LIBERTE 62 - CONFUSIONS
Par Jean-Michel Humez
DOCTEUR NICOLAS ALIAS MISTER SARKOZY vient de frapper une nouvelle fois. Le discours anticapitaliste du président de la République à Toulon tranche par sa netteté avec les abandons du Parti socialiste, occupé à ménager la chèvre et le chou, quand ce n'est pas à gérer le système en son coeur, comme le fait Strauss-Kahn au Fonds monétaire international. Le malheur, pour le fugueux orateur de Toulon, c'est qu'il a un homonyme à l'Élysée qui fait exactement l'inverse.
Une situation confuse qui amène certains à avoir des regrets ironiques : “Quel dommage que cet homme ne soit pas au pouvoir”. Au Parti socialiste, il ne manque pas non plus de confusion. Malheur à ceux qui ont joué avec “le mot libéral”, Bertrand Delanoë en tête. Au printemps, dans son livre De l'audace, le maire de Paris pensait paraître moderne en se déclarant “socialiste” et “libéral ” politiquement et philosophiquement. Depuis, la crise financière est passé par là, et le mot, qui pouvait prêter à confusion, a disparu de ses propos. Ainsi que de ceux de Ségolène Royal, qui se présentait comme blairiste il y a deux ans. Pour autant, au PS, la synthèse “molle” reste d'actualité. On l'a vu lors du débat à l'Assemblée nationale sur la crise financière à l'issue duquel les socialistes se sont majoritairement abstenus ne voulant pas aller contre le plan annoncé par Nicolas Sarkozy, certains regrettant même que le groupe socialiste n'ait pas appelé à voter pour. N'est-ce pas Dominique Strauss-Kahn lui-même qui félicite Nicolas Sarkozy et qui se réjouit de voir le président français agir comme un social-démocrate ?
On a vu aussi Ségolène Royal expliquer qu'en de telles circonstances le rôle de l'opposition n'est pas de se mettre au travers de ce qui peut ramener la confiance. François Hollande a salué l'affirmation d'une voie européenne de sortie de crise et Jean-Marc Ayrault insistait sur le fait qu'il ne concevait pas que les députés socialistes puissent voter contre la mise en forme législative du plan du 12 octobre. Confusion toujours avec Ségolène Royal et son rendez-vous du Zénith du 27 septembre dernier. Spectacle ou meeting ? Prêche ou discours ? Humour ou politique ? Secte ou parti ? Un peu de tout et un peu de chaque. Et que dire du final ? Après le canon à paillettes, la présidente de Poitou-Charentes a entonné le “Chiffon rouge.” Il fallait oser. Confusion vous dis-je !