des Beaux Arts et directeur du musée de Málaga, comme durant son cursus (1893-1899) à lʼEcole des Beaux-Arts de la Corùna, à la Lonja de Barcelone, puis à lʼAcadémie San Fernando de Madrid.

Dessins dʼaprès lʼAntique, statuaire et architectonique, copies de toiles des grandsmaîtres espagnols, étude de lʼhistoire de lʼart européen sont au coeur de cette formation, enracinée dans la tradition picturale humaniste qui nous rappelle que Picasso est un peintre né au XIXe siècle (1881).Académies, peinture dʼhistoire, scène de genres, compositions épiques ou religieuses, rendu bitumeux, grandes machines, concours, peinture officielle, galerie de peinture, forment le quotidien, la référence et la perspective de son apprentissage.

Lʼoppression ressentie par Picasso, jeune artiste virtuose, qui ne dessina jamais comme un enfantmais eut immédiatement à se confronter àMichel-Ange et Raphaël, nourrira pour longtemps un désir de subversion qui le conduisit à la plus radicale des innovations formelles, le Cubisme, comme à la fondation de lʼart moderne. A la fois jeune maître académique (médaillé dès lʼâge de 19 ans) et acharné destructeur des formes établies, Picasso mena sans discontinuer un dialogue tendu avec la grande tradition de la peinture.


Mutations


Sa posture nʼest pas - comme chez dʼautres artistes de sa génération - le simple reflet dʼune époque en pleine mutation, mais un élément moteur, constitutif de son projet pictural. Il opère depuis sa première grande composition à sujet allégorique, Derniers Moments (1896), jusquʼaux dernières toiles dʼaprès Vélasquez, Titien et Rembrandt, où règnent sous les masques de mousquetaires, musiciens et matadors, le motif dʼun autoportrait obsessionnel. La période des “variations” dʼaprès Delacroix, Vélasquez ouManet (1950-1962), forme lʼépisode le plus connu et explicite de cette démarche de relecture critique qui traverse lʼensemble de sonoeuvre. Lʼexposition Picasso et les maîtres présentée auxGaleries nationales duGrand Palais se veut un premier bilan. Quelque 210 oeuvres se trouvent rassemblées pour lʼoccasion, issues des collections les plus prestigieuses, publiques et privées, nationales et internationales. Confrontant passé et présent, au-delà des ruptures stylistiques et des innovations formelles, lʼexposition présente dans un parcours croisant approches thématique et chronologique, au gré de la peinture de Picasso et en la prenant pour seul guide : Greco, Vélasquez, Goya, Zurbarán, Ribera, Melendez, Poussin, Le Nain, Dubois, Chardin, David, Ingres, Delacroix, Manet, Courbet, Lautrec, Degas, Puvis de Chavannes, Cézanne, Renoir, Gauguin, Douanier Rousseau, Titien, Cranach, Rembrandt, Van Gogh. Espagnols, Français, Italiens, Allemands, ces peintres forment la trame plurielle dʼun motif serré où la peinture apprend de la peinture.

Un cannibalisme pictural sans précédent est à lʼoeuvre dans la démarche de Picasso qui érige en système, la peinture de la peinture.

En rupture avec les procédés académiques de transmission et de reproduction de la tradition - copie, paraphrase, citation - cette méthodologie nouvelle place la peinture au coeur de la connaissance du monde. Transposition, mimétisme, détournement, dénaturation forment quelques unes des figures de la stratégie déployée par Picasso à lʼégard de ses peintres de prédilection. Il aura ainsi fécondé le modus operandi de la création moderne et contemporaine, la tirant aussi parfois du côté de la duplication perverse, de lʼironie et du pastiche.


GUERNICA” : LE CRI CONTRE LA GUERRE


Par Pierre Pirierros


RACONTANT le cri d'un artiste contre la guerre, lʼalbum “Guernica raconté aux enfants” évoque l'évolution de Picasso avant, pendant et après la guerre d'Espagne. A travers des reproductions de tableaux en couleurs, il montre l'enfance et la jeunesse du peintre.

En avril 1937, Guernica est rasée par l'aviation allemande : l'Histoire bascule en noir et blanc. Cette "histoire" produit un matériau historique. La lumière, la matière, comme la couleur “sont” à nous, elles nous appartiennent, toutes les expériences picturales nous concernent directement, on ne peut les réduire à leur simple expression. Tout est lié, des tableaux de Rubens à la statuaire grecque, le pendant de civilisation à une description contemporaine de lʼHomme dans notre société est établi. Plus que jamais, la culture est un enjeu important à lʼère de lʼinformatique et des nouvelles technologies, la diversité et le pluralisme aussi ! Le bombardement de Guernica, ville symbolique du Pays basque, est un évènement majeur de la guerre d'Espagne. C'était en février 1937. Peint dans les jours qui ont suivi le bombardement allemand, le tableau gigantesque fut exposé à la foire universelle de Paris.

Pablo Picasso réalisa ce tableau à la demande du gouvernement républicain espagnol pour le pavillon de l'Espagne à l'Exposition Internationale de Paris de 1937. Conservé ensuite au Musée d'Art Moderne de New-York, le tableau ne gagnera Madrid qu'en 1981. Guernica est, sans aucun doute, le tableau le plus emblématique de Picasso. Situations et dispositions précises des situations. C'est un patrimoine extraordinaire, au centre Reina Sofia en plein Madrid. Alain Serres prend le pari didactique avec des illustrations de très bonne qualité et un choix définissant, à bon escient, ce qui a précédé et suivi l'oeuvre de Picasso. Ce livre, édité par Rue du Monde, initialement destiné aux enfants, peut être lu par tous, petits et grands, c'est sa force et son originalité. D'un grand format, il permet l'utilisation de belles reproductions photographiques, dont l'oeuvre "Guernica" qui se déplie à l'intérieur du livre. La grande toile deGuernica est fragile et ne peut pour cette raison quitter les cimaises du Centre Reina Sofia de Madrid.

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Publié dans Culture

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