LIBERTE 62 - AVIS DE TEMPÊTE SOCIALE
AVIS DE TEMPÊTE SOCIALE
Avis de tempête sociale sur la France de M. Sarkozy. Le 29 janvier dernier, nous étions plus de deux millions de manifestants à défiler, partout en France, pour l’emploi, le pouvoir d’achat et la défense des services publics.
Deux millions et demi de manifestants !Un chiffre qui résonnait comme un défi aux yeux de ce pouvoir de droite, qui nʼa eu de cesse de sʼattaquer au droit de grève et dʼinsulter les grévistes. «Maintenant, quand il y a une grève en France, plus personne ne sʼen aperçoit», disait Nicolas Sarkozy il y a quelques semaines, avec son arrogance coutumière. Le 29 janvier dernier, les travailleurs du public comme du privé, les étudiants, les lycéens, les chômeurs, les retraités ont prouvé le contraire à Nicolas Sarkozy.
Le gouvernement nʼa pourtant pas lʼintention dʼécouter ce que lui ont dit les Français. Sourd et aveugle aux revendications populaires, François Fillon vient de lancer à grands renforts de communication son «train de la relance». Aux participants de lʼimmense journée de mobilisation professionnelle du 29 janvier, le Premier Ministre oppose une fin de non-recevoir en se contentant dʼune vague invitation «à se serrer les coudes». Les 2,5 millions de manifestants apprécieront.
Oubliées les revendications de hausses de salaire et dʼarrêt des suppressions de postes portées avec force dans les cortèges jeudi dernier. Ce sont pourtant les seuls réformes qui permettraient le redémarrage dʼune économie désormais entrée en récession. Le Premier Ministre écarte dʼemblée ces propositions et choisit de «garder le cap». Pour François Fillon, le train de la relance, cʼest le service minimum pour les salariés et le service maximum pour les capitalistes. Sarkozy et Fillon feraient mieux dʼécouter ce que disent les Français : selon un sondage CSA/lʼHumanité, ils sont 61% - 84 % pour les sympathisants de gauche - à souhaiter que les organisations des salariés «appellent à poursuivre la mobilisation». Quant à la politique économique du gouvernement, alors que lʼéquipe Sarkozy-Fillon va répétant quʼelle est la seule thérapie possible, quʼil sʼagirait seulement, en somme, dʼavoir la patience dʼattendre quʼelle produise ses fruits, 62 % des sondés considèrent au contraire quʼelle ne «permettra» pas de «lutter efficacement contre la crise». La défiance atteint ses plus hauts niveaux chez les chômeurs (81%), les salariés du secteur public (77%) et les étudiants (73%) qui combattent la loi LRU et la casse de lʼuniversité publique. Seules 4% des personnes interrogées trouvent les choix du gouvernement«très efficaces» et 23%«plutôt efficaces». Ces chiffres peuvent faire trembler le gouvernement qui aurait tort de ne pas prendre lamesure de la colère de lʼopinion publique. Ce nʼest pas en sʼinvitant à la télévision jeudi soir que le Président de la République réussira à convaincre des salariés révoltés par la crise et des syndicats unis et déterminés à imposer dʼautres choix. Ces choix, le Parti Communiste a longtemps été presque seul à les porter quand les économistes et les éditorialistes de marché à la solde des capitalistes vantaient les mérites du libéralisme et de la«concurrence non faussée ».
Au milieu de la tempête avec son cortège de suppressions dʼemplois et lʼenvolée du chômage, les mêmes capitaines libéraux qui nous ont conduit au naufrage persistent pour lʼinstant à garder le cap.
La tempête sociale qui sʼannonce pourrait bien les balayer. Dans lʼéducation, dans les hôpitaux, dans les usines, les salariés sont décidés à se battre et le coup de tonnerre du 29 janvier pourrait préfigurer un printemps de luttes dʼune force sans précédent.
Dans la rue comme dans les urnes où les élections européennes seront lʼoccasion de faire entendre notre voix, les communistes seront dans les semaines qui viennent aux côtés des salariés pour faire entendre leurs propositions, des propositions concrètes, qui rompent avec la logique capitaliste à lʼoeuvre en France et en Europe pour ouvrir ensemble un nouveau chemin.
David Noël