LIBERTE 62 - LE PÈRE NOËL EST UNE ORDURE MAIS…

Publié le par Liberté 62

LE PÈRE NOËL EST UNE ORDURE MAIS…



IL était une fois au pays du capitalisme sans foi ni loi, une fin d'année catastrophique pour la classe ouvrière. Étudiants, lycéens, salariés, chômeurs, retraités, SDF, tous terminent l'année 2008 dans un contexte de crise systémique comme rarement le capitalisme a su en accoucher. La hotte du père noël rouge du sang des innocents victimes des guerres impérialistes, est remplie de récession, de chômage technique, de baisse drastique du pouvoir d'achat, de hausse exponentielle du chômage, de violence voire de désespoir.

Jamais nous n'avons connu une fin d'année aussi noire. La féerie de noël n'opère pas en ce mois de décembre tant la peur de l'avenir préoccupe des millions de nos concitoyens. Pour vous en convaincre il suffit d'évoquer simplement le fait que le coût de la vie d'un étudiant a augmenté de 5,9%depuis septembre par rapport à l'année dernière alors que de moins en mois d'étudiants ont droit aux bourses d'étude, ou alors le millier de postes menacé de destruction chez Renault avecmenace de fermeture chez Sandouville. Dans le même registre on peut également évoquer la destruction de 1710 postesdans la santé rien que dans notre département ou encore les 13 500 postes dans l'Éducation nationale pour la rentrée prochaine... La liste du père noël est longue, très longue...

Dans le même temps, le plan de relance de 360 milliards d'euros aux banques qui fait suite à la crise des subprimes et à la crise bancaire n'est en fait qu'une subvention du capital par de l'argent public mais tenez vous bien, sans aucun contrôle étatique. Le père noël est donc généreux, voire très généreux pour certains et beaucoup moins avec d'autres. Tout cela sans parler des 15 milliards par an que coûte le paquet fiscal aux travailleurs dont je rappelle brièvement le principe, vous êtes très riche, le trésor public vous fait un gros chèque. Ainsi 90 000 personnes ont pu avoir l'agréable surprise de recevoir un chèque de 50 000€ directement issu de la richesse produite par les travailleurs. Je n'évoque pas non plus le système du fameux «travailler plus pour gagner plus» où là encore je vous rappelle le principe, vous êtes chef d'entreprise et ne voulez pas augmenter les salaires de vos salariés, vous les faites travailler au-delà des 35 heures prévues par la loi et les heures supplémentaires ainsi effectuées sont exactement les mêmes qu'au préalable sauf que vous ne payez pas de cotisations sociales autrement appelées dans la dialectique patronale «charges». Ces charges (c'est écrit noir sur blanc dans le texte de loi) doivent tout de même être financées et ceci avec.... je vous le donne en mille… l'argent public bien sûr, celui de nos impôts, le nôtre.

Vous travaillez donc plus pour gagner plus, pour payer plus d'impôt, pour gagner plus, pour payez plus d'impôt, pour…Il faut parfois mesurer le ridicule de la propagande de l'adversaire. Tout cela frôle le surréalismemais s'y opposer d'après la pensée dominante et bourgeoise, qu'elle soitmédiatique, patronale ou politique, n'est en fait qu'une preuve de plus de l'archaïsme de gauche à la française. Je laisserai en juger les salariés, les lycéens et étudiants en Janvier lorsqu'ils prendront le chemin des rues des grandes agglomérations avec espérons le l'apothéose le 29 janvier par une grève générale appelée par les huit grandes centrales syndicales de notre «douce France».

La révolution, on peut la vouloir marxiste, auto-gestionnaire, violence ou pacifiste, quoi qu'il en soit il y a un seuil de l'acceptable dans la classe ouvrière où commeondittropc'esttrop.Je neparlerai pas de prédestination à la révolution quand la masse est «surexploitée » mais presque. Espérons, et là c'est le militant communiste qui parle, que nous ne dérogerons pas à cette règle quasi historique et qu'unmouvement populaire de grande ampleur verra le jour dès janvier 2009 dans l'hexagone. Le tout sera camarades d'être à la hauteur des enjeux et de retrouver une posture avant-gardiste et révolutionnaire pour que la colère et la lutte ne tombe pas dans l'escarcelle du conservatisme, de la haine et des forces obscures comme on a pu malheureusement le connaître par le passé avec les «Versaillais» en 1871, «les Gaullistes» en 1968, j'en passe et des meilleurs.

 

Finissons dignement par quelques mots de Jaurès puis de Lénine qui me sont chers, le tribun socialiste nous disait au début du siècle dernier qu'«il ne faut avoiraucunregretpourlepassé,aucunremordspour le présent, et une confiance inébranlable pour l'avenir. »et le père de la révolution russe lui ne nous disait-il pas qu'"il est plus agréable et plus utile de faire l'expérience d'une révolution que d'en écrire."

A bon entendeur... et d'ici là,mes voeux les plus révolutionnaires pour cette année à venir.


Guillaume Sayon

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Publié dans Edito

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