LIBERTE 62 - LA GRÈVE DES SAPEURS-POMPIERS MASSIVEMENT SUIVIE...

Publié le par Liberté 62



SALAIRES, INDEMNITÉS JOURNALIÈRES, GARDES

LA GRÈVE DES SAPEURS-POMPIERS MASSIVEMENT SUIVIE DANS LE PAS-DE-CALAIS


Par Pierre Pirierros


LES sapeurs-pompiers du Pas-de- Calais sont en grève illimitée depuis le 20 octobre dernier pour obtenir de meilleures indemnités et des conditions de travail, à l'appel, notamment, des syndicats CGT, Autonomes et Sud. Le mouvement est massivement suivi de Boulogne-sur-Mer à Arras et de Calais à Lens. Les chiffres dépassent dans la plupart des secteurs, la barre des 65 %. Cʼest toute une corporation qui lutte pour de meilleures conditions de travail alors que le SDIS (service départemental dʼincendie et de secours) et son président, Dominique Dupilet veulent temporiser. Lʼheure nʼest pas à l'attentisme et la colère sʼexprime aussi par l'expression de fortes revendications salariales, notamment, à travers une augmentation conséquente de lʼIndemnité administrative et technique. Huit niveaux existent mais il y a très peu de sapeurs-pompiers qui dépasse lʼéchelon 1 dans le Pas-de-Calais. Lʼargument de la proximité dʼélections professionnelles (le 6 novembre prochain) est utilisé par le responsable du SDIS pour ne pas entendre les revendications des soldats du feu.


Pour une politique d'action sociale


Par ailleurs, des propos vantant les mérites du libéralisme utilisés dans « lʼAmbition Pas-de-Calais 2008-2020 » comme « permettre à tous de participer à la création de richesses » sont très éloignés des revendications de terrain et des sapeurs-pompiers, lesquels font entendre leur voix dans la quasi unanimité. Le nombre élevé de gardes (100 pour le département) est jugé préjudiciable à un bon fonctionnement du métier. Là encore, lʼéchelle établie par décret prévoit entre 80 et 100 gardes...

Les opérations dʼurgence et les rapports de sorties de secours sont assurés. Il faut savoir aussi quʼun tiers des effectifs est réquisitionné lors des mouvements de grève. Les sapeurs-pompiers et les syndicalistes nʼacceptent pas d'être les otages d'un « jeu » qui se joue entre les « payeurs » présidents des conseils d'administrations des SDIS, le Département et l'État. Les sapeurs-pompiers réclament également le paiement intégral des 2400 heures passées annuellement dans les casernes, (1600 aujourd'hui). Ce jeudi 23 octobre, à Saint-Laurent-Blangy (siège du SDIS), la mobilisation était à la hauteur des fortes revendications d'une profession qui a un vif soutien de la population. Pour Dimitri Hénon, secrétaire de la CGT « une véritable politique dʼaction sociale permettrait lʼaffectation des nouvelles recrues près de leur domicile. Le chèque-déjeuner fait partie également des demandes exprimées à la base. » Des promesses de négociations sont tenues depuis des mois par le président du SDIS mais pour lʼheure rien de sérieux ne peut être établi.




LA REDOUTE À ROUBAIX SUPPRIME 672 EMPLOIS


À L'ÉVIDENCE, DES LICENCIEMENTS BOURSIERS QUI NE VEULENT PAS DIRE LEUR NOM

Par Pierre Pirierros


LA VAD (vente à distance) connaît dʼénormes secousses et cʼest un euphémisme. Le leader du secteur, numéro un français, La Redoute à Roubaix, se sépare de 10 % de ses effectifs. Les mutations sociétales et les pratiques dʼune clientèle qui délaisse la vente par correspondance, via le courrier traditionnel, sont lʼun des prétextes retenu par la direction Redcats, filiale du groupe PPR (Printemps, Pinault, La Redoute) pour dégraisser. Internet passe par là. Mais cela fait partie du vocabulaire de lʼarmada patronale, dʼune armada qui a ses repères dans les allées du pouvoir. Pour lʼanecdote, PInault est lʼami intime de Sarkozy. Les restructurations évidentes - en l'air depuis des semaines, pour ne pas dire plus, à la Redoute, plombent lʼambiance sociale de tout un secteur. Le couperet est tombé en début de semaine, à lʼissue dʼune réunion du comité dʼentreprise : 672 suppressions dʼemploi. Le prétexte de la baisse des ventes et du chiffre dʼaffaires nʼest pas nouveau et les syndicalistes dénoncent le « plan de relance » prononcé par la direction qui s'excuserait presque. La CGT par la voix de ses délégués parle de catastrophe pour le personnel. Cʼest un séisme, un « Métaleurop » à lʼéchelle de toute une enseigne de prestige.


