LIBERTE 62 - STA-RUITZ ET BRIDGESTONE - MAIN BASSE SUR L’EMPLOI...

Publié le par Liberté 62




MAIN BASSE SUR L’EMPLOI

PÉRIODES DE CHÔMAGE PARTIEL À PLASTIC OMNIUM, STA-RUITZ ET BRIDGESTONE


Bridgestone (ex-Firestone) : la production de la seule usine du groupe japonais (en France) qui fabrique des pneumatiques sera arrêtée 21 jours d'ici fin 2008 "en raison d'une baisse des ventes et de stocks importants". L'usine béthunoise se trouve ainsi placée face à des chutes importantes d'une production mondialisée. À STA-Ruitz, ce sont trois jours de RTT que devront prendre obligatoirement les salariés de lʼusine, les 30 et 31 octobre et le 10 novembre. À Plastic Omnium, un an après lʼinstallation sur la zone industrielle de Ruitz, cʼest une semaine dʼarrêt de travail qui est programmée à la fin du mois dʼoctobre. L'information a été donnée par le syndicat CGT. La direction observe le plus grand des mutismes.


Par Pierre Pirierros


LE dénominateur commun, on le voit, recouvre l'appellation de chômage partiel, expression légale englobant certaines règles administratives mais qui pose, néanmoins, de grandes interrogations pour lʼavenir. La mobilisation et la pression des syndicalistes sont la preuve concrète du caractère nocif de toute cette situation. Rachats, restructurations, compressions de personnel, cʼest la règle générale établie par les directions des équipementiers automobiles.

Lʼemploi stable, à temps plein et un salaire convenable en rapport avec la qualification des travailleurs sont un socle revendicatif solide. Les donneurs dʼordre font la pluie et le beau temps, ils sont propriétaires, actionnaires principaux et commanditaires des unités quʼils dirigent. La contre-offensive des salariés s'appuie sur des revendications, récurrentes, certes, mais qui recouvrent l'ensemble des préoccupations d'aujourd'hui : emploi, pouvoir d'achat, salaires, conditions de travail, code du travail, retraites, santé.


Plastic Omnium Vigilance totale


Il y a longtemps que la CGT par la voix dʼOlivier Grevet et de Mickaël Delcroix tire la sonnette dʼalarme sur la situation sociale à lʼintérieur de lʼentreprise et cela, bien avant, lʼemménagement dans les nouvelles installations de Ruitz. Déjà, des débrayages étaient observés à lʼusine de Bruay-La Buissière, à lʼappel de la CGT pour refuser toute idée de licenciement. Le déménagement avec tout ce que cela comporte nʼa pas diminué la vigilance des syndicalistes, bien au contraire. La direction générale en mettant sur pied un GPEC (gestion prévisionnelle de lʼemploi et des compétences), prévoit un plan de suppressions dʼemplois dans toute la France, dont une dizaine dans le Pas-de-Calais. Reçus par la direction, la plupart des salariés refusent toute idée de départ unilatéral.

Lʼentreprise a changé dʼidentité juridique, (Unité économique et sociale), ce qui nʼest pas de bon augure car chaque usine (en France et à lʼétranger) a son propre statut. La raison ? Baisser plus facilement les effectifs. La période de chômage partiel nʼest pas à apaiser les inquiétudes des salariés et des syndicalistes de la CGT. Lesquels syndicalistes nʼhésitent pas un seul instant à pointer du doigt les problèmes inhérents à lʼAutomobile et à la plasturgie.

Plastic Omnium installe dʼautres usines, sous dʼautres cieux, comme récemment en Pologne où le coût de main dʼoeuvre est très différent de celui en vigueur en France. Au moment de lʼinstallation sur la zone industrielle de Ruitz (avec subventions publiques à la clé), lʼon parlait de 66 embauches. Ce chiffre sʼest évaporé dans la nature et, dʼores et déjà, toutes les catégories professionnelles sont concernées. Les salariés et les syndicalistes de la CGT savent quʼon ne peut jouer impunément avec les mots, car ils expriment, hélas, une situation sociale donnée. En lʼoccurence, des pertes dʼemploi pour Plastic Omnium. Récemment, les délégués de la CGT mettaient en garde les personnels par rapport à ces réductions dʼemplois en raison dʼune réorganisation de la production. La période de chômage partiel est à situer dans ce contexte social précis.


Bridgestone (Béthune) “La baisse du marché”...


"On est face à une situation de baisse sur le marché du pneumatique actuellement, et on a des inventaires assez élevés, donc Bridgestone France va arrêter sa production sur une période de 21 jours entre début octobre et la fin de l'année", déclare Roger Dubus, directeur des ressources humaines de Bridgestone France. En février dernier, un vaste mouvement de grève avait paralysé lʼusine (1200 personnes) à lʼappel de lʼintersyndicale, dont la CGT, pour appuyer les négociations sur les revalorisations salariales. Aujourdʼhui, dʼautres inquiétudes pèsent sur lʼensemble du personnel, inquiétudes exprimées par les syndicalistes lors dʼun récent comité dʼentreprise.


STA-Ruitz : La nouvelle boîte de vitesse en souffrance


Rencontré, très récemment, Jean- Louis Boulet, secrétaire de la CGT de STA-Ruitz, ne cache pas sa colère contre sa direction et celle de Renault, le principal actionnaire, contre la diminution des effectifs, sous couvert de “départs volontaires”, une trentaine de personnes. Tout cela au lendemain des déclarations tonitruantes du PDG de Renault, sur les dégraissages massifs. La fabrication de nouvelles boîtes de vitesses est posée avec acuité et la programmation de la “nouvelle boîte” (G1) est sans cesse repoussée. Et qui plus est, cʼest la mise en concurrence exacerbée entre unités de production similaire. STA-Ruitz est sur la même “logique industrielle” que lʼunité de Cléon en Seine- Maritime...

Que va faire la direction de Renault ? Dʼautant plus que la prochaine étape, la plus redoutée, est celle dʼune délocalisation des pièces. Aujourdʼhui, le Pas-de-Calais est confronté à une redistribution des cartes chez, quasiment, tous les équipementiers automobiles et les activités sous-traitantes, Faurecia, Bosal, STA Ruitz, Plastic Omnium, FM, Bridgestone. Des “grands noms” des équipementiers automobiles taillent de plus en plus dans leurs effectifs, en France mais pas seulement. Jean-Louis Boulet observe encore que lʼhorizon 2010-2012 avec les changements de stratégie pour lʼentreprise se rapproche. “La nationalisation dʼune entreprise comme Renault à 33 % se pose avec force, dit-il,car à 33 %, il peut tout bloquer et imposer dʼautres choix au constructeur automobile.” Pour lʼemploi, bien évidemment.


Le prétexte de la direction de Bridgestone : "On est face à une situation de baisse sur le marché du pneumatique actuellement, et on a des inventaires assez élevés, donc Bridgestone France va arrêter sa production sur une période de 21 jours entre maintenant et la fin de l'année"

Publicité

Publié dans Social

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article