LIBERTE 62 - JOURNÉE INTERNATIONALE POUR LE TRAVAIL DÉCENT

7 OCTOBRE : JOURNÉE INTERNATIONALE POUR LE TRAVAIL DÉCENT
MANIFESTATION À LILLE : PLUS DE 3000 PERSONNES DANS LE DÉFILÉ DE LA CGT-FSU-SOLIDAIRES
Par P.P.

Lors de la conférence de presse, Agnès Le Bot, secrétaire
de la CGT Nord/Pas-de-Calais, Bruno Robin (FSU) et Fatiah
Bouzaoui, (CGT 3 Suisses).
«Un travail décent pour une vie décente”. La journée du 7 octobre a été marquée dans le Nord/Pas-de-Calais par une manifestation régionale de la CGT à Lille. Les enseignants de la FSU, partis du rectorat, ont rejoint le cortège cégétiste au niveau de la GrandʼPlace. Les militants syndicaux de Solidaires ont pris part aussi au défilé lillois. La semaine dernière, une conférence de presse intersyndicale commune sʼest tenue au siège de la CGT. Mais très vite, les points de vue différents ont marqué des nettes divergences dʼappréciation sur cette journée. Un “Village intersyndical” sʼest tenu, Place de la République, mais là encore, des syndicats comme la CGC ou lʼUNSA, pourtant favorables, ont décliné lʼinvitation. La CFDT, dira Brigitte Guisse, a ses propres modalités dʼaction quant à lʼapproche des conditions de travail et du travail décent. Des mouvements de grève ont été observés dans différents services publics et notamment dans lʼÉducation nationale. Bruno Robin, au nom de la FSU régionale, a dénoncé la casse du service public et la suppression des centaines de postes à la rentrée 2008 et lʼannonce de chiffres alarmants pour la rentrée 2009.
“Le projet de loi de Finances pour 2009 le montre bien. Après des choix fiscaux qui ont démuni lʼEtat de capacités dʼintervention, le gouvernement programme de nouveaux sacrifices et des coupes supplémentaires dans lʼemploi public avec des chiffres jamais atteints.”
Agnès Le Bot, secrétaire du comité régional CGT, a souligné la dangerosité de la pression qui sʼexerce sur lʼemploi et les éléments de la valorisation du travail, notamment les salaires, la protection sociale, les minima sociaux. Il y a matière à ce que les salariés sʼimpliquent dans le Nord/Pas-de-Calais autour de la revendication du travail décent : le travail qualifié non reconnu, lʼextension des horaires, lʼinégalité entre les hommes et les femmes, toutes les formes de discrimination, la précarité et le chômage.” Les modalités dʼaction, on le voit, sont diverses en fonction des syndicats. Si lʼappel à la journée du 7 octobre est commun à six organisations syndicales, les approches sur le terrain sont différentes.
Régis Dos Santos, pour la CGC, a, quelque peu, minimisé lʼaction en elle-même “puisque la conjoncture ne se prête pas à la grève” ; dans une moindre mesure, lʼUNSA, par la voix de Pierre Grevet est sur la même longueur dʼondes. Qui a dit que les prochaines élections prud ʼhomales nʼinterférent pas dans la journée du 7 octobre ? Malgré tout cela, le puissant défilé de la CGT-FSU-Solidaires a montré, au contraire, que “La Première journée mondiale pour le travail décent”, a résonné, haut et fort, des cris de révolte dans les rues de Lille. Contre le libéralisme et toutes ses formes de pollution développées par les multinationales et le Medef.
90 RASSEMBLEMENTS EN FRANCE
ON a compté au moins 100 000 personnes dans près de 90 rassemblements et manifestations partout en France pour cette journée nationale interprofessionnelle de mobilisation dans le cadre de la journée mondiale "pour le travail décent" à lʼappel de la CSI. "Dans le contexte difficile où lʼon tente de persuader les salariés que ce nʼest pas le moment de présenter des revendications, je considère que cette journée est une réussite", a déclaré Bernard Thibault qui avait pris la tête dʼune manifestation vers la place du Trocadéro à Paris à lʼappel de la CGT, la CFDT, la CFE-CGC, la FSU, Solidaires et lʼUnsa . Cette première "Journée mondiale pour le travail décent", organisée mardi dernier a été ponctuée dʼactions multiples dʼampleur variable dans des dizaines de pays.
SNCF : POUR LA DÉFENSE DU SERVICE PUBLIC
POUR la défense du Service Public et lʼamélioration des conditions de vie et de travail : alors que la recrudescence des incidents survenus sur le Réseau Ferré National a placé la SNCF sur le devant de la scène médiatique, chacun aurait pu penser que la Direction de lʼentreprise sʼinterrogeait sur les causes réelles de ces dysfonctionnements. Et bien, il nʼen est rien pour le moment ! Pour la CGT, lʼopération de diagnostic général du système caténaire pantographe, présentée aux organisations syndicales le 18 septembre, ne répond pas aux problèmes posés et ne saurait être limitée à la seule problématique caténaire. En réaffirmant lors de cette réunion le bien fondé de ses choix, la Direction de lʼentreprise ne laisse dʼautres alternatives aux cheminots de lʼEquipement que de se mobiliser afin de faire valoir leurs revendications.
Les manques de moyens humains, matériels et financiers pour la maintenance et la modernisation du réseau ferroviaire. Transférer des milliers dʼusagers sur la route ou supprimer des trains, afin dʼabaisser les coûts de maintenance nʼest certainement pas la bonne solution pour améliorer la continuité et la qualité du Service Public, bien au contraire.