LIBERTE 62 -LE 29 JANVIER, UNE JOURNÉE QUI COMPTERA

Publié le par Liberté 62

LE 29 JANVIER, UNE JOURNÉE QUI COMPTERA


CʼEST quotidiennement, aintenant, quʼon annonce, ici une fermeture dʼentreprise, là, une mise en redressement judiciaire ou du chômage technique. Les sous-traitants de lʼindustrie automobile sont particulièrement touchés. Cʼest le cas par exemple, des salariés de la STA à Ruitz, qui vont de nouveau chômer en février et mars, et cela une semaine sur deux ; ou celui de Schaeffler à Calais, ou la production va sʼarrêter pendant quatre semaines dʼici mars. Les salariés de Bosal se demandent à quelle «sauce» ils vont être

«mangés» après la mise en redressement judiciaire de leur entreprise. A Faurécia Auchel, les travailleurs ne croient plus guère en la possibilité de sauver leur entreprise… si rien ne bouge.

Fillon a organisé cette semaine, une grande messe, pompeusement intitulée«Etats Généraux de lʼAutomobile» : il y a annoncé de nouveaux cadeaux aux patrons de la filière : 6 milliards pour Renault et Peugeot, dont les profits en 2008 ont été colossaux, et qui distribuent des millions de dividendes à leurs actionnaires. 6 milliards pour deux constructeurs

«pleins de fric»… et des miettes pour les équipementiers quʼils exploitent : 300 millions dʼeuros.

Sensible à la critique, Sarkozy fait mine de conditionner cette aide, à lʼarrêt des délocalisations des entreprises automobiles. Cʼest à mourir de rire…ou à pleurer, cʼest selon ! Depuis plus de 10 ans, la droite, (et la social démocratie,

aussi) ont casse les barrières protectrice du marché ouest européen ; élargit lʼunion à lʼex-Europe de lʼest, encourageant Peugeot et Renault, à sʼy implanter. Cʼest bien en Roumanie, que se fabrique la Logan, non ?! Les délocalisations vers les pays à bas coût de main dʼoeuvre ont été, et restent la règle, et non lʼexception. Les équipementiers automobiles ont été contraints de suivre leurs donneurs dʼordre, du Maroc, à la Russie, en passant par la Chine etcAlors, les «conditions» de Sarkozy, on sait ce quʼelles valent : pas un kopec !

Les grands médias ont évoqué également, la possibilité pour lʼEtat de prendre une participation au capital des deux grands groupes français ; éventualité

immédiatement repoussé par les patrons des deux groupes (même si lʼEtat détient encore 10% du capital de Renault). Cʼest que la crise pose en grand la question des choix stratégiques des entreprises ; et donc la question du pouvoir de décision. Ce pouvoir, utilisé au seul fin de maintenir des taux de profits élevés pour satisfaire les actionnaires, les travailleurs doivent sʼen emparer.

Cʼest par la nationalisation des grands groupes industriels et financiers quʼon pourra modifier les règles du «jeu» économique, et mettre fin au massacre des emplois .Pas dʼargent aux grands groupes, sans prise du contrôle de son utilisation ! Cette idée fait son chemin ; et la journée de grèves et de manifestations du 29 janvier peut la faire avancer.

Il ne tient quʼà chacun dʼentre nous, de transformer ce «jeudi noir» pour la droite et les patrons, en «jeudi rouge», rouge comme un soleil qui se lève, pour les travailleurs, les chômeurs, les «petites gens» (comme ils disent).Nous serons des milliers, dans les rues de Béthune, avec les équipementiers de lʼautomobiles pour sauver cette industrie de la reconversion minière ; des dizaines de milliers dans les rues des grandes villes du Pas-de-Calais ; et pourquoi pas plus de 100 000 dans les rue de Lille, jeudi 29 janvier 2009.

Le 29 janvier : les petits ruisseaux des luttes sectorielles se rejoignent, pour construire un grand fleuve.

Bertrand Péricaud


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Publié dans Edito

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