LIBERTE 62 - LE DÉBAT DU PCF À HOUDAIN MET EN ÉVIDENCE LA CASSE...

Publié le par Liberté 62




AUTOMOBILE
- LE DÉBAT DU PCF À HOUDAIN MET EN ÉVIDENCE LA CASSE DE L’OUTIL DE TRAVAIL



Par Pierre Pirierros


«LE pire est à venir”, voilà, en quelques mots, la s i t u a t i o n dans lʼindustrie Automobile et ces mots sybillins (relayés par la presse économique) sont prononcés par les intéressés eux-mêmes, ce qui en dit long sur lʼavenir proche. Lʼinauguration du “Mondial de lʼAutomobile” sʼest déroulée dans un climat morose, pour le moins. La manifestation des équipementiers Ford de Blanquefort, venus en masse de Bordeaux, à Paris, est une preuve palpable du combat mené par les salariés dʼun secteur vital pour lʼéconomie du pays.Dans le Pas-de-Calais, la situation mérite la plus grande des attentions, cʼest ainsi que la fédération du PCF prend des initiatives concrètes sur le terrain. Ainsi, récemment, à Houdain, un débat réunit une quinzaine de syndicalistes de cette branche mais aussi des syndicalistes de la sidérurgie. Lʼaveu est terrible. Bertrand Péricaud, secrétaire de la fédération en charge des entreprises, propose des pistes de réflexion sur “le meilleur outil de lutte à développer” pour sauver lʼindustrie régionale. LʼAutomobile nʼest pas la seule industrie touchée, le Papier-Carton dans lʼAudomarois et la Dentelle à Calais sont dans la tourmente. Ceux qui vont payer les pots cassés, ce sont encore, une (nouvelle) fois, les salariés. Les élus PCF présents, Dany Wallyn, conseiller régional ; Maurice Distinguin, élu à Auchel, André Delcourt, maire de Calonne-Ricouart, conseiller général, Daniel Dewalle, maire de Houdain, conseiller régional, sont intervenus, à plusieurs reprises, dans le débat, pour appuyer le sens des responsabilités des syndicalistes. Lʼaffirmation de la solidarité est accueilli, comme il se doit, par les travailleurs.


Le feu couve à Faurecia-Auchel


Dans quelques semaines, le feu qui couve à Faurecia-Auchel - 600 emplois - va exploser et les chantages de la direction consistant à trouver à lʼhorizon 2010, 50millions dʼeuros, (le double du chiffre actuel) ne sont que la partie dʼun immense iceberg. En fait, nous dit Thérèse Lecocq, syndicaliste CGT, “cʼest un véritable bras de fer qui nous oppose à la direction et même avec dʼautres organisations syndicales qui attendent...

Le marché actuel va se raréfier dʼici 2010 et lʼattribution de nouveaux marchés est la question clé dans une période où PSA et Renault (les propriétaires) mettent ailleurs une stratégie de lʼexistence même des entités concernées. Toyota envisage de supprimer des commandes et de se rapprocher de son site dans le Valenciennois.

La finance, lʼéconomie, la technique sont intimement liées dans un contexte de répartition des commandes. Ces mesures entraînent déjà une dégradation des conditions de travail et la mise en place dʼune véritable épée de Damoclès sur la tête des salariés. Parmi les scénarios existants, lʼun tourne autour des 50 millions dʼeuros à trouver immédiatement dans les deux années à venir et lʼautre de réévaluer les activités et de proposer des reclassements sur les sites de Marles-les-Mines et dʼHénin- Beaumont. Tout cela nʼest pas sérieux !” Jean-ClaudeDelmotte, syndicaliste à Faurecia-Marles-les-Mines dénonce des“mises en concurrence” dans des mêmes entreprises qui aboutissent fatalement à des licenciements collectifs. Lʼavenir est plombé.


Sidérurgie/Automobile : la fausse concurrence


Philippe Verbecke, délégué syndical CGT à Arcelor-Mardyck, quant à lui, aborde la situation dans le premier groupe mondial de la sidérurgie en donnant quelques précisions sur son entreprise. En reprenant Arcelor en 2006,Mittal commençait ses grandes manoeuvres. Aujourdʼhui, lʼentité Arcelor-Mittal, premier groupe mondial de lʼacier regroupe 320 000 salariés. Aujourdʼhui, les prix de lʼacier de Mittal entraîne les industries automobiles à une concurrence exacerbée mais, en définitive, cʼest une fausse concurrence.

Le Nord/Pas-de-Calais a une position stratégique pour ce groupe mais les couperets fonctionnent toujours : fermeture de lʼaciérie à Ugine-Isbergues et la liquidation de Tréfileurope à Loison-sous-Lens et des restructurations dans la sidérurgie dunkerquoise dont une usine très performante dʼemballages, délocalisée en Belgique. En 2008, Mittal dégraisse de nouveau et organise son jeu de domino avec, notamment, à Isbergues, le projet "Recyco", 90 emplois au lieu et place des 410 emplois de l'aciérie électrique. Ce projet, a minima, ne passe pas. Les suppressions dʼemploi dans le groupe Arcelor sont monnaie courante, le couperet pour plus de 410 emplois a fonctionné à l'automne 2006 à Isbergues. La date initialement prévue était fixée à l'été 2006 mais les changements intervenus lors du rapprochement Arcelor/Mittal steel ont sans doute bouleversé les calendriers. Toujours est-il que des restructurations ont lieu dans tout le groupe. Ugine et ALZ ont fermé l'aciérie.

Et que dire de la liquidation de la fonderie à la Française de Mécanique ? Les projets annoncés par la direction de Bosal à Annezin sont désastreux pour lʼemploi. Didier Beauchet, syndicaliste, a rappelé les coupes réglées des postes de travail dues à un management féroce avec des réorientations vers la disparition de la production et le renforcement de la vente, ailleurs, sous dʼautres cieux. STA-Ruitz, sur la zone industrielle du même nom, connaît les premiers départs“dits volontaires” et ils sont au nombre dʼune trentaine. Le débat tenu à Houdain a montré comment la visibilité à long terme est synonyme dʼun climat très lourd pour tous ceux qui y travaillent.

Bertrand Péricaud souligne le bien fondé de la lutte car, dit-il, “Aujourdʼhui, le Pas-de-Calais est confronté à une redistribution des cartes chez quasiment tous les équipementiers automobiles et les activités sous-traitantes, Faurecia, Bosal, STA Ruitz, Plastic Omnium. Des “grands noms” des équipementiers automobiles taillent de plus en plus dans leurs effectifs, en France mais pas seulement. Les délocalisations sont légion. Il sʼagit dʼargumenter au plus juste et de trouver, ensemble, les moyens de passer à lʼaction. Il sʼagit maintenant dʼétudier les pistes des luttes à mener.”

Hervé Poly intervient“sur la nécessaire mobilisation des salariés et des syndicalistes de ce secteur toujours à lʼordre du jour tant la conjoncture économique nʼest pas faite pour assurer lʼavenir.”

Publicité

Publié dans Social

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article