LIBERTE 62 - «REVALORISER LES TAUX DE RETRAITES ET DES PENSIONS»

Publié le par Liberté 62



«POUR PLUS DE POUVOIR D'ACHAT!» «REVALORISER LES TAUX DE RETRAITES ET DES PENSIONS»


Forte mobilisation dans le Nord/Pas-de-Calais. Un millier de manifestants dans les rues de Lille


Par Pierre Pirierros


LA mobilisation du 16 octobre dernier pour les revalorisations des retraites et pensions ne pouvait pas passer inaperçue, dʼabord parce quʼelle fut préparée de longue date et ensuite parce quʼelle se situe dans un contexte économique précis. « Augmenter les retraites, cʼest répondre à la crise ». Le Pas-de-Calais avait répondu présent à la manifestation de Lille avec de multiples banderoles et calicots. Plusieurs syndicats avaient appelé à cette mobilisation ; or, seuls les retraités CGT avaientmis lʼorganisation de cette journée dʼaction comme un moyen efficace de se faire entendre. Et cʼest pour cela quʼils se faisaient entendre dans un cortège qui a réuni un millier de personnes. Les mineurs CGT, de leur côté, ont défendu leurs droits en se joignant aux électriciens et gaziers àDouai, au siège dʼEDF.

Ainsi, déclinée en plusieurs temps, le thème central, porteur des demandes expresses des femmes et hommes en retraites à vivre mieux passe par une prise en compte directe des taux de pensions. « Pour une vie digne, un pouvoir dʼachat correct, une Sécu efficace », "Retraite 1.500 euros minimum", autant dʼexpressions et autant de revendications précises. La solidarité est unmot dʼordre, repris en leit-motiv, mais défendu avec force dans les rues du centre de Lille, pour garantir un bon niveau de retraite, conquérir (et reconquérir) lʼindexation des retraites sur lʼévolution du salaire moyen. Aucune retraite ne doit être inférieure au smic.


Raymond Frackowiak « lʼheure est au rassemblement »


Pour Raymond Frackowiak, au nom des mineurs CGT, »lʼheure est au rassemblement. Cʼest pour cela que nous sommes nombreux, ici, àDouai, avec les exigences suivantes : pas de pension inférieure au smic ; 200 euros pour tous commemesure de rattrapage ; indexation des pensions sur lʼévolutionmoyenne des salaires ; pension de reversion à 75% du montant de la pension du conjoint ; égalité des soins pour tous ; suppression des franchises médicales : lutter plus pour gagner plus, le ton est évidemment à une mobilisation exemplaire pour aujourdʼhui et pour demain. »

Sarkozy, en candidat démagogue, avait fait beaucoup de promesses pour une refonte totale de lʼattribution des retraites des mineurs, mais une fois, élu, tout est oublié, pire, le tour de vis supplémentaire est donné devant lʼinflation importante de ces derniers mois. Une indexation des pensions servies sur les seuls prix et non sur lʼévolution du salaire moyen. Au bout de 15 ans de retraite, le pensionné aura perdu au moins 20% de pouvoir dʼachat par rapport aux actifs. La France, contrairement à ce qui est dit, est en pointe au niveau européen dans les sacrifices demandés. Cʼest vrai que dans tous les pays européens, des mesures ont été prises pour équilibrer les régimes de retraite à lʼhorizon 2030-2050. Quid de lʼégalité des soins instaurée, en 1945, lors de la création de la Sécurité sociale ?

De plus en plus, cette égalité est battue en brèche ; à lʼopposé dʼun système solidaire, il y a les assurances privées, selon le niveau et, par conséquent, le prix, le contrat de couverture varient énormément. Cʼest le renforcement dʼune médecine inégalitaire. Le prétexte de financement des plans « cancer » et « Alzheimer » ne tient pas. Il est aussi mince que la « rupture » prônée par le pouvoir. Le financement solidaire est une condition indispensable pour améliorer le système de santé existant. La prévention desmaladies est une donnée fondamentale.Une des réponses aux besoins de la population de cet ex-Bassin minier passe par ces Centres de santé, qui ont démontré leur efficacité, depuis la création de la SSM à la Libération. La CGT réclame lʼouverture de réelles négociations avec le gouvernement. Il doit être fait un diagnostic sans complaisance des conséquences des deux premières vagues de réforme des retraites. En effet, malgré les sacrifices imposés, lʼavenir du système de retraite nʼest pas garanti. Il faut dʼabord juger du déséquilibre des réformes engagées. Le gouvernement comme le patronat justifient lʼamputation du montant des retraites en disant « quʼil ne faut pas laisser une charge trop importante aux générations futures ». Lʼargument est complètement hypocrite. Les manifestants du Pas-de-Calais en savent quelque chose.


40%des sommes de lʼARRCO-AGIRC placées en bourse...


Jacques Delelis, au nom de lʼUGICTCGT, pointe du doigt, des dysfonctionnements à lʼARRCO-AGIRC (associations de retraites complémentaires régies par des instances paritaires) : « les Conseils dʼAdministration nʼont revalorisé les valeurs de service du point de retraite ARRCO et du point de retraite AGIRC qui déterminent le niveau des pensions, que de 1,71 % seulement, au 1er avril 2007. Nous sommes loin des hausses du coût de la vie. Et que dire de dangereuses pratiques financières qui consistent à placer en bourse des sommes colossales à hauteur parfois de 40% des fonds disponibles. En cette période, on ne peut que sʼinquiéter des sommes ainsi placées en bourse. La voix des syndicalistes de la CGT consiste à faire toute la lumière. Compte tenu du prix dʼacquisition du point de retraite, le nombre de points matérialisant le droit à la retraite complémentaire ARRCO et AGIRC pour un même salarié va diminuer, en 2008, par rapport à 2007. La retraite par répartition en dépend, tout le reste ne vise quʼà sʼaligner sur dʼautres pratiques dont les banques veulent tout récupérer. Cela nʼest pas possible. Le gouvernement et le Medef refusent toute augmentation de ressources pour nos régimes de retraite par répartition mais, dans le même temps, ils légifèrent et agissent pour la mise en place, partout dans les entreprises, celles du secteur public comme celles du secteur privé, de systèmes dʼépargne-retraite par capitalisation ».


Poursuivre la mobilisation


DʼArras, de Carvin, de Lens, de Béthune, tous les manifestants ont fustigé les méthodes de la droite qui refuse toujours lʼengagement de la moindre négociation sur la durée de cotisations, lesminima de pensions et lʼéquilibre financier des régimes. « Poursuivre la mobilisation pour garantir le niveau de retraite, assurer un droit effectif à la retraite à 60 ans, dégager de ressources nouvelles pour le financement », de lʼaveu de tous les retraités, cʼest une façon de ne pas rester les bras croisés et poursuivre un combat légitime. « Le compromis de 2003, souligne Raymond Frackowiak, sur le recyclage en faveur de la retraite des cotisations UNEDIC, ne tient pas débout. Dʼune part, que veut dire un excédent de lʼUNEDIC quand plus dʼun chômeur sur deux nʼest pas indemnisé ? Les retards entre le régime général et le régime minier ne cessent de se creuser. Lʼégalité en matière de retraites est une revendication de fond. Les gouvernements successifs ont mis en avant le principe dʼégalité pour justifier leurs réformes régressives. Mais ils ont laissé de côté les inégalités les plus criantes. »


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