Pas dʼanticipation


Le « plan de relance » prévoit une réorganisation du siège qui touche 151 emplois, la fermeture des 81 points de contacts avec la clientèle (430 personnes) et l'externalisation du traitement des commandes par courrier, 91 employés. Pourquoi la direction nʼa-t-elle pas anticipé la  « crise de la vente par correspondance » en proposant aux salariés des reclassements internes ? La clientèle, et cʼest normal, cherche les produits les moins chers possibles ; la Vente à distance (avec tous les frais de port) rend ce système encore plus concurrentiel. Et que dire des énormes rabais proposés quelques semaines seulement après la sortie des catalogues papiers (deux par an) ? Or, ces rabais sont prévus dans les prix de vente. PPR nʼen est pas à une contradiction près. Tout cela amène nombre dʼinterrogations et la CGT de souligner avec force la nature délétère des suppressions dʼemplois, en fait des licenciements boursiers qui ne veulent pas dire leur nom. Jean-Christophe Leroy, délégué CGT, est catégorique « le scandale sʼinstalle au grand jour. Cette situation dure depuis des années avec le gel des salaires et par des effectifs en baisse constante. En huit ans, nous sommes passés de 6300 à 5000 personnes... Un signe, la grève d'avril dernier a été massivement suivie !


La volonté des actionnaires prime


Ces licenciements sont la contrepartie de la volonté des actionnaires à ne pas perdre dʼargent. Ces derniers suivent la courbe des ventes et si cela ne va pas, ils placent leur capitaux ailleurs. Si la rentabilité nʼest pas là, eh bien, le placement change immédiatement dʼorientation. Avant (dans lʼentreprise dite familiale) on analysait lʼensemble de lʼentreprise, aujourdʼhui, cʼest - morceau par morceau - que lʼon pratique la casse et comme toujours ce sont les salariés qui en font les frais. Cela nʼest pas nouveau mais cela dépasse le secteur industriel et les « services » sont touchés de plein fouet. Quant au site de production de la Martinoire, à Wattrelos, la direction l'épargne pour l'instant ; car elle a installé depuis belle lurette la flexibilité à outrance, avec des horaires variables et modulables à souhait ; horaires qui suivent les chiffres des commandes et la direction sait utiliser cette flexibilité à très court terme. Avec des centaines dʼintérimaires à la clé. Demain, ces mêmes intérimaires vont être remerciés car ils rentreront directement dans la case du « plan de relance ». Dans ces conditions pourquoi la direction nʼa-t-elle pas prévu une refonte de son organigramme ?

« Les clients changent, leurs exigences changent aussi », dit-elle, voilà les responsables de la chute de la rentabilité sont nommés. C'est la même rhétorique utilisée par la Camif pour supprimer ses magasins. Quel pouvoir d'achat ? Le catalogue de la Redoute ne va pas disparaître de sitôt mais il sera remanié dans un proche avenir, la direction va de plus en plus se servir du web pour « réactualiser » plus facilement ses produits alors que le catalogue existe, lui, pour six mois. La réorganisation dʼune telle entreprise aux multiples ramifications (PPR le fait constamment à la FNAC, notamment) a pour corollaire le dégraissage des personnels. Ce sont eux qui sont sacrifiés sur lʼautel de la rentabilité, rentabilité qui met en place automatiquement des licenciements boursiers. Les 672 suppressions dʼemplois, à lʼévidence, sont un investissement significatif pour la direction de lʼentreprise et celle de ses propriétaires Pinault Printemps La Redoute. Le groupe PPR ne vient-il pas dʼacheter Gucci et Puma ?



CASCADES (BLENDECQUES) TOUS UNIS POUR L'EMPLOI


Le mercredi 29 octobre prochain, après une rencontre des syndicalistes en sous-préfecture, une assemblée des papetiers se déroulera à 18 H, salle Pasteur à Blendecques, à l'appel de lʼintersyndicale et de la CGT.



